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MICA investit dans une assurtech de vente par Internet

par Alain Thériault | 22 août 2018 13h30

Marc-Antoine Gagnon, Félix Deschatelets et Jacomo Deschatelets

Emma, une assurtech vie lancée hier, mardi 21 aout, par Félix et Jacomo Deschatelets et leur associé Marc-Antoine Gagnon, propose à un internaute de clavarder avec un conseiller certifié, pour découvrir ses besoins et acheter de l’assurance vie en ligne. MICA Cabinets de services financiers en est aussi cofondateur et coactionnaire.

Emma est sur le point de révolutionner l’industrie de l’assurance vie grâce à sa plateforme de clavardage sécuritaire et 100 % en ligne, lancent les cofondateurs dans un communiqué. Ils la décrivent comme la solution idéale pour les parents de jeunes familles et les adeptes de la technologie.

Sur le site emma.ca, les utilisateurs doivent répondre à des questions, comme leur âge, leur statut familial et le montant d’assurance recherché. Selon les fondateurs, les réponses serviront à découvrir le besoin d’assurance vie et le type de produit à recommander. Le client peut ensuite analyser ses besoins à l’aide d’un algorithme interne, et observer les prix des assureurs en temps réel.

À l’épreuve de 141

Parce qu’un conseiller certifié accompagne l’usager et répond à toutes ses questions par messagerie instantanée, les fondateurs soutiennent que leur offre d’achat d’assurance vie entièrement en ligne est conforme à la loi existante. Il apparait primordial à l’entreprise de toujours offrir l’accès à un conseiller certifié et non à un robot.

« Nous avons lu et analysé attentivement la loi. Nous avons structuré un procédé en ligne entièrement conforme à la règlementation en vigueur. Notre processus vise à favoriser la relation de conseil entre le client et son conseiller », dit Félix Deschatelets, président d’Emma.

Le président de MICA renchérit. « Nul besoin de la loi 141 pour vendre de l’assurance vie en ligne », lance Gino-Sebastian Savard, qui dit continuer son combat contre cette loi réductrice pour le rôle du conseiller. En entrevue au Journal de l’assurance, M. Savard a signalé qu’il reste encore le règlement à adopter pour savoir comment interpréter la nouvelle loi. Dans la foulée de la campagne électorale et des élections à venir, il a dit espérer que le nouveau gouvernement permettra à des intervenants de l’industrie de se prononcer à cet égard.

Pour aider à la conformité

M. Savard a aussi révélé que lui et son frère Martin Savard n’ont pas hésité à devenir actionnaires à 50 % d’Emma, un logiciel qui soulage selon lui ses conseillers d’une partie du poids de la conformité. « Plusieurs de nos conseillers ont trop de clients. Ils ne sont pas capables de les revoir tous les deux ou trois ans, pour mettre à jour leur analyse des besoins financiers. Le conseiller peut alors faire suivre l’adresse Internet d’Emma à ses clients qu’il n’a pas vus depuis deux ans et leur demander si leurs besoins ont évolué », dit M. Savard.

Le conseiller est alors conforme, car il a proposé une analyse de besoins financiers, selon Gino-Sebastian Savard. « Le logiciel permet au conseiller en ligne de déterminer les besoins du client référé, ajoute-t-il. Le client peut donc analyser lui-même ses besoins, et demander des éclaircissements par clavardage. S’il veut acheter un produit, il est obligé d’amorcer une séance de clavardage en ligne. Avant de conclure la transaction, le conseiller validera s’il s’agit du bon produit et du bon montant d’assurance en fonction des besoins exprimés par le client. »

Partage de commission et recrutement

M. Savard révèle disposer d’une équipe de 16 jeunes conseillers fraichement émoulus de l’université pour répondre aux questions des utilisateurs du site. « Nous les avons formés ; ils sont prêts, dit-il. Si un de ses conseillers vend, celui qui a envoyé son client vers le site bénéficiera d’un partage de commission. Nous avons signé des ententes avec des cabinets de courtage d’assurance de dommages. Ces ententes prévoient que 30 % de la commission sera partagée avec le référent. Le 70 % qui reste permettra de rémunérer le conseiller et soutenir la plateforme. »

Le président de MICA croit qu’Emma peut aussi permettre d’amener plus de jeunes conseillers dans l’industrie. « D’ici quelques années, cette plateforme deviendra le meilleur outil pédagogique pour former un nouveau conseiller. Il l’amènera à voler de ses propres ailes. »

M. Savard croit qu’Emma permettra aussi de mieux rejoindre le segment des jeunes familles, alors que MICA est un cabinet traditionnellement axé sur les entrepreneurs.

M. Savard précise que l’algorithme du logiciel est basé sur des règles d’intelligence artificielle, et qu’il peut ainsi évoluer. Il ajoute que la nouvelle application est disponible sur ordinateur, tablette et téléphone intelligent.

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