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L’Industrielle Alliance de retour à la garantie de retraits à vie

FLASHFINANCE | PRIVILÈGE DE VOTRE NIVEAU PRO
par Alain Thériault | 02 décembre 2014 12h00

Après avoir retiré Ecoflextra du marché des produits de fonds distincts avec garantie de retraits à vie en 2012, l’Industrielle Alliance effectue un retour avec un produit moins gourmand en capital et mieux adapté à l’environnement règlementaire actuel.L’an passé, le PDG de l’Industrielle Alliance, Yvon Charest, avait promis au marché un Capital Light GMWB, lors d’une entrevue stratégique avec le Journal de l’assurance. Il décrivait ainsi ce que devrait idéalement être un produit de garantie de retrait viable dans un environnement de bas taux d’intérêt et d’exigences règlementaires serrées en matière de capital.

Le nouveau Série ÀVIE, lancé le 24 novembre, « est exactement cela », a dit Marie-Claude Poulin, directrice des produits d’épargne et de retraite, dans une entrevue au Journal de l’assurance, en compagnie du vice-président principal et économiste en chef de l’assureur, Clément Gignac. Le produit s’insère au programme existant d’épargne et retraite individuelles.

« Nous voulions revenir avec un produit qui se gère mieux dans le contexte d’aujourd’hui, sans revivre les problèmes d’Ecoflextra », dit Mme Poulin. Signe d’une plus grande légèreté, le produit n’offre pas de boni. L’assureur s’est aussi laissé une marge de manœuvre quant au taux de revenu minimum offert. Celui-ci sera affiché périodiquement par la compagnie et pourra varier. Une fois que le client a investi ses économies dans Série ÀVIE, le taux sera toutefois fixé au contrat.

Allègement

Le revenu minimum de la Série ÀVIE est de 5 % à 65 ans. Ce taux est garanti si au moins un des dépôts a été effectué il y a 10 ans ou plus. Il s’applique à 100 % des sommes investies depuis 10 ans ou plus et à 75 % des sommes investies depuis moins de 10 ans. Encore là, il s’agit d’un allègement par rapport à Ecoflextra. « Dans Ecoflextra, le taux de 5 % était disponible à tous les âges prévus au contrat », rappelle Mme Poulin.

Or, le taux de revenu courant offert au moment de commencer les décaissements peut varier. Établi à 5,14% au 1er septembre 2014, le taux de revenu courant est revu périodiquement et est établi en fonction de l’âge, du sexe et du niveau des taux d’intérêt. Après le début du versement, le revenu ne peut que varier à la hausse en cas de revalorisation.

L’Industrielle Alliance a aussi allégé son produit en séparant plus nettement la période d’accumulation de celle du décaissement. Il en résulte deux versions distinctes du même produit : Étape épargne et Étape revenu.

Étape épargne permet la croissance avec un choix de 46 fonds, dont trois se composent exclusivement d’actions. Étape revenu repose sur deux options : Fonds Revenu maximal garanti à vie et Fonds Croissance et revenu garanti à vie.

« Cela nous permet d’être plus confortables. Nous contrôlons l’investissement à partir de deux fonds seulement. L’un composé de titres à revenu fixe offre un maximum de revenu alors que l’autre, un fonds diversifié à 30 % en actions, versera un revenu plus bas, en raison du cout supplémentaire entrainé par les exigences règlementaires de capital », a révélé Mme Poulin. Ainsi, le retraité qui choisit un décaissement basé sur l’option Revenu maximal obtiendra le taux courant de 5,14%. Celui qui choisit l’option Croissance aura un taux de 4,3 %.

Revenu viager garanti immédiat

Série ÀVIE s’adresse aussi aux clients qui recherchent un revenu viager garanti immédiat. Ils peuvent déposer une somme forfaitaire au produit et les retraits peuvent commencer dès maintenant, pour autant que le rentier ait au moins 50 ans au moment du dépôt. En raison des taux affichés actuellement (5,14% et 4,3 %), celui qui déposerait 200 000 $ obtiendrait dès maintenant un revenu annuel de 10 280 $ s’il choisissait l’option Revenu maximal et de 8 600 $ s’il choisissait l’option Croissance.

Le produit est doté d’un mécanisme de revalorisation du revenu automatique à tous les trois ans, selon la valeur du fonds. Le cas échéant, le revenu viager est revu à la hausse. « S’il y a une hausse des taux d’intérêt, cela devrait se traduire par une augmentation du revenu à vie », dit Mme Poulin.

« Le produit contribue à contrer le risque de longévité, surtout pour un nombre grandissant de Canadiens sans régime privé à prestations déterminées, estime Clément Gignac. Selon Statistique Canada, seuls 28 % à 30 % des Canadiens bénéficient d’un régime à prestations déterminées. Au Québec, seuls 35 % en bénéficient. Cette proportion est plus faible dans le secteur privé. Qui prendra le risque de longévité? Le Régime de pensions du Canada, la Régie des rentes du Québec? Et si vous n’avez pas travaillé? Il y a les rentes viagères, mais cela revient à prendre notre argent et à mettre un X dessus. »

Au contraire, le nouveau produit permet de garder accès à son capital même après que les décaissements aient commencé, rappelle l’économiste en chef de l’Industrielle Alliance. « Celui qui commence l’accumulation à 50 ans avec l’intention de prendre sa retraite à 65 ans conserve une possibilité de croissance pendant 15 ans. À 65 ans, il a le choix entre deux formules selon son profil de risque. C’est la sécurité d’une rente combinée à une souplesse de gestion », soutient M. Gignac.

Il croit que plusieurs sous-estiment le facteur longévité au moment de planifier leur retraite. « Toujours selon Statistique Canada, l’espérance de vie à 65 ans est maintenant de 83 ans chez les hommes et de 86 ans chez les femmes. Cette tendance à la hausse se poursuit alors que le taux des obligations du Canada 10 ans couvre à peine l’inflation », souligne M. Gignac.

Si le marché boursier peut répondre au besoin de surpasser l’inflation, il n’est pas fait pour tous, signale-t-il. « Avec un produit comme le nôtre, les gens n’auront pas peur de prendre ce risque. Je prédis que l’option de décaissement axée sur la croissance aura beaucoup de succès, même si elle procure un revenu moins élevé au départ. « Elle pourrait être particulièrement populaire auprès d’un nombre grandissant de Canadiens qui, après 65 ans, décide de continuer à travailler à temps partiel. Si les marchés vont mal, le revenu demeure garanti, mais s’ils vont bien, le client aura une rente encore plus élevée grâce à l’option de revalorisation », précise M. Gignac.

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