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Les motoneiges hors sentier prennent d’assaut le marché des véhicules de loisir d’hiver

par Andrea Lubeck | 08 novembre 2017 07h00

Depuis quelques années, le marché des véhicules de loisir d’hiver connait une recrudescence du nombre de motoneiges hors piste. Cette pratique amène de nouveaux risques auxquels le domaine de l’assurance et les motoneigistes doivent prêter attention.

Parmi toutes les catégories de motoneiges, ce sont les motoneiges hors piste qui gagnent le plus de terrain, observe Bruno Simard, courtier en assurance de dommages chez Univesta. D’ailleurs, les quatre constructeurs de motoneige, soit BRP, Arctic Cat, Yamaha et Polaris, indiquent en avoir augmenté la production.

La clientèle type de la motoneige hors piste est les jeunes entre 18 et 30 ans, dit M. Simard. S’il est obligatoire de s’assurer en responsabilité civile pour un montant minimal de 500 000 $, sont-ils moins enclins à se protéger davantage ?

« Les jeunes qui pratiquent ce sport n’ont pas moins tendance à s’assurer, parce que ces machines sont dispendieuses. Tant qu’à s’assurer obligatoirement en responsabilité civile, ils assurent leur bien au même moment », explique-t-il.

Une assurance en responsabilité civile est automatiquement incluse avec l’achat de droits d’accès aux sentiers fédérés de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ). Univesta est le cabinet de courtage affilié à la FCMQ pour la protection en responsabilité civile.

Or, la pratique hors sentier soulève une panoplie de nouveaux risques et de problématiques gouvernementales sur lesquelles les différents acteurs de l’industrie doivent se pencher. « Il y a de plus en plus de motoneiges hors piste qui amènent des risques différents que les motoneiges de sentier, des risques qu’on ne voyait pas auparavant », ajoute Pierre Duchesne, coordonnateur en assurance des particuliers chez La Capitale.

Comment encadrer

Selon M. Simard, le gouvernement aurait donné à la FCMQ le mandat d’examiner comment la pratique pourrait être encadrée. Depuis 2013, un premier projet pilote est en cours dans la région de la Gaspésie. Le succès de ce premier projet a incité la Fédération à en mener un deuxième, cette fois dans la région de Québec.

« Ayant pour but d’encadrer et encourager la pratique durable de l’activité, la FCMQ se joint à plusieurs intervenants de la région pour évaluer les problématiques et soulever des solutions par rapport au développement de la motoneige hors-piste dans les Chic-Chocs. La FCMQ, par sa participation, souhaite développer une forme d’encadrement qui sera exportable aux autres régions du Québec.

« L’approche retenue par la FCMQ durant la première phase du projet est de mettre l’emphase sur l’éducation et la sensibilisation. Le bilan de fin de saison est excellent, avec très peu de délinquance rapportée. Plus important encore, les propriétaires fonciers et les municipalités sont satisfaits des résultats et encouragés à poursuivre la démarche », peut-on lire sur le site Web de la FCMQ.

Une utilisation qui pose problème

L’un des facteurs de ces nouveaux risques est l’utilisation même de ce type de motoneige, qui pose certains problèmes, souligne M. Simard. Avec la possibilité d’aller sur des sentiers peu ou pas entretenus, le risque de rouler sur des terrains privés, ou même des terres agricoles, et de les endommager est omniprésent. « Dans certaines régions, la motoneige hors piste est problématique pour les plantations, l’environnement, les terres agricoles et les terrains privés, notamment. Quand on a ce type de véhicule, on peut aller un peu partout. En sortant des sentiers, c’est un peu le free-for-all », avance-t-il.

Par ailleurs, le fait que ces terrains ne soient pas entretenus ou règlementés par la FCMQ pose un risque pour le motoneigiste lui-même, qui ne sait pas nécessairement ce qui se retrouve sous le monticule de neige. « Il est fort possible qu’on retrouve des obstacles imprévus qui pourraient endommager la motoneige. Il n’est pas impossible qu’un motoneigiste reste pris et passe une nuit entière dehors par manque de surveillance et d’accès à ces sentiers hors piste », rappelle Bruno Simard.

C’est pour pallier à ce risque que La Capitale a décidé de s’allier à Airmedic il y a quelques années pour offrir gratuitement leurs services de secours d’urgence aux titulaires de police d’assurance pour motoneige, bateau, résidence secondaire ou quad, de même qu’une assurance auto ou habitation. « On a ajouté ce produit-là parce qu’on sait que les gens avec des motoneiges ont tendance à s’éloigner des grands centres et des endroits accessibles par ambulance. Il s’agit d’un service médical aéroporté partout au Québec, donc les secouristes n’ont pas besoin d’utiliser un véhicule pour rejoindre la personne à secourir », précise Pierre Duchesne.

Univesta offre aussi, depuis l’an dernier, une assistance routière avec certains produits dans le cadre de son programme d’assurance motoneige.

Un danger : les collisions

Toutefois, il y a un risque qu’encourent les motoneigistes de sentier qui ne guette pas les plaisanciers hors piste : les collisions. « Les sentiers fédérés comptent pour 33 000 km du territoire québécois. Le reste est considéré comme hors piste, alors la superficie est grande. Il est donc très rare qu’une collision survienne », nuance M. Simard.

Par ailleurs, les projets pilotes qu’a menés la FCMQ ont su trouver une piste de solution pour mieux encadrer la pratique. L’organisme a développé des cartes qui indiquent les parcs où il est possible et sécuritaire de pratiquer le hors-piste, en tenant compte notamment du respect de la faune. Elle évalue également la possibilité d’offrir un droit d’accès aux parcs de hors-piste à travers les sentiers fédérés, a-t-elle énoncé sur son site Web.  

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