Les cryptomonnaies ont ranimé l’engouement des analystes financiers le mois dernier, en particulier le bitcoin, qui a atteint des niveaux de prix record. Mais cet engouement cache aussi un côté sombre, souligne S&P Global Rating. Son empreinte environnementale est considérable, affirme la firme de notation.

Depuis sa montée en flèche, le bitcoin aurait consommé une quantité d’électricité comparable à celle des Pays-Bas ou des Émirats arabes unis, mais c’est aussi plus que la Belgique ou l’Autriche, estiment les chercheurs. La plus grande quantité d’énergie consommée est lors de la création de nouveaux bitcoins et non à l’entretien du réseau.

Le cout de l’électricité n’est cependant pas un frein aux profits qui découlent de cette activité. Le cout d’électricité représente moins d’un cinquième des revenus des mineurs de cryptomonnaie, ce qui en fait toujours une activité rentable, selon S&P.

Or, la courte durée de vie des machines minières est un enjeu. Initialement, le bitcoin devait fonctionner grâce à la capacité de réserve des ordinateurs, mais les mineurs ont découvert que les cartes graphiques et les circuits intégrés spécifiques aux applications, ou ASICS peuvent faire un meilleur travail. Cependant, la durée de vie de ces machines est d’environ un an et demi et une fois devenu obsolète, elles deviennent une source de déchets électroniques. La quantité de déchets que génère le bitcoin devient donc importante et considérable pour l’environnement.

« Le bitcoin et les autres cryptomonnaies pourraient tirer parti des solutions d’énergie propre à mesure qu’elles deviennent plus répandues », dit S&P Global Rating. Toutefois, les monnaies virtuelles ont besoin d’un approvisionnement énergétique constant. Les énergies renouvelables ne seraient donc qu’une solution partielle, croient les chercheurs. La consommation d’électricité est cependant susceptible de diminuer, car certains chercheurs croient que l’offre maximale de bitcoin a été atteinte.

La résurgence du bitcoin

Les taux d’intérêt extrêmement bas, les liquidités substantielles, les anticipations d’inflation croissantes et les valorisations élevées d’autres titres peuvent avoir contribué au regain d’intérêt des investisseurs pour le bitcoin, croient les experts de S&P. 

La volatilité des prix des cryptomonnaies représente par ailleurs un risque limité pour les institutions financières, disent-ils. La dégradation des valeurs de ce type de monnaie ne serait qu’une « trop faible répercussion pour déstabiliser le système ou affaiblir la solvabilité des banques », explique S&P. Or, les fonds négociés en bourse pourraient être exposés à des ventes abusives de produits ou à des risques de réputation si les prix s’effondrent, nuancent les analystes.

Les cryptomonnaies demeurent des instruments spéculatifs que les investisseurs utilisent principalement comme réserve de valeur plutôt que comme moyen de paiement ou de commerce, et ce, malgré certains mouvements vers une adoption plus large et une plus grande confiance de la part du public et des régulateurs. Ces derniers « détiennent la clé d’une large adoption et d’une utilisation généralisée de ces instruments », affirme S&P Global Rating. Les investisseurs considèrent le bitcoin comme un concurrent de l’or ou des autres matières premières.

Après sa hausse spectaculaire, les prix du bitcoin ont reculé, ce que certains observateurs du marché considèrent comme un signe de prudence.

Mais à long terme, la firme de notation croit à l’adoption à grande échelle des monnaies numériques, notamment par les banques centrales qui l’utiliseraient comme un moyen de paiement. D’ailleurs, la résurgence du bitcoin coïncide avec l’intégration de ce mode de paiement sur la plateforme PayPal. Visa, Mastercard et Tesla sont notamment parmi les entreprises qui contribuent à son essor.