Les conseillers financiers qui aimeraient avoir plus de clients devraient s’intéresser au nombre croissant de femmes qui possèdent leur propre entreprise, car selon les prévisions, celles-ci contrôleront plus de la moitié du patrimoine des particuliers d’ici 2026.
Dans un rapport sur le bilan des ménages (Household Balance Sheet Report), Investor Economics estime que d’ici cinq ans, les femmes investisseuses seront directement responsables de la moitié du patrimoine des particuliers au Canada, tandis que de plus en plus de femmes survivent à leur partenaire.
Les femmes qui ont plus d’argent à investir ont également plus d’attentes envers leur conseiller ou leur conseillère, affirme Abbie MacMillan, vice-présidente, développement de la pratique et acquisition des talents de conseillers, à Canada Vie.
Le rôle potentiel des conseillers
Les conseillers financiers peuvent donc avoir un rôle important à jouer, surtout à l’ère de la pandémie.
Selon un rapport de Services économiques RBC, environ 100 000 femmes auraient quitté le marché du travail depuis le début de la COVID-19, en février 2020, un phénomène que RBC a baptisé « récession féminine ».
Le taux d’emploi a reculé chez les femmes, en particulier celles qui ont le moins d’études et qui sont surreprésentées dans le secteur des services (commerces, restaurants, etc.), précise Beatrix Dart, professeure de stratégie à l’École de gestion Rotman et directrice du programme Femmes d’affaires (Initiative for Women in Business).
Le redémarrage de l’économie a rétabli une partie de ces emplois, mais nombreuses sont celles qui préfèrent rester à la maison parce que l’aide financière du gouvernement fédéral est plus avantageuse que le salaire peu élevé qu’elles gagneraient, explique Mme Dart.
Les femmes qui ont un diplôme d’études postsecondaires et des enfants ne se précipitent pas non plus vers les postes de bureau, car elles préfèrent travailler à distance pour garder un œil sur les tout-petits.
Enfin, il y a des femmes qui peuvent se permettre de ne pas travailler. « Les femmes qui font partie de ce groupe hésitent beaucoup à revenir sur le marché du travail », fait remarquer Mme Dart.
Nouvelles sur le marché du travail
D’un autre côté, il y a aussi des femmes qui font leur entrée sur le marché du travail : c’est le segment de marché des entrepreneures.
Qui sont-elles ? Il y a celles dont les enfants ont quitté le nid familial, qui se sont lancées en affaires pour avoir un gagne-pain, mais n’ont pas vraiment l’intention de faire croître leur entreprise ; et il y a des femmes d’affaires dont l’entreprise croît petit à petit, des entrepreneures qui travaillent d’arrache-pied et veulent prospérer à l’échelle internationale. Les immigrantes forment aussi une catégorie d’entrepreneures grandissante au Canada, ajoute Mme Dart.
Nombre de ces propriétaires d’entreprise ont des responsabilités à la maison en plus de leur travail et ont besoin d’aide pour le volet financier.
« Je dirais que c’est un marché potentiel formidable pour les conseillers financiers », dit Mme Dart.
Ces femmes sont nombreuses à vouloir des conseillers qui savent bien communiquer et écouter, qui ont de l’entregent et qui seront capables de leur expliquer des notions complexes, souligne Mme MacMillan. « Elles veulent élargir leur réseau et établir des liens — et non pas juste faire des affaires. »