Le risque de liquidité constituera un axe prioritaire des examens du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) au cours de la prochaine année, selon un représentant de l'organisme de règlemention canadien invité à commenter lors d’un récent webinaire animé par Morningstar DBRS sur la résilience en matière de liquidité des assureurs de personnes au pays.

Les analystes de Morningstar soulignent que, parmi les quatre grands assureurs qui dominent le secteur de l’assurance de personnes au Canada, plus de 57% des portefeuilles d’investissement sont alloués à ce que la firme qualifie d’investissements liquides.

Kliti Droboniku, directeur de la résilience financière des assureurs au BSIF, indique que l'organisme de règlementation se concentre sur la résilience financière des assureurs, en mettant particulièrement l’accent sur le risque de placement, la gestion actif-passif et les risques de liquidité. « Cela comprend l’évaluation de la préparation des assureurs à des événements de liquidité à faible probabilité mais à fort impact », précise-t-il en anglais.

 « En pratique, nous examinons si les institutions peuvent répondre à leurs besoins de trésorerie dans des conditions normales d’exploitation ainsi que dans des scénarios de stress sévères mais plausibles, et si les données de gouvernance et les mesures de contingence sont crédibles et exécutables. »

Il souligne que la résilience en matière de liquidité ne se mesure pas à l’aide d’un seul ratio, mais qu’elle se manifeste plutôt dans la manière dont les différents éléments fonctionnent ensemble, à l’échelle de l’institution et dans le temps.

Il explique que le BSIF évalue les assureurs au moyen de la cote globale de risque (Overall Risk Rating – ORR), qui comprend quatre catégories : le risque d’affaires, la résilience financière, la résilience opérationnelle et la gouvernance des risques. « Le risque de liquidité des assureurs est intégré à la catégorie de la résilience financière, aux côtés du risque d’assurance lié au capital, du risque de placement, de la gestion actif-passif et du risque de crédit de contrepartie », précise-t-il.

Examens et attentes

Il ajoute que les examens et les attentes sont proportionnels, en fonction de la taille de l’assureur, de sa complexité, de son importance systémique, de la composition de ses produits et de celle de ses actifs. Il souligne également que les déclencheurs du risque de liquidité peuvent varier d’un assureur à l’autre.

Plus tard au cours de la présentation, il souligne que les institutions devraient être en mesure de préciser les mesures à prendre à différents points de déclenchement et de démontrer que ces mesures sont opérationnellement réalisables.

« Le degré de sophistication des tests de résistance en matière de liquidité devrait être proportionnel à la taille, à la complexité et au profil de risque de l’institution. Cela dit, la proportionnalité ne signifie pas l’absence de tests de résistance lorsque les risques de liquidité peuvent être importants », affirme-t-il.

Le « prochain choc », quant à lui, pourrait se transmettre par des canaux différents de ceux observés dans le passé. Des vulnérabilités peuvent s’accumuler discrètement à travers des produits plus complexes, des dérivés et des besoins en garanties.

« La question clé est de savoir si les tests de résistance et les hypothèses tiennent compte de ces dynamiques de manière crédible, et si les coussins et les mesures sont suffisants et appropriés pour maintenir la liquidité dans des conditions sévères mais plausibles. »

Il ajoute que la suffisance du capital ne constitue pas un substitut ni un remplacement à la gestion du risque de liquidité.

En abordant l’augmentation des investissements des assureurs dans les actifs privés, il indique également que les plans du BSIF comprennent la priorisation des examens dans ces secteurs où l’exposition est moins liquide. « Dans le cadre de notre plan de surveillance pour l’exercice 2026-2027, nous mettrons davantage l’accent sur les risques de liquidité et entendons échanger avec les assureurs à ce sujet afin de mieux comprendre leurs pratiques. »