Les tarifs d’assurance automobile ont toujours été un point sensible pour de nombreux Canadiens. Toutefois, la télématique peut donner à certains conducteurs une chance de réduire leurs tarifs.
C’est particulièrement vrai en Ontario, où le régulateur provincial permet dorénavant l’usage de la télématique en assurance automobile.
Des assureurs ont aussi accéléré leurs investissements à l’égard de la télématique. C’est notamment le cas d’Intact Corporation financière, qui est actionnaire de Metromile, une start-up d'assurance automobile établie à San Francisco qui propose une assurance au paiement selon l’usage à partir d’une application de conduite.
Cette application a aidé Intact à déterminer les prix en fonction de la façon dont les gens conduisent en termes de sécurité et de la quantité de conduite qu’ils conduisent, a reltaé Julie Nolette, vice-présidente d’Intact, au 20e symposium annuel sur les affaires réglementaires du Bureau d’assurance du Canada (BAC).
Intact a alors commencé à implémenter sa propre version : Ma Conduite. Alors que la pandémie de COVID-19 frappait, puis se prolongeait, un certain nombre d'assureurs canadiens ont remboursé leurs clients, aidant les conducteurs à réduire leurs tarifs, a aussi rappelé Mme Nolette.
Alors que les assureurs traditionnels s'efforçaient d'émettre des remboursements aux clients - un fardeau administratif pour beaucoup -, les opérateurs de télématique n'avaient rien à faire car ils pouvaient suivre l'utilisation en temps réel. « Les clients utilisant la télématique et conduisant moins, ont pu voir l’impact de suite. Dans certains cas, les économies atteignaient 70 %», dit Mme Nolette.
Au cours de la première vague de la pandémie de COVID-19 au Canada, le nombre de kilomètres parcourus par les Canadiens a diminué d'environ 50 %. Ce nombre a encore augmenté au cours de l'été, lorsque certaines entreprises ont pu ouvrir leurs portes, relate Mme Nolette.
Les variables à considérer
La vice-présidente d’Intact ajoute que l'industrie dépend toujours fortement de variables traditionnelles telles que le dossier de conduite et le lieu de résidence pour déterminer les couts. « Nous utilisons ces facteurs traditionnels pour déterminer un tarif de base, puis nous leur proposons le programme Ma Conduite en option pour bénéficier d'une réduction. »
Les chances qu'un nombre croissant d'assureurs adoptent la télématique est bien présent. Il y a un an, l’Ontario ne permettait l’usage de la télématique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
De plus, l'Autorité de réglementation des services financiers de l'Ontario (ARSF) qui a succédé à la Commission des services financiers de l'Ontario (CSFO) et a changé son modus operandi en un principe approche fondée sur des règles plutôt que sur des règles, a rappelé Bruce Green, directeur des opérations tarifaires à l'ARSF.
Alors, le gouvernement de l'Ontario serait-il ouvert à déterminer les taux d'assurance automobile en fonction principalement de la façon dont les résidents conduisent ? « Je ne pense pas que nous ayons jamais vu une situation au cours des 10 dernières années où l'intérêt des consommateurs pour la télématique ou la tarification basée sur l'utilisation n'a jamais été plus élevé. La disparité entre ce que les gens paient et le rendement présumé de cette prime mensuelle est remise en question plus que jamais par les conducteurs ontariens », dit-il.
Ainsi, les plus grands gagnants de la télématique seront probablement ceux qui travaillent à domicile ou qui empruntent le transport en commun sur une courte distance pour se rendre au travail, a-t-il ajouté.
M. Green a affirmé que l'ARSF envisagera de changer la façon dont l'assurance est actuellement calculée et de laisser les conducteurs de l'Ontario payer leur assurance comme ils le souhaitent. Même avant le COVID-19, l'ARSF a réduit les délais d'examen à 25 jours ou moins et a permis aux entreprises de réagir beaucoup plus rapidement aux conditions du marché.
Alors que la province s'efforce d'éliminer les obstacles réglementaires, les compagnies d'assurance devront réfléchir à la création d'un programme télématique qui diffère des offres de rabais actuelles, avec des modèles de tarification qui intègrent mieux les données sur les habitudes de conduite, a dit M. Green. Les assureurs peuvent ensuite apporter leurs modèles à l'ARSF et travailler en collaboration pour mettre leurs forfaits sur le marché.