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L’analyse géospatiale des données changera l’évaluation d’un risque en assurance

par Mathieu Carbasse | 05 octobre 2015 07h00

En traduisant sur des cartes les données récoltées par les assureurs au fil des années, des sociétés sont en passe de révolutionner la façon de visualiser et d’analyser le risque. Désormais, une adresse suffit pour déterminer, de façon individualisée, un risque et donc, une prime d’assurance.

Opta Intelligence, Dbx Geomatics, ou encore Korem, nombreuses sont les sociétés à proposer des services de cartographie et d’analytique géospatiale. Des solutions destinées à des secteurs d’activité variés tels que les mines, l’énergie, le markéting, et bien sûr l’assurance.

Le concept est simple : traduire sur des cartes des données récoltées de façon à aider le client dans son activité. Dans le domaine de l’assurance, ces cartes peuvent ainsi répertorier le nombre de dégâts des eaux, le nombre de titulaires de police, le nombre de réclamations automobile ou encore le nombre de casernes de pompier dans un périmètre déterminé. Le but, faciliter la tarification pour l’assureur ou le courtier.

« Notre logiciel Cartovista, qui est très intuitif, représente une aide à la tarification, car il devient très facile de faire une analyse, souligne Amélie Larocque, directrice de comptes chez Dbx Geomatics, la société qui édite ce logiciel de visualisation de données. Pour les assureurs, ça devient plus rapide de faire une analyse du risque et de procéder à une tarification. »

Le logiciel Cartovista permet ainsi de créer des cartes, de les visualiser, et de favoriser leur partage et leur analyse au sein d’une même société. « Il offre la possibilité de questionner les données à la volée. Il permet aussi de superposer plusieurs données », ajoute Mme Larocque.

Pour constituer les cartes, les sociétés exploitent les données sociodémographiques de Statistiques Canada d’une part, mais aussi les données fournies par les clients eux-mêmes. Dans le cas des assureurs, ces données peuvent être par exemple le nombre de polices, le nombre de sinistres automobile, le nombre d’incendies, ou encore le nombre de vols recensés par secteur.

Mises à jour en temps réel

« Nous pouvons réaliser des cartes avec toutes les données possibles, dès lors que nous possédons les données, dit Mme Larocque. Nous procédons aussi à des mises à jour régulières, parfois en temps réel lorsque c’est possible, comme c’est notamment le cas dans le domaine de l’énergie où certaines données changent très rapidement. »

SCM, société qui rassemble de nombreux services d’assurances tels qu’Opta Intelligence, IndemniPro, RMS, ou encore Xpera, a fait de l’intelligence d’affaires et de l’analyse de données le cœur de son activité. Selon Greg McCutcheon, président d’Opta Intelligence qui propose notamment la solution d’évaluation et de validation de données, iClarify, SCM serait le plus grand agrégateur de données au pays.

« 85 % des nouvelles soumissions sont facilitées par l’utilisation d’iClarify. Parfois, les gens ne savent même pas qu’ils utilisent notre solution, car elle est intégrée directement à une solution plus globale comme RMS (Risk Management Services) ou d’autres systèmes de gestion de risque », explique-t-il.

« SCM possède plus d’informations sur les risques que n’importe qui au pays. En habitation, nous possédons une base de données vraiment unique au Canada. Nous possédons ainsi des informations sur 9,5 millions de maisons, sur les 12,5 millions recensées dans l’ensemble du pays, et concernant 1,3 million de bâtiments commerciaux, sur les 1,5 million existant au Canada. Et nous effectuons 15 000 transactions par jour pour corriger nos données », affirme-t-il.

Grâce à ces nouveaux outils, les sociétés spécialisées dans l’analyse géospatiale de données peuvent informer un courtier ou un assureur sur les différents risques entourant une maison, une automobile ou un bâtiment commercial. « En cas de risque important, il n’y aura pas de refus de l’assureur, mais la prime s’en trouvera augmentée », avertit M. McCutcheon.

Lutter contre la sous-assurance

« On n’essaie pas de concurrencer les assureurs, car ils apportent une valeur ajoutée à notre base de données. De plus, nos équipes travaillent ensemble pour analyser les prévisions de Perilscore, notre outil d’analyse de pointe qui mesure la probabilité d’une réclamation pour un risque à une adresse donnée ainsi que le coût estimé du sinistre. »

Autre avantage pour les assureurs qui utilisent ces nouvelles solutions d’intelligence d’affaires : lutter plus efficacement contre la sous-assurance. « En ce qui concerne l’assurance habitation, on remarque que 70 % des maisons du pays sont sous-assurées à hauteur de 27 %, affirme M. McCutcheon. Pour le consommateur, c’est très dangereux. Au niveau de l’assurance des entreprises, les bâtiments sont généralement sous-assurés. On évalue à environ 11 milliards de dollars le montant total de la sous-assurance au Canada. »

Alors qu’il se dit motivé par les changements majeurs qui attendent l’industrie dans les cinq prochaines années, M. McCutcheon met en garde les compagnies qui n’ont pas de systèmes probabilistes. Pour lui, elles risquent d’avoir un temps de retard, ce qui les rendra moins compétitives. 

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