Les nouvelles règles entourant le courtage et la vente par Internet ont été la poussée nécessaire dont Anne Martel et Richard Martel ont eu besoin pour enfin se décider à vendre leur portefeuille en assurance de dommages des entreprises et des particuliers à Essor Assurances.
« Nous avons entamé une réflexion en début d’année sur l’avenir de l’assurance et du courtage et sur l’avenir de notre entreprise, explique Anne Martel. On lit toujours qu’un entrepreneur doit remettre en question son plan d’affaires et sa vision. Dans notre cas, cela signifie de se départir de notre division d’assurance de dommages et de servir nos clients différemment. »
Elle ajoute que les aspects conseil et expertise ont toujours fait partie du modèle d’affaires du cabinet et c’est notamment sur ces éléments qu’Anne Martel souhaite se concentrer. Elle adopte ainsi le rôle d’experte en gestion de risque. « Notre objectif a toujours été d’accompagner les entrepreneurs et leur entreprise. Nous pensons qu’en mettant l’accent sur l’innovation en assurance collective et en ajoutant les services d’experts-conseils en gestion de risque, nous allons être vraiment bien équipés pour continuer de servir leurs besoins », ajoute-t-elle.
Repenser le modèle
Anne Martel veut également s’attaquer à une autre tâche : celle de repenser le modèle d’affaires d’un cabinet de courtage. « Face aux changements règlementaires, on doit se questionner sur la pertinence de notre rôle de courtier, dit-elle. On ne peut rien changer à l’évolution des technologies et à la nouvelle loi, qui modifient notre rôle, notre approche. C’est un besoin nécessaire. Et c’est à nous, en tant qu’entrepreneurs, de réfléchir à comment on peut améliorer nos façons de faire avec la technologie. Et si on ne prend pas le temps d’y réfléchir de façon approfondie, ce sera difficile pour les propriétaires de cabinets de courtage à l’avenir. »
Elle croit toutefois que bouleversements anticipés causés par l’arrivée de la vente par Internet, entre autres, sont toujours à venir. « Les différents acteurs de l’industrie, qu’il s’agisse d’assureurs, de courtiers ou autres, en sont à préparer leur plan de match [technologique]. »
Anne et Richard Martel n’excluent pas de ravoir un volume en assurance de dommages des entreprises à l’avenir. Mais le cabinet ne se basera plus sur le modèle traditionnel quand le moment sera venu. « Nous comptons occuper une place dans l’assurance de dommages, mais nous ne l’occuperons pas comme nous le faisions auparavant. Nous le ferons avec un nouveau modèle. Mais d’abord, nous voulons donner les coudées franches qu’il faut et l’amener ailleurs », conclut Anne Martel.