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Miné par la réforme auto en Ontario en 2010, RBC Assurances se redresse en 2011

par Vicky Poitras | 22 août 2011 20h09

La réforme auto en Ontario continue d’affecter les résultats des assureurs. Cela a été le cas de RBC Assurances pour l’année financière 2010. En entrevue avec le Journal de l’assurance, son président et chef de l’exploitation, Neil Skelding, affirme toutefois que les résultats du premier trimestre de l’exercice en cours se redressent à la suite des mesures de correction élaborées l’an dernier.
En 2010, RBC Assurances a affiché une perte nette pour la deuxième année consécutive. L’assureur a connu des pertes de 932 000 $ en 2009, puis de 32,6 millions de dollars (M$) en 2010. Quant à ses résultats techniques, ils ont aussi continué de décliner. Ils affichaient des pertes de 49 M$ en 2009, et de 90 M$ en 2010.

« Nous avons connu une année très difficile en Ontario, au Québec et dans d’autres régions, a expliqué M. Skelding. Lorsque l’Ontario a mis en place la réforme en automobile, nous n’avons pas augmenté nos prix aussi vite que d’autres assureurs. Nos primes avaient progressé de manière substantielle lorsque cette réforme, attendue en janvier, est entrée en vigueur dès septembre. De plus, notre marché en automobile en Ontario s’est rapidement développé. » Il a toutefois souligné que ce n’était pas le seul bloc d’affaires de la compagnie.

L’assureur a aussi rencontré des difficultés en assurance habitation. Ce segment de marché n’a pas été aussi rentable que les années précédentes car il a été miné par les tempêtes, les incendies à Slave Lake et les inondations, constate-t-il.

Réforme auto et catastrophes naturelles ont donc alourdi le ratio de sinistres. Celui-ci a augmenté, passant de 83,7 % en 2009 à 93 % en 2010. Quant au ratio combiné, il s’est dégradé. Il s’établi à 120,9 % en 2010 comparativement à 112,5 % en 2009.

Une retombée positive toutefois : comme RBC Assurances n’a pas augmenté ses prix, ceux-ci sont restés compétitifs. Par conséquent, la compagnie a continué à gagner des parts de marché, explique M. Skeilding. Ainsi le volume de primes directes souscrites de RBC Assurances a crû de près de 25 %. Il est ainsi passé de 384,6 M$ en 2009 à 478,8 M$ au cours de l’exercice suivant. Selon lui, cette croissance vient du réseau de distribution de l’assureur, de sa rétention de la majorité des primes et aussi de sa marque. « Nous avons des résultats solides au chapitre des réclamations et notre profil est rentable », assure M. Skelding. Le courtage et Internet amènent aussi des clients à l’assureur, ajoute-t-il.

Autre point positif : le ratio de frais de la compagnie a diminué de moins d’un point de pourcentage. Il était de 27,9 % en 2009 et se chiffre à 28,8 % en 2010.

Les revenus de placement de l’assureur, eux, font grise mine. Ils se chiffrent à 42,8 M$ en 2010 alors qu’ils atteignaient 46,9 M$ un an auparavant.


Accident sur la route : RBC offre l’assistance d’un voiturier


Si vous avez un sinistre sur la route, RBC Assurances vous prend en charge par le biais d’un voiturier.

L’assureur transporte le véhicule endommagé du client et fournit à ce dernier un véhicule de location sur place. Une fois les réparations sur le véhicule endommagé terminées, celui-ci est livré au client. Quant au véhicule de location, il est récupéré par l’assureur.

« RBC coordonne toutes les étapes du processus de réparation, à la convenance du client. Sans compter que les réparations sont assorties d’une garantie à vie, explique l’assureur. Le client évite ainsi tout tracas. » Ce service est offert dans les grandes villes à travers le Canada. RBC a aussi mis en place un service de réclamations par le biais des technologies sans fil. Une application mobile permet à ses conseillers d’accéder aux réclamations.

Quant aux actionnaires de la compagnie, ils ont vu le rendement de leurs actions diminuer. Il se situe à -13,6 %, comparativement à -0,4 % en 2009. Interrogé quant à savoir si les actionnaires exigeaient un seuil minimum pour le rendement de leur avoir, M. Skelding a répondu par l’affirmative et la négative. « Dans les segments auto et habitation, il y a des cycles. Par conséquent, les périodes de rendements élevés et bas se succèdent, a-t-il souligné. De plus, ce chiffre ne représente qu’une partie du portefeuille que nous gérons. Il ne comprend pas nos résultats en assurance de personnes. Si c’était le cas, le rendement total de nos affaires serait plus important. »

Premier trimestre en hausse

« Nous constatons une amélioration pour le premier trimestre 2011 », assure M. Skelding. Trimestre qui comprend les mois de novembre et décembre 2010 ainsi que de janvier 2011.

Le bénéfice net du secteur de l’assurance s’est élevé à 145 M$, en hausse de 27 M, soit 23 %, par rapport au même trimestre de 2010. Ce résultat reflète en grande partie la diminution des couts liés aux sinistres au chapitre des activités de réassurance et des polices d’assurance invalidité, note l’assureur. Ce résultat s’explique aussi par les résultats techniques favorables des polices d’assurance vie, facteurs neutralisés en partie par les pertes nettes sur placements comptabilisées ce trimestre, continue la compagnie.

Comparativement au quatrième trimestre 2010, le bénéfice net s’est accru de 2 M $ en excluant la perte liée à Liberty Life. « Les activités du secteur de l’assurance se sont soldées par un autre apport solide à nos sources diversifiées de bénéfices ce trimestre », a souligné Gordon M. Nixon, président et chef de la direction de RBC.

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