Après avoir constaté que des changements de médicaments ont été recommandés pour 73 % des participants à un projet pilote, Canada Vie a décidé d’étendre cette initiative en invalidité à une plus large échelle.
Ainsi, l’assureur offrira le programme RevueRx, commercialisé par le regroupement de pharmaciens HumanisRx, à ses clients qui touchent des prestations d’assurance invalidité et qui ont des besoins complexes ou uniques en matière de médicaments. Canada Vie affirme être le premier assureur national à offrir un service d’examen des médicaments en contexte d’invalidité.
En entrevue au Portail de l’assurance, Marie-Pierre Tremblay, directrice générale, développement des marchés du Québec, client collectif, de Canada Vie, explique qu’il est fréquent que des firmes comme HumanisRx approche l’assureur pour leur proposer leurs solutions. « Dans de tels cas, on évalue puis on donne la chance au coureur si nous trouvons que le projet est intéressant », relate-t-elle.
Des adhérents en invalidité de plus de 90 jours d’un nombre ciblé de groupes ont été invités à y participer, sans obligation. Les constats ont été favorables, dit Mme Tremblay.
Il est connu que les gens en invalidité à long terme qui souffrent de problèmes spécifiques comme l’arthrite rhumatoïde ne prennent pas tous leurs médicaments de la bonne façon et qu’ils sont parfois mêmes réfractaires à les consommer.
« Bien souvent, le médecin leur ont expliqué comment les prendre lors du diagnostic. Le client ne comprend pas toujours bien. Même si nous avons d’excellents pharmaciens communautaires au Québec qui les révisent, les critères ne sont pas partout les mêmes à travers le pays. Pour qu’un traitement fonctionne, ça prend une bonne adhésion du patient et un engegament dans la thérapie qui lui est proposée. Parfois les gens prennent aussi leurs médicaments de façon aléatoire et peuvent eux-mêmes décider de la façon dont ils les prennent. Ça peut avoir un effet sur l’invalidité », explique Mme Tremblay.
Des données probantes
Une cinquantaine de personnes ont ainsi participé au projet-pilote de Canada Vie. Les pharmaciens associés à HumanisRx ont révisé leur dossier médical. Dans 73 % des cas, l’équipe médicale de ces patients a été contacté pour faire modifier la médication.
« C’est une approche holistique, ajoute Mme Tremblay. Nous avons aussi constaté que 41 % des assurés ont besoin de plus d’info ou d’éducation quant à leur prise de médicaments. De plus, 21 % d’entre eux ont confirmé qu’ils ne prenaient pas leurs médicaments de la bonne façon. Au final, dans plus de 50 % des cas, le médecin a changé la médication. »
Le tout a -t-il eu un impact sur les couts du régime et la durée de l’invalidité ? Il est trop tôt pour le dire, indique Mme Tremblay. Elle ne cache toutefois pas que ses premières données sont encourageantes à cet égard. Car en plus, 87 des gens ont adhéré à leur nouveau traitement, qui a entrainé une diminution de 8 % des effets secondaires. « Nous sommes très contents de cela. »
Approche plus ciblée
Cette annonce suit celle de l’automne où Canada Vie avait permis aux employeurs clients de ses régimes de cotiser aux régimes enregistrés d’épargne études (REEE) de leurs employés. Peut-on s’attendre à d’autres annonces ciblées du genre dans les prochains mois ?
« Chez Canada Vie, notre mission est de répondre aux besoins de santé physique, de santé mentale et de santé financière de nos adhérents de régimes. On y intègre donc des choses qui répondent aux besoins de tous nos participants de régimes, comme on le fait avec Consult+, notre plateforme de télémédecine propulsée par Dialogue, qui s’adresse à la vaste majorité de nos adhérents de régimes. Nous avons donc des produits de niche qui répondent à des besoins spécifiques, tout en donnant un inventaire de solutions à nos preneurs de contrats », explique Mme Tremblay.
Vient ensuite la volonté d’aider les gens, dit la directrice générale, développement des marchés du Québec, client collectif, de Canada Vie. « Personne ne veut rester en invalidité. Il s’agit donc de voir comment les outiller, notamment en leur donnant des instruments supplémentaires et spécifiques à leur médication. »
Alors oui, Canada Vie entend développer d’autres approches ciblées du genre dans le futur, dit Mme Tremblay. « Nous sommes toujours en train de développer de nouveaux produits et nouveaux services. Nous voulons être innovateur dans le marché. Nous sommes un leadeur et nous voulons continuer à l’être, tout en repoussant les limites et en répondant aux besoins de nos assurés et de nos clients, en allant au-delà de l’offre traditionnelle d’assurance collective. »