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Nancy Raymond compte revamper Steamatic Canada

par Hubert Roy | 11 janvier 2017 07h00

Nancy Raymond | Photo : Réjean Meloche

Maintenant qu’elle a mis la main sur Steamatic CanadaNancy Raymond entend en faire un joueur majeur en restauration après sinistre au Canada.

C’est en juin que Mme Raymond a pu concrétiser l’acquisition de Steamatic Canada. C’est elle qui est allée cogner à la porte de GDI Canada, qui détenait les droits d’exploitation de la marque Steamatic au Canada, a-t-elle confié en entrevue au Journal de l’assurance. Elle entrevoyait que ce geste lui permettrait de faire une expansion rapide à travers le Canada, vu la réputation et les assises de Steamatic au pays.

Alors qu’elle devient franchiseuse de Steamatic au Canada, elle dit vouloir contribuer au succès des entrepreneurs qui joindront son entreprise. « C’est en leur offrant du coaching et de la formation que je les aiderai à croitre. C’est de là que viendra mon propre succès. »

Mme Raymond est bien connue dans le domaine du sinistre au Québec pour avoir dirigé les activités de Première Générale au Québec. Les deux parties ont toutefois décidé de résilier l’entente qui les unissait. À partir de ce moment, elle s’est mise à la recherche d’une entreprise qui lui permettrait de connaitre une croissance rapide, mais qui avait aussi des valeurs semblables à la sienne, notamment au niveau du professionnalisme et de l’esprit d’équipe.

« Au début, Claude Bigras, président de GDI, ne voulait pas me vendre les droits de franchiseur. Au fil du temps, je l’ai convaincue que j’étais la bonne personne pour faire croitre Steamatic Canada et ainsi redonner ses lettres de noblesse à l’entreprise. Il a cédé à ma demande et j’ai pu devenir l’actionnaire unique de Steamatic Canada », relate-t-elle.

Elle ne cache pas qu’elle a aussi cogné à d’autres portes. Soit les entreprises visitées n’étaient pas à vendre ou soit les valeurs de celles-ci ne rejoignaient pas les siennes, dit-elle.

Les discussions avec Steamatic se sont étirées sur quelques mois. « Ce n’est pas une transaction qui s’est faite sur le bord d’une table. On y a travaillé longtemps, même si nous avions des délais serrés. »

Pour faire en sorte que cette transaction en soit une réussie, Mme Raymond compte s’appuyer sur l’équipe de direction déjà en place chez Steamatic Canada. Elle estime que l’entreprise occupe une position enviable au Québec, là où est sa plus grande part de marché. Elle veut qu’il en soit de même partout au Canada.

« En implantant de nouveaux processus et de nouvelles normes, tout en collaborant avec nos franchisés, je suis convaincu que nous pouvons bâtir une marque qui deviendra la référence en restauration après sinistre au Canada. Nous allons nous baser sur nos chiffres au Québec, tout en les adoptant aux résultats des autres provinces, mais avec un emballage beaucoup plus intéressant », dit Mme Raymond.

Provincial à national

Chez Première Générale, Mme Raymond se trouvait à la tête d’une entreprise provinciale. Elle dirige maintenant un franchiseur pancanadien. Comment vit-elle la différence ?

Après dix ans en affaires, elle dit se sentir très outillée pour attaquer le marché canadien. Elle souligne aussi avoir complété le programme de l’École de l’entrepreneurship, en Beauce. Elle en a gagné de nombreux outils, mais aussi plusieurs contacts, en plus du coaching qui lui a été prodigué.

Quant aux avantages de diriger un réseau national, Mme Raymond souligne qu’il lui sera plus facile d’accéder aux assureurs qui n’ont pas leurs sièges sociaux au Québec. Elle ajoute que plusieurs d’entre eux sont à la recherche de gens qui peuvent les servir à travers tout le pays.

« En ayant accès aux donneurs d’ouvrage et en écoutant leurs besoins, ça nous donne accès aux RFP (appels d’offres). Mon défi est d’adapter le style de gestion de Steamatic à chaque réalité régionale. Il ne faut pas oublier que les lois diffèrent selon les provinces. Ce ne sont pas toutes les provinces qui ont une Régie du bâtiment, comme au Québec. On doit faire nos devoirs avant d’aller s’implanter en force. Il faut trouver les bons partenaires franchisés. Il faut que ce soit une situation gagnante pour Steamatic, pour le franchisé et pour l’assureur. C’est par là qu’on va se démarquer », dit Mme Raymond.

Elle fait aussi remarquer qu’à l’échelle nationale, les bannières ont une plus grosse part de marché qu’au Québec, où des indépendants sont plus présents. « Pour Steamatic, c’est un avantage. La façon de faire de la bannière au Canada anglais est différente qu’au Québec. Même les assureurs qui ont des volumes au Québec et en Ontario ne traitent pas leurs sinistres de la même façon d’un côté et de l’autre de la rivière des Outaouais. »

Dynamiser l’image

Elle reconnait que redynamiser l’image de marque de Steamatic sera un défi. Certains associent encore l’entreprise au nettoyage de tapis ou encore au partenariat qu’elle avait il y a bien des années avec le détaillant Sears.

« Steamatic a amorcé ses activités au Canada comme manufacturier de machine de nettoyage de tapis. Elle détenait même certains brevets pour bâtir ces équipements. L’accent n’a pas été mis suffisamment sur le changement de cette image. Nous avons un plan et une stratégie pour casser cela. On doit informer notre clientèle de tous les services qu’on peut offrir. »

Mme Raymond souhaite aussi tirer pleinement profit de l’expérience de ses franchisés, notamment ceux situés hors Québec. Certains sont d’ailleurs franchisés avec Steamatic depuis plus de 35 ans.

« Ce sont des gens qui ont donné leur vie à leur entreprise. Ils ont une expertise et je veux les écouter ! Ils connaissent leur marché local et ils ont des idées. Il faut écouter ce que leurs clients leur disent pour voir si on peut ajouter des services additionnels à notre offre. »

Elle souligne aussi qu’une autre clé de sa transaction est le caractère entrepreneurial des franchisés qui constituent Steamatic. « En leur donnant des outils, du coaching, du soutien et de la formation, ils vont connaitre du succès à l’intérieur de leur entreprise. Ça va les faire croitre. J’ai énormément à apprendre d’eux. Si je n’ai pas leur confiance ou leur soutien, je n’arriverai à rien comme franchiseur. »

42 franchisés

Mme Raymond compte sur un réseau de 42 franchisés à travers le Canada, dont la majorité est au Québec. Steamatic Canada et ses franchisés emploient ainsi environ 400 personnes. Elle souligne toutefois avoir un pied à terre dans chaque province.

« C’est très insuffisant à mon point de vue. Il y a une part de marché à aller prendre. Il y a une demande pour des réseaux de qualité. »

Des 42 franchisés de Steamatic, trois proviennent de Première Générale. Les 13 autres n’ont pas suivi. La situation s’est envenimée au point que ce sont les tribunaux qui trancheront ce différend, qui implique aussi le siège social canadien First General. L’interprétation des contrats signés entre Mme Raymond et ses franchisés est au cœur du litige. Mme Raymond tient d’ailleurs à souligner qu’elle se considère « totalement indépendante » de Première Générale.

Malgré cette situation, Mme Raymond garde le cap sur son objectif de faire en sorte que Steamatic soit reconnue comme le réseau qui offre le service le plus exceptionnel au Canada. D’ici trois ans, elle dit souhaiter avoir gagné des parts de marché notables dans au moins trois autres provinces canadiennes que le Québec.

En mode acquisition

Elle se dit d’ailleurs en mode acquisition dans le marché de la restauration après sinistre. « Beaucoup de restaurateurs sont essoufflés, voire même découragés face à l’évolution du marché. Plusieurs se remettent en question. L’industrie de la restauration après sinistre en est une difficile. Il faut s’adapter. »

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