La plus récente mise à jour de la moyenne mobile sur cinq ans de l’Indice actuariel climatique (IAC), qui mesure la variation des conditions météorologiques extrêmes et du niveau de la mer, rapporte une augmentation au printemps 2025, comparativement à l’hiver précédent.
Cette moyenne est désormais de 1,43 par rapport à la moyenne de zéro durant la période de référence qui s’échelonne entre 1961 et 1990.
Lors de la dernière mise à jour faite en août 2025 pour la période hivernale, l’IAC se chiffrait à 1,37. « L’augmentation est attribuable à des changements dans presque toutes les mesures, y compris les jours secs consécutifs, les précipitations, le niveau de la mer et la fréquence des températures supérieures au 90e percentile et inférieures au 10e percentile. », souligne-t-on dans le communiqué annonçant la mise à jour publiée le 2 décembre dernier.
Comparaison avec le printemps 2020
La moyenne mobile sur cinq ans de l’IAC a été révisée à la suite de l’ajout de la donnée saisonnière du printemps 2025. Cette donnée s’est établie à 1,68 pour le Canada et les États-Unis.
La moyenne mobile étant estimée sur cinq ans et actualisée tous les trimestres, la donnée du printemps 2025 extirpe la donnée du printemps 2020 du calcul de cette moyenne. Au printemps 2020, la donnée saisonnière atteignait 0,61 et l’indice sur cinq ans était à 1,20.
Lorsque les moyennes de l’IAC sont en hausse par rapport à la moyenne de zéro, il faut conclure que la fréquence des événements climatiques extrêmes augmente et que la montée du niveau des océans est en progression.
Combinaison
Les données saisonnières trimestrielles sont recueillies pour établir l’indice. On utilise les variables qui ont le plus d’impact sur la population et l’économie : les températures élevées et basses, les fortes précipitations, les sécheresses, les vents forts et le niveau de la mer.
Pour le sous-indice concernant le niveau de la mer, la moyenne mobile sur cinq ans pour le Canada et les États-Unis atteignait 2,75 au printemps 2024, comparativement à 3,07 au trimestre précédent. Au printemps 2020, le même sous-indice s’établissait à 2,07.
Des réactions
L’actuaire Yves Guérard a siégé durant plusieurs années au comité mixte qui publie l’IAC. Il échange depuis plusieurs mois avec l’Institut canadien des actuaires pour rendre plus transparentes les publications liées à l’Indice.
« L’IAC est une donnée statistique qui mesure la probabilité d’un changement du climat par rapport à la moyenne observée pour la période de référence 1961-1990. 1,43 représente l’écart par rapport à cette moyenne. L’écart-type étant 0,45, la probabilité du rejet de l’hypothèse du changement est de 0,0742 % », écrit-il au Portail de l’assurance.
Par ailleurs, M. Guérard ajoute que les données statistiques confirment que le réchauffement global « n’est pas un canular » et que les risques climatiques iront en augmentant en raison de l’impact cumulatif des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.
De son côté, Alain Bourque, directeur général du Consortium Ouranos, mentionne au Portail de l'assurance qu’« il serait bien de voir des scientifiques s’y attarder plus en détail afin d’évaluer si la pondération des différentes composantes a du sens et reflète des impacts bien réels. Malheureusement, ce n’est pas le type de travail que la communauté scientifique tant à faire. »
M. Bourque ajoute que les indicateurs universels comme la chaleur, le froid et le niveau de la mer « évoluent sans surprise ». En revanche, il note qu’il faut se questionner sur d’autres indicateurs plus complexes, comme les précipitations extrêmes, les vents, etc. Ceux-là « peuvent être beaucoup plus sensibles à la localisation des stations de mesure » et à la pondération que l’on donne à la représentativité sur un territoire.
Les interprétations à grande échelle de l’IAC « semblent cohérentes avec les changements climatiques observés, mais les interprétations plus nuancées sont possibles à faire pour quelqu’un qui comprend bien les forces et les limites des différents indicateurs », conclut-il.