Pour permettre aux assureurs d’implanter la norme internationale d’information financière IFRS 9 des instruments financiers en même temps que IFRS 17 des contrats d’assurance, les membres de l’International Accounting Standards Board (IASB) ont décidé d’en reporter l’application pour qu’elles coïncident.
La date d’application d’IFRS 17 avait déjà été reportée d’un an, sous la pression des assureurs. Elle est désormais établie au 1er janvier 2022. Lors d’une réunion qui s’est déroulée le 9 avril à Londres, les membres de l’IASB ont confirmé les amendements à IFRS 17, incluant le report de IFRS 17, a révélé à FlashFinance.ca Christophe Burckbuchler, chef des stratégies d’assurance et des solutions IFRS 17 chez Moody’s Analytics. Ils réuniront ces amendements dans un exposé-sondage, a-t-il précisé.
« Le Conseil de l’IASB a aussi pris la décision d’étendre provisoirement l’exemption temporaire de IFRS 9 pour les assureurs, afin que les normes IFRS 9 et IFRS 17 puissent être appliquées en même temps », ajoute M. Burckbuchler. Le spécialiste des IFRS de Moody’s Analytics, en poste à Toronto, dit saluer ces décisions, « parce qu’elles donnent aux assureurs la clarté dont ils ont besoin pour aller de l’avant avec l’implantation d’IFRS 17 ».
Pas de ruée vers IFRS 17
L’IASB a dit ne pas avoir vu d’adoption prématurée d’IFRS 17, confie M. Burckbuchler, qui dit travailler étroitement avec ses clients dans leur projet d’implantation. « Nous observons jusqu’à maintenant que nombre d’assureurs ont démarré tôt leur parcours vers IFRS 17. Ils ont déjà consacré beaucoup de temps à comprendre la norme et ses impacts techniques, fonctionnels et opérationnels. Ils seront en bonne position pour la date butoir d’implantation », croit-il.
Accélérer malgré les défis de temps et de complexité
Christophe Burckbuchler laisse entendre que de nombreux défis expliquent la longueur des travaux autour du chantier IFRS 17. « Les assureurs doivent réunir en peu de temps différentes compétences et capacités, et pourraient devoir accélérer l’implantation pour respecter l’échéance », estime-t-il.
L’expert rappelle que les assureurs connaissent diverses fortunes dans leurs progrès d’implantation. « Certains sont très avancés ; d’autres en sont encore à analyser les écarts ; et certains n’ont pas vraiment commencé », note-t-il.
Autre défi majeur : la complexité de l’implantation. Elle dépendra entre autres de la taille des assureurs, croit M. Burckbuchler. « Plus la compagnie est grande, plus grande sera la complexité. Des multinationales avec des filiales dans diverses régions doivent composer avec le peu d’homogénéité des différents systèmes. Comme IFRS 17 recherche l’harmonisation, les assureurs devront gérer ces différents systèmes à travers toutes leurs affaires. »
Amener différentes professions à se comprendre
L’enjeu majeur sera, selon lui, d’amener les représentants de différentes professions à aller de l’avant dans le même état d’esprit. « IFRS 17 réunit des gens de diverses fonctions : actuariat, comptabilité, finances et technologie. La norme brise les silos et requiert beaucoup de coordination. Les comptables doivent comprendre les actuaires, et les actuaires doivent comprendre les comptables », fait valoir M. Burckbuchler. Le chef des stratégies d’assurance de Moody’s Analytics croit que les assureurs devront déployer une solution qui procure un environnement comptable et actuariel en un seul endroit.