MENU

Manuvie adopte les nouvelles définitions de maladies graves

par Alain Thériault | 24 février 2015 09h00

La Financière Manuvie a remodelé à la fin de janvier son produit d’assurance maladies graves Chèque-vie, avec une baisse des prix et de nouvelles maladies couvertes. Du même coup, l’assureur devient le deuxième à adopter les nouvelles définitions de référence en assurance maladies graves, après RBC Assurances à l’été 2014.Issues d’un comité informel de membres de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP), une nouvelle mouture des définitions d’assurance maladies graves a remplacé en 2013 celle qui avait été publiée en 2007. L’ACCAP a facilité ces rencontres qui ont regroupé des dirigeants des principaux assureurs et de réassureurs. Elle a ensuite adopté les conclusions du comité sous forme de lignes directrices.

Actif dans ce comité, le vice-président adjoint aux produits d’assurance et aux services aux particuliers de Manuvie, David Baker, a accepté de parler de ces définitions en entrevue avec le Journal de l’assurance. M. Baker a révélé qu’il s’imposait de clarifier certaines définitions de maladies graves et d’en préciser la portée, particulièrement en ce qui touche le cancer.

Il reconnait que les assureurs ne se sont pas rués pour les adopter comme ils l’avaient fait en 2007. « Il y avait plus de disparité dans les définitions à cette époque entre les joueurs de l’industrie, a expliqué M. Baker. Cette nouvelle version représente des raffinements, des améliorations et des changements à cinq ou six définitions. Ce n’est pas comme si on modifiait les définitions en entier. Ces changements ne sont pas de la même magnitude que ceux apportés par les compagnies en 2008. »

Moins grande motivation

À moins qu’un assureur envisage d’apporter des changements à l’ensemble du produit, il croit que l’adoption rapide des nouvelles définitions s’est butée à une motivation moins grande. Il croit que plusieurs ont voulu attendre de faire coïncider l’implantation des définitions repères avec une mise à jour de leur produit.

Pour Manuvie, il était temps. David Baker a rappelé que le produit Chèque-Vie a été le premier à apparaitre dans l’industrie dans les années 1990, créé par l’Union Commerciale, assureur que Manuvie a acquis en 2001. Une mise à jour était devenue nécessaire, et Manuvie a aussi voulu revenir dans le coup en matière de prix concurrentiels.

« Nous voulions retarifer le produit et en rafraichir certaines caractéristiques. Nous avons vu une excellente occasion d’être parmi les premiers à implanter les nouvelles définitions », dit M. Baker. Or, Manuvie croit avoir le poids qu’il faut pour forcer la main des autres joueurs. « C’est une question de temps avant que les autres assureurs adoptent les nouvelles définitions », croit-il.

Le comité s’était donné comme mandat d’étendre certaines définitions et d’en restreindre d’autres, a précisé M. Baker. « La technologie médicale avance constamment, a-t-il expliqué. De notre côté, nous devons nous assurer que les définitions s’alignent avec les attentes des clients tout en respectant nos pratiques de gestion des risques. »

Ainsi, il devenait nécessaire de revoir la définition du cancer à la lumière de certaines manifestations qui ne nécessitent pas de traitement et auxquelles l’assuré a toutes les chances de survivre lorsqu’elles sont détectées hâtivement, a fait valoir M. Baker. Les membres du comité ont, en outre, saisi l’occasion de retravailler d’autres définitions, a ajouté M. Baker, telles les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la chirurgie de l’aorte et le remplacement ou la réparation valvulaires.

De 24 à 26 maladies couvertes

Manuvie couvre aussi deux nouvelles affections, ce qui fait passer l’étendue de Chèque-vie à 26 affections couvertes. Il s’agit de l’anémie aplasique et de la méningite purulente.

Il en ajoute trois autres à sa prestation Intervention rapide. Il s’agit de la leucémie lymphoïde chronique (LLC) au stade 0 selon la classification de Rai, du cancer de la thyroïde papillaire ou folliculaire au stade T1 et du mélanome malin au stade 1. En vertu de cette prestation, l’assureur verse 25 % du capital assuré jusqu’à un maximum de 50 000 $.

Les définitions existantes se moulent pour leur part au document de référence de l’ACCAP. Dans sa définition du cancer, Manuvie a ajouté la mention mettant la vie en danger, qui permet, selon l’assureur, de mieux définir les attentes. M. Baker estime que cette restriction s’imposait pour assurer que le produit demeure rentable pour la compagnie et abordable pour les futurs clients.

L’assureur a aussi clarifié cette définition pour mieux cerner les formes communes de cancer et établir si elles donnent droit au versement de la prestation entière. Ainsi, certains cancers non menaçants pour la vie, comme ceux de la thyroïde papillaire ou de la thyroïde folliculaire diagnostiqués à un stade précoce sont maintenant exclus. Les rédacteurs du contrat ont reformulé le texte sur la période moratoire d’exclusion et mentionné deux documents de référence pour apporter des précisions supplémentaires.

La définition d’Alzheimer inclut désormais la démence. Elle spécifie l’exclusion des troubles affectifs, schizophréniques ou de délirium. Manuvie a retiré de la définition la nécessité d’une supervision d’au moins huit heures par jour. L’assureur a par contre augmenté le nombre des symptômes que doit présenter un patient pour satisfaire les exigences. Manuvie a ajouté une référence au Mini-Mental State Examination, un questionnaire uniformisé à l’usage des médecins qui aide à détecter la maladie.

Manuvie a élargi la définition du Parkinson pour inclure des manifestations rares, mais graves liées à cette maladie, a précisé son vice-président adjoint. La définition s’intitule désormais maladie de Parkinson et troubles parkinsoniens atypiques précis.

La définition de la chirurgie de l’aorte a été élargie pour inclure le remplacement de toute partie de l’aorte. La partie des exclusions a été ajoutée pour éclaircir certains points concernant les interventions pour lesquelles aucune prestation n’était payable selon la définition contenue dans la version antérieure de Chèque-vie.

Nouvelle mise à jour

La nouvelle définition du remplacement ou réparation valvulaire inclut maintenant la réparation des valvules cardiaques. La mise à jour de l’exclusion a été mise à jour et clarifiée : Manuvie ne verse pas de prestation Affections couvertes (100 % de la prestation) dans le cas d’une angioplastie, d’une intervention intraartérielle, d’une intervention percutanée par cathéter ou d’une intervention non chirurgicale.

Par ailleurs, l’assureur a réduit la période d’attente de 180 à 90 jours pour accéder à la protection de soins de longue durée prévue au produit Chèque-vie, soit SoinsVie. La prestation est payable mensuellement à l’assuré incapable d’accomplir deux des activités de la vie quotidienne. La couverture pour soins hors établissement correspond à 1 % du montant d’assurance Chèque-vie, jusqu’à concurrence de 5 000 $. Le montant de la prestation double si les soins sont donnés en établissement.

Repositionnement

L’assureur a principalement remodelé Chèque-vie pour reconquérir sa part de marché dans le secteur de l’assurance maladies graves. Il a ainsi consenti des baisses de prix substantielles. « Nous avons vu nos parts de marché en assurance maladies graves décliner quelque peu », a confié M. Baker, qui a confiance de les récupérer avec le nouveau Chèque-vie.

En entrevue avec le Journal de l’assurance, Guy Couture, vice-président, des ventes au marché des particuliers, a révélé avoir constaté directement sur le terrain ce repli. « J’ai connu une très forte croissance des ventes dans ce secteur au début de 2014, mais ma vitesse de croisière a ralenti vers la fin de l’année, a-t-il confié. Avec les nouveaux prix en vigueur au 26 janvier, nous devrions pouvoir ramener le volume de nos ventes là où il se situait au début de l’an dernier. »

Pour revenir dans le coup, l’assureur a diminué le prix de certains types de contrats et garanties de remboursement des primes, surtout pour les jeunes clients. Les produits revus sont celui de la couverture de base uniforme garantie jusqu’à 65 ans (T65), la temporaire à 75 ans (T75) et le produit permanent (T100), y compris sa version payable en 15 ans.

« Nous voulions surtout redevenir compétitifs au niveau du remboursement des primes », dit M. Couture. Parmi les mesures prises, l’assureur n’applique plus de surprime à cette garantie. « Avant, lorsqu’un client était surprimé, nous appliquions aussi la surprime au remboursement des primes alors que des concurrents ne le faisaient pas, a expliqué le vice-président. Nous avons aussi baissé le prix de cette garantie, particulièrement pour les assurés de 20 à 50 ans. La baisse varie de 3 % à 21 %, selon l’âge. »

Chèque-vie cible particulièrement les clients potentiels de 35 à 50 ans. Le produit peut être émis de 18 à 60 ans, pour un capital assuré allant de 25 000 $ à 2 millions de dollars (M$). La garantie de remboursement des primes à l’échéance est offerte sur la couverture de base et la T75. La garantie de remboursement des primes au décès est offerte sur toutes les couvertures.

Publicité
Sur le même sujet …