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Les chercheurs veulent mieux tirer parti des données pour aider l’industrie de l’assurance

par Denis Méthot | 21 janvier 2019 11h30

Le titulaire de la Chaire de recherche industrielle - Intact Corporation financière sur l’apprentissage automatique en assurance, François Laviolette | Photo : Denis Méthot

Le titulaire de la Chaire de recherche industrielle – Intact Corporation financière sur l’apprentissage automatique en assurance, le professeur François Laviolette, est enthousiaste. Le Centre de recherche en données massives de la Faculté des sciences et génie de l’Université Laval n’a que trois ans et ce rapprochement avec Intact Corporation financière, qui a investi deux millions de dollars pour la création de deux chaires de recherche, représente le plus gros projet qu’il a à gérer.

La Chaire qu’il dirige va notamment s’attaquer à des problèmes identifiés par Intact qui sont difficiles à résoudre. Ses chercheurs multidisciplinaires tenteront de trouver des avancées et des solutions. 

La Chaire de leadership en enseignement en analyse de données massives pour l’actuariat – Intact, dirigée par sa collègue Marie-Pier Côté, va, quant à elle, réfléchir aux façons de former les actuaires de demain en modélisation.

Contenir « l’explosion » de données

Dans l’univers actuel, les données n’ont plus de structures et elles explosent, explique le professeur Laviolette. Il faut être capable de prendre ces données qui contiennent des informations cachées et d’en extraire les indicateurs qui sont compréhensibles. Le défi semble de taille, même pour des spécialistes de haut niveau.

« Un autre phénomène avec lequel les gens de l’assurance ne sont pas nécessairement habitués, c’est de combiner des données qui ne sont pas faites pour se parler ensemble, ajoute-t-il. C’est à la base de ce que l’on veut développer. On a l’air d’être des experts, mais il y a encore beaucoup de choses qu’on a de la difficulté à faire et pour lesquelles on devra apprendre à travailler avec les gens d’Intact. »

Combinaison de données

Marie-Pier Côté

La titulaire de la Chaire de leadership en enseignement en analyse de données massives pour l’actuariat – Intact, Marie-Pier Côté
Photo : Denis Méthot


L’avènement de données massives offre de multiples opportunités en actuariat, en particulier pour les assureurs de dommages, se réjouit sa collègue Marie-Pier Côté.

« La combinaison de plusieurs sources de données est une autre caractéristique des données massives, explique-t-elle. Si on combine les conditions météorologiques, géographiques et les bases de données des compagnies d’assurance, ça nous permet d’avoir une meilleure idée du risque d’inondations, de feux de forêt, de l’exposition aux risques de catastrophes naturelles. Mais quand on appréhende un évènement du genre, il faut se mettre de côté une réserve, avoir assez d’argent pour payer les couts. Ces couts ne sont pas connus d’avance et ils vont évoluer dans le temps. En utilisant plus pleinement les données disponibles, on peut avoir une meilleure idée et un meilleur modèle actuariel dynamique pour déterminer la réserve et le montant à payer pour ces évènements. »

Mieux former les actuaires

Pour tirer parti des données massives, les actuaires qui arrivent sur le marché du travail doivent être bien formés, bien outillés, pour répondre à ces besoins, relève la professeure Côté. La Chaire de leadership en enseignement qu’elle dirige permettra, selon son terme, de déverrouiller le potentiel des données massives dans l’assurance. Elle se donne comme objectif de bien former les assureurs sur ces bases, d’offrir une formation plus pointue aux cycles supérieurs et elle prévoit également des ateliers de formation continue pour les gens qui sont déjà sur le marché du travail.

Un étudiant emballé

Jean-Thomas Baillargon, diplômé de l’École d’actuariat au premier cycle, titulaire d’une maitrise et maintenant étudiant au doctorat en informatique, est déjà engagé dans l’aventure et il en est emballé.

« Je suis allé dans les bureaux d’Intact et j’ai pu voir la qualité des gens qui étaient là, des personnes brillantes, qui étaient engagées et qui avaient le gout de résoudre des problèmes en équipe, témoigne-t-il. Il y avait un côté école et un côté Intact. Tout cela mis ensemble, j’ai vraiment apprécié mon expérience. J’arrivais au doctorat et je me posais la question : est-ce que je m’en vais en entreprise ou je continue ma formation ? Et là, la Chaire arrive avec des projets hyperpertinents. Quand je dis pertinents, c’est que selon moi, ils auront un impact réel sur une industrie qui veut se faire “shaker” un peu, je pense. Pour un étudiant qui fait de la recherche, ce sera concret et dans son C.V. aussi, ça va être concret. »

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