Au Québec, les régions administratives de la Montérégie, de Montréal et de la Capitale-Nationale dominent largement le palmarès du nombre de points de vente en assurance de dommages au Québec.
La Montérégie en compte 143 et Montréal 126. Tandis que le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Mauricie, l’Estrie, et le Centre-du-Québec, entre autres, en ont tous moins de 30 pour couvrir leur région respective.
« Certaines régions ont moins de cabinets et bien souvent les équipes sont plus petites donc impérativement la demande va être moins forte. Montréal demeure un pôle important au niveau de l’emploi. Les salaires y sont souvent plus avantageux et les équipes plus grands », explique Diane Egan, présidente de la firme de recrutement Diane Egan Langevin et Associés.
Mme Egan peut se targuer d’être l’entreprise qui affiche le plus d’offres d’emplois sur le site Web de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages. En date du 12 juin, elle en avait publié 75, soit 42,86 % du total de toutes les offres d’emplois affichées sur le site Web de la Coalition, depuis le début de l’année, et répertorié par le Portail de l’assurance.
« La Montérégie est l’une des régions les plus importantes dans le domaine de l’assurance de dommages. Si je me fie à nos sondages et aux offres affichées, Québec et Chaudière-Appalaches, Montréal et la Montérégie sont les régions où les demandes sont plus fortes », indique toutefois Roxanne Hébert, directrice des communications et des opérations à la Coalition.
Un meilleur accès à la formation pour recruter davantage
Les besoins de main-d’œuvre sont partout au Québec. Tant dans les grands centres urbains que dans les régions plus éloignées, où le nombre de cabinets est moins important.
Toutefois, en région, les équipes de travail sont moins grandes. La formation y est aussi moins accessible.
« Si plus d’écoles en région offraient un programme d’étude en assurance, soit, l’AEC ou la technique, il y aurait probablement un plus fort intérêt de la part des jeunes pour ce genre de carrière », affirme Mme Hébert.
Univesta Assurances et services financiers peut témoigner de cette réalité. Son siège social est à Montréal. Mais le cabinet a aussi une forte présence en région, dans l’est du Québec.
« Dans les régions où l’accès à la formation est plus limité ou que les cégeps n’offrent pas la matière, soit dans le cadre d’une technique ou d’une attestation d’études collégiales (AEC), c’est plus difficile de recruter de nouveaux talents et de les intéresser à travailler dans ces mêmes régions », dit Maryse Fernandes, sa vice-présidente, processus d’affaires et développement organisationnel.
Elle donne en exemple le cas de la ville de Rivière-du-Loup, dans le Bas-St-Laurent, où il n’y a pas de cégep. « Notre seul moyen de recruter c’est d’embaucher chez notre compétiteur au bout de la rue. On peut aussi former complètement en interne de A à Z. On est très dépendant des programmes de cégep qui ont eux-mêmes des difficultés à combler leur cohorte. C’est sûr que ça a un impact au bout du compte chez les employeurs aussi. On remarque que certaines années, les cohortes ne voient pas le jour dans certains programmes par manque d’inscription », dit Mme Fernandes.
Des pistes de solutions
La Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages et les cégeps travaillent sur un projet qui vise l’accès à l’éducation dans les régions où la formation en assurance de dommages n’est pas accessible.
En collaboration avec les entreprises et les cégeps, la Coalition vise à mettre sur pied un projet qui permettra aux candidats d’intégrer une organisation. Puis, ils pourront joindre à un parcours de formation leur permettant d’obtenir un diplôme tout en alternant travail et étude.
Autre jalon atteint par la Coalition : la mise en place d’un AEC optimisé dès janvier 2021. Ce programme permettra à des étudiants de suivre en alternance une formation collégiale tout en travaillant au sein de cette même industrie à compter de janvier 2021.
C’est grâce à l’obtention d’une subvention de 582 918 $, octroyée par la Commission des partenaires du marché du travail pour l’optimisation du programme d’attestation d’études collégiales (AEC) que ce programme verra le jour.
Divers employeurs de l’industrie y participeront : Belairdirect, Desjardins, SSQ Assurance, Wawanesa, Indemnipro, Lussier Dale Parizeau et PMT Roy. Ils collaboreront avec le Cégep Lévis-Lauzon, le Cégep de Sainte-Foy et le Cégep de Beauce-Appalaches pour permettre aux candidats d’entreprendre une carrière en assurance tout en poursuivant leur formation collégiale.
Une formation revisitée
Une première cohorte de 28 candidats, embauchés par ces sept entreprises, commenceront leur formation en janvier. La moitié des participants seront des employés internes qui souhaitent se développer davantage au sein de leur entreprise et l’autre moitié proviendront de l’externe, explique Roxanne Hébert, de la Coalition.
Les trois premiers mois de la formation se feront en classe, puis l’étudiant pourra intégrer le milieu du travail tout en poursuivant l’AEC. Un volet en ligne et en classe virtuelle sera alors offert. Actuellement, seul le Cégep de Beauce-Appalaches offre l’AEC en assurance dommages complètement en ligne, mais il n’est pas exclu que d’autres cégeps emboitent le pas dans les prochaines années.
« L’optimisation de l’AEC est d’autant plus pertinente en période de COVID-19. La situation amène plusieurs organisations à revoir leurs façons de faire, comme la formation, le recrutement et l’intégration des candidats », ajoute Mme Hébert.
Kathleen Cantin, directrice de la formation continue et des services aux entreprises au Cégep Lévis-Lauzon et qui pilote le projet, a par ailleurs mentionné en entrevue au Portail de l’assurance, qu’elle gardait un lien étroit avec l’Autorité des marchés financiers pour bien accompagner les candidats lors de leur formation, et ce, jusqu’à la préparation de leur examen. « Avec l’implantation d’une nouvelle formule d’enseignement dans les cégeps, il était important pour nous de répondre aux exigences de l’Autorité, surtout quand on sait que plus 80 % des diplômés de l’AEC font carrière dans l’industrie de l’assurance », dit-elle.