Les compagnies de réassurance adoptent plusieurs stratégies pour gérer les risques auxquels ils sont exposés dans l’environnement inflationniste actuel. L’utilisation de clauses d’indexation et l’ajustement des sommes assurées aux valeurs actuelles ont été deux des tactiques évoquées lors de la récente présentation des perspectives organisée par Swiss Re, Global Executive Dialogue : sigma/6 2023 Economic and Insurance Outlook 2024-2025.

Parmi les autres pratiques ou tendances que les personnes travaillant avec des sociétés de réassurance pourraient reconnaître, a été citée l’exigence d’un plus grand partage des données et de rapports plus approfondis. Aujourd’hui, les réassureurs sont également plus enclins à compléter ces données avec des sources tierces. Selon Anne Lohbeck, directrice spécialisée de la souscription chez Swiss Re, l’autre tendance dans la réassurance concerne le niveau de prévision et la nouvelle variété des techniques utilisées pour produire des perspectives prévisionnelles plus utiles.

« Le paysage de l’exposition sous-jacente évolue. Nous devons en suivre l’évolution et la maîtriser », déclare Mme Lohbeck. « En plus de cela, dans un environnement macroéconomique qui est intrinsèquement plus volatile et plus sujet aux risques. Je pense que cela représente un défi considérable pour nous, professionnels de l’assurance et de la réassurance, car nous devons refléter ces expositions changeantes également dans le libellé de nos polices, nos contrats et nos formulations pour garantir que l’assurance puisse finalement tenir les promesses que nous faisons. » 

L’inflation économique et sociale a également été discutée par le groupe qui participait à la présentation. Dans les lignes spécialisées, il y a également l’inflation environnementale à gérer. « Les coûts plus élevés associés à des normes environnementales plus strictes, c’est aussi quelque chose qui a été important dans les lignes spécialisées et qui continue de créer une pression sur les demandes d’indemnisation », ajoute Anne Lohbeck. 

Les participants à la présentation indiquent également que la hausse des taux d’intérêt est une bonne chose pour les assureurs et réassureurs vie et santé, car elle favorise la rentabilité, en particulier pour les contrats en vigueur.

« Je pense que nous devons surveiller le potentiel d’augmentation du risque de transfert. Ce risque est créé lorsque les assurés résilient leurs polices pour en souscrire de nouvelles où les taux d’intérêt sont plus attractifs. Il y a ce risque d’augmentation des résiliations pour les portefeuilles de contrats en vigueur des assureurs vie. Il y a aussi le coût du capital qui peut rester élevé ou à un niveau plus élevé que si les taux étaient plus bas », dit Julien Descombes, directeur de la souscription vie et santé chez Swiss Re. 

Jérôme Jean Hägeli, économiste en chef du groupe Swiss Re, ajoute plus loin dans la présentation : « Nous ne nous attendons toujours pas à ce que cette année ou l’année prochaine, le marché primaire de l’assurance soit capable de couvrir son coût du capital. »