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Manuvie fermera Services financiers Équinoxe : Les cabinets membres s’interrogent sur leur avenir

par Marie-Josée Boucher | 13 août 2006 14h43

Alléguant un manque de rentabilité, La Financière Manuvie mettra fin aux activités de Services financiers Équinoxe d’ici peu alors que les membres du regroupement se questionnement sur leur avenir.La nouvelle est tombée abruptement en juillet dernier, en pleine période des vacances. Lors d’une conférence téléphonique réunissant les 34 centres marketing membres de Services financiers Équinoxe, la Financière Manuvie a annoncé la cessation des activités de l’entreprise, d’ici les 12 à 18 prochains mois.

Cette décision survient peu après le départ de Daniel Dessureault, directeur général d’Équinoxe, en juin dernier. En entrevue au Journal de l’assurance, le président actuel d’Équinoxe et vice-président aux comptes corporatifs chez Manuvie, Bill MacLean, a invoqué les impératifs de rentabilité pour expliquer cette fermeture. « Nous ne voyions pas le moyen de perpétuer l’entreprise. Il aurait fallu investir de façon significative pour la maintenir telle quelle », confie M. MacLean.

Bill MacLean ajoute par ailleurs qu’Équinoxe compte 40 employés qui devraient être relocalisés chez Manuvie, puisqu’ils font déjà partie du personnel de l’assureur. Équinoxe compte d’importants bureaux au centre-ville de Toronto, rue King, ainsi qu’à Waterloo.

Les agents généraux réagissent

Les cabinets indépendants membres d’Équinoxe n’ont pas tardé à réagir à l’annonce de la fermeture de la filiale de distribution de Manuvie. Parmi eux, le président du Groupe financier Multicourtage, Guy Duhaime, s’est dit à peine surpris. Quand l’ex-directeur général, Daniel Dessureault, a été remercié de ses services en mai dernier, M. Duhaime a lancé à la blague que Manuvie n’avait plus qu’à mettre la clé dans la porte.

La décision de Manuvie n’a pas étonné non plus Caron Czorny, vice-présidente exécutive et chef de l’exploitation de Services d’assurance Peak. Mme Czorny connaît d’autant Équinoxe qu’elle y a travaillé de 2002 à 2004, comme vice-présidente principale, ventes et marketing.

« Manuvie privilégie ses trois systèmes de distribution, soit la vente directe [réseau des conseillers indépendants], les comptes nationaux et les agents généraux. Équinoxe ne correspond pas à son modèle d’affaires », considère-t-elle.

Pour sa part, le président d’Équinoxe des Laurentides, Réal Bolduc, soutient que cette fermeture entraînera la fusion de cabinets, voire la création d’un autre regroupement. Un point de vue que partage Caron Czorny.

M. Bolduc et Mme Czorny espèrent d’ailleurs mobiliser les centres au Québec en ce sens. « Nous allons d’abord sortir d’Équinoxe, puis nous allons nous repositionner sur le marché. Nous nous pencherons ensuite sur les services que nous devons maintenir et sur ceux que nous devrons obtenir », a confié M. Bolduc.

M. Bolduc signale d’ailleurs qu’un regroupement s’impose puisque les assureurs accessibles par Équinoxe ne voudront pas transiger avec de petits cabinets. Équinoxe, une créature héritée de La Maritime lors de la fusion avec Manuvie, permet aux cabinets membres de traiter aussi avec RBC Assurances, Standard Life et AIG Vie.

Les centres de marketing hors Québec ont également réagi à cette annonce. Caron Czorny a révélé qu’il y avait eu rencontre en juillet impliquant entre autres 17 agents généraux de Toronto et de l’Ouest canadien afin d’établir un plan d’action. Elle a spécifié que tous les participants ont alors signé une entente de confidentialité sur leurs discussions. Ils prévoient se réunir à nouveau le 21 août prochain et Mme Czorny présidera la rencontre.

Déclin du service

Les centres marketing font déjà le décompte des services qui disparaîtront avec la fermeture d’Équinoxe. Mme Czorny déplore notamment la fin du relevé de commission consolidé. Celui-ci permettait aux conseillers de suivre d’un seul coup d’œil les affaires placées chez différents assureurs. « De plus, il y avait réseautage entre les agents généraux membres », dit-elle.

« Nous nous entendions très bien avec Daniel Dessureault. La croissance d’Équinoxe était bonne. En fait, c’était la meilleure organisation de services pour les conseillers indépendants », constate pour sa part Guy Duhaime.

De son propre aveu, M. Duhaime regrettera les conférences téléphoniques sur la planification, les logiciels de gestion de clientèle, les services regroupés, la tenue de réunions périodiques et le soutien d’Équinoxe en ce qui a trait aux importants dossiers d’assurance. « ll semble que Manuvie ne trouve aucun intérêt dans ces atouts », laisse-t-il tomber.

Guy Duhaime se rappelle que lorsque Manuvie a mis la main sur Équinoxe, quelque 26 agents généraux avaient offert d’acheter le regroupement. Ils avaient essuyé un refus de l’assureur. « Nous nous sommes dit que Manuvie voulait garder Équinoxe ouvert. Nous n’étions pas mécontents. Mais ce qu’ils voulaient en fait, c’est garder le contrôle », relate M. Duhaime

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