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La situation se détériore pour les assureurs de dommages américains

par Mathieu Carbasse | 15 juillet 2016 13h34

Les revenus après taxes des assureurs de dommages américains ont chuté de 4,8 milliards de dollars (G$) au premier trimestre de 2016, passant de 18,1 G$ au premier trimestre de 2015 à 13,3 G$ pour la même période de 2016, soit une baisse de près de 27 %. C’est ce que révèle un rapport publié dernièrement par ISO Verisk Insurance Solutions et l'Association des assureurs de dommages américains (PCI).

La rentabilité globale des assureurs IARD américains, telle que mesurée par le taux de rendement annualisé sur l'excédent des assurés, a elle aussi chuté de près de 3 points, passant de 10,8 % en 2015 à 7,9 % un an plus tard. De plus, le ratio combiné s’est détérioré à 97,5 % au premier trimestre 2016, contre 95,7 % au premier trimestre 2015.

Des pertes directes au-dessus de la moyenne

La croissance des primes nettes émises a ralenti à 3,2 % au premier trimestre 2016, comparativement à 3,8 % un an plus tôt. Les revenus de placement nets ont chuté à 10,9 G$, contre 11,7 G$ un an plus tôt, et les gains réalisés sur le capital sont passés de  4,7 G$ à 2,3 G$, soit une baisse de près de 50 %.Tout ceci a entrainé  des gains nets d'investissement de 13,2 G$ pour le premier trimestre de 2016, en baisse de 3,2 G$ par rapport à 2015.

Enfin, les pertes directes de biens assurés liées à des catastrophes naturelles frappant les États-Unis ont totalisé 4,8 G$ au premier trimestre 2016, contre 3,6 G$ un an plus tôt. Un montant global qui s’établit largement au-dessus de la moyenne de 3,1 G$ enregistrés pour le premier trimestre sur les dix dernières années.

Améliorer leur rentabilité opérationnelle

« Au premier trimestre de 2016, les résultats des assureurs américains ont été affectés par des événements ponctuels et des tendances à long terme, souligne  Beth Fitzgerald, présidente d’ISO Verisk Insurance Solutions. Des chutes de grêles majeures dans plusieurs états du sud des États-Unis ont contribuées à des pertes de grande ampleur, les plus importantes pour un premier trimestre depuis le tremblement de terre de Northridge en 1994. »

« Parallèlement, le ratio combiné s’est détérioré par rapport à 2015 et les taux d’intérêt sont demeurés bas, menant le niveau d’investissement de l’industrie à son plus bas niveau depuis l’an 2000. Il est aujourd’hui impératif que les assureurs trouvent de nouvelles façons d’améliorer leur rentabilité opérationnelle, tout en continuant de fournir à leurs assurés les couvertures optimales », a notamment mis en garde Mme Fitzgerald.

« Les assureurs vont devoir se remettre en question »

Pour Robert Gordon, vice-président pour le développement des polices et la recherche chez PCI, le marché des lignes personnelles grossit rapidement, mais souffre parallèlement de pertes qui dépassent les gains, notamment en assurance automobile, confirmant la tendance de ces deux dernières années.

« Les lignes commerciales ont été plus rentables, même si dans ce cas aussi, la croissance des primes a tendance à ralentir. Les assureurs vont devoir se remettre en question pour atteindre une rentabilité à long terme, dans un marché de plus en plus compétitif ».

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