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Protégez vos clients face aux maladies et invalidités sérieuses

par Rosemary McCracken | 14 juillet 2015 11h19

En 2008, alors qu’elle avait 45 ans, Cathy Preston a reçu un diagnostic d’arthrite rhumatoïde. Sa mère avait souffert de cette maladie, mais elle ne s’attendait absolument pas à être atteinte elle aussi. « J’ai toujours pensé que cela ne m’arriverait pas », affirme celle qui est aujourd’hui vice-présidente, assurances de personnes, chez RBC Assurances.

preston_cathy_articleMme Preston avait toutefois été bien préparée mentalement à une telle possibilité, par sa mère. « Ma mère a reçu son diagnostic à 36 ans. À l’époque, on ne traitait pas l’arthrite rhumatoïde comme aujourd’hui. Comme elle a dû cesser de travailler, notre famille ne pouvait désormais compter que sur un salaire. Voilà pourquoi elle a toujours insisté sur l’importance d’avoir de bonnes assurances. ‘Vous avez bien vu ce qui nous est arrivé’, disait-elle. »

Mme Preston disposait donc d’une protection invalidité et maladies graves. Elle a ainsi pu prendre un congé de trois mois après avoir été diagnostiquée. « À l’époque de ma mère, il était impensable de retourner au travail après trois mois. »

Cette expérience personnelle la convainc encore plus des bienfaits d’une assurance. « Nos études démontrent que 47 % des Canadiens savent qu’ils auraient des difficultés financières si leur paie était retardée ne serait-ce que d’une semaine. À quoi doivent s’attendre ceux qui ne seraient carrément plus capables de gagner leur vie? »

Les gens ont tendance à se dire que « cela n’arrive qu’aux autres », fait-elle remarquer. « Pourtant, selon Statistique Canada, un Canadien sur sept souffre actuellement d’un handicap, et un sur trois connaitra au moins une période d’invalidité de plus de 90 jours au cours de sa vie active. »

Le risque d’être frappé d’invalidité ou d’une maladie grave est cinq fois plus élevé que celui de mourir avant d’avoir 65 ans, dit Mark Halpern, président d’illnessProtection.com. « Malgré cela, nous sommes nombreux à avoir un faux sentiment de sécurité et à croire que le gouvernement prendra soin de nous, ou encore que le régime de notre employeur nous protège. »

Un sondage mené récemment par la société Edward Jones a fait ressortir un écart entre ce que les citoyens canadiens souhaitent faire et ce qu’ils font vraiment pour se protéger d’une perte de revenus imputable à une maladie ou un handicap et pour financer les coûteux soins qui leur seront nécessaires dans leurs dernières années de vie. Les personnes interrogées ont beau affirmer que leur qualité de vie une fois âgée et le bienêtre financier de leur famille constituent leurs deux grandes priorités, 77 % d’entre elles n’ont pas souscrit d’assurance invalidité, et 89 % n’ont pas contracté d’assurance de soins de longue durée ou contre les maladies graves. De plus, 36 % n’ont pas pris d’assurance vie afin de protéger les membres de la famille à leur charge en cas de décès.

« On constate incontestablement un écart entre les intentions et les gestes posés, dit James McKeown, spécialiste en assurance principal chez Edward Jones. L’assurance protège non seulement la sécurité financière de votre famille, mais aussi ce que vous avez bâti à la sueur de votre front. »

Assurance invalidité et maladies graves

L’assurance invalidité permet au client d’obtenir une allocation mensuelle non imposable s’il est incapable de faire son travail de façon permanente ou temporaire en raison d’un accident ou d’une maladie. La plupart des polices d’assurance invalidité de longue durée accorderont cette allocation jusqu’à ce que le client ait 65 ans, signale Susan St. Amand, présidente fondatrice de Sirius Financial Services.

« Le conseiller financier devra s’assurer que son client accumule une épargne suffisante et dispose d’une stratégie de placement tenant compte des besoins qu’il aura après 65 ans. Il peut aussi être approprié de prévoir une assurance vie qui prendra soin de ceux qu’il laisse derrière lui, en cas de décès », ajoute-t-elle. L’assurance invalidité n’est qu’un élément de ce que l’on peut obtenir en prestations du vivant. L’assurance maladies graves en est une deuxième : celle-ci permet au client de recevoir un montant forfaitaire si on lui diagnostique une maladie grave. De nombreuses polices couvrent le cancer, les crises cardiaques, les pontages coronariens et les AVC; certaines y ajoutent d’autres maladies. Le client peut utiliser l’argent reçu comme bon lui semble, par exemple pour rénover sa maison.

Micheline Varas, directrice associée et vice-présidente principale de la firme vancouvéroise CustomPlan Financial Advisors, a été plus d’une fois témoin de l’importance d’avoir une assurance maladies graves. Elle se rappelle notamment d’une mère célibataire qui a dû s’absenter durant plusieurs mois du travail parce qu’elle souffrait d’un cancer du sein.

« Deux années plus tôt, elle s’était procuré une assurance maladies graves de 25 000 $, raconte Mme Varas. La somme n’était pas énorme, mais cela lui a permis de continuer de payer son hypothèque, la gardienne, une femme de ménage et divers autres travaux qu’elle n’aurait pas eu la force de faire elle-même. Elle a ainsi pu passer au travers d’une période extrêmement stressante de sa vie, le tout sans complètement bouleverser la vie de ses enfants. On oublie parfois que même une petite assurance peut compter. »

La prestation de maladies graves peut aussi servir à un conjoint qui voudrait laisser son emploi pour prendre soin d’un titulaire de police en phase terminale, ajoute madame St. Amand. « Le conjoint qui devient aidant naturel se retrouve bien souvent privé de revenus. »

Les assurances invalidité et maladies graves sont des éléments clés d’une bonne planification financière, signale Audrey McFarlane, conseillère financière aux bureaux d’Edward Jones. Lorsqu’elle commence à travailler avec un nouveau client, elle vérifie les actifs dont il dispose, y compris les prestations du vivant dont il peut profiter en fonction du régime offert par son employeur. Elle établit ensuite les objectifs qu’il pourrait avoir, pour produire un plan financier.

« L’assurance doit y avoir une place, dit-elle. Qu’arrivera-t-il à mon client s’il cesse d’avoir des revenus à cause d’une invalidité ou d’une maladie grave? Il devra puiser dans les fonds qu’il a mis de côté en prévision de sa retraite. » Elle précise qu’il est important de revoir la planification financière d’un client – notamment ses prestations du vivant – à chaque grande étape de vie.

La plupart des Canadiens n’ont pas assez d’argent de côté pour réussir à passer ne serait-ce que quelques mois sans revenus, estime Joe Wellman, vice-président adjoint, distribution de prestations du vivant, de Canada-Vie. Il cite à cet égard un rapport de Statistique Canada publié en mars dernier, qui fait état d’un nouveau niveau d’endettement record : les Canadiens dépensent actuellement 1,63 $ par dollar gagné.

Incidence financière plus importante

« Quand les revenus cessent d’entrer, l’incidence financière est encore plus importante du côté des clients à revenus élevés, calcule-t-il. Le jeune qui exerce une profession libérale lui rapportant 120 000 $ par année pourra avoir perdu 3,6 millions de dollars à 65 ans s’il se retrouve en invalidité de longue durée à 35 ans, ajoute-t-il. Et ce chiffre ne tient pas compte de l’augmentation du cout de la vie. »

Les clients qui ont accès à des prestations du vivant en vertu d’un régime collectif au travail ont intérêt à vérifier la protection dont ils disposent, avertit Paul Lalonde, vice-président et directeur national du groupe-conseil sur la planification successorale et l’assurance de Services financiers BMO Nesbitt Burns. Ils doivent établir quel pourcentage de leur salaire est couvert par le régime. Il mentionne en outre que certains régimes plafonnent à 3 000 $ ou 5 000 $ par mois.

« Cette somme pourrait ne pas suffire au maintien du niveau de vie de certains clients à rémunération élevée. Il sera alors peut-être avisé de compléter le régime en place par une protection personnelle. »

Les travailleurs autonomes et les propriétaires de petite entreprise sont particulièrement vulnérables, puisqu’ils ne disposent pas de protection de l’employeur, ajoute M. Lalonde. « De plus, il n’est jamais facile de parler de prestations du vivant à des jeunes : ils sont en plein dans leurs paiements d’hypothèques et l’épargne pour les études des enfants et on leur propose une dépense additionnelle! Or, c’est exactement les gens comme eux qui ne pourraient pas sortir indemnes d’une année sans revenus. »

« On ne penserait jamais à ne pas assurer une maison ou une automobile, mais plein de gens disent que l’assurance-revenu coute trop cher », ajoute Mme St. Amand.

M. Lalonde suggère aux conseillers d’explorer d’autres outils pouvant convenir aux clients à court d’argent. On trouve par exemple des assurances maladies graves qui ne couvrent que les trois principales maladies (soit cancer, crises cardiaques et AVC), « car environ 90% des demandes d’indemnisation sont liées à ces maladies. »

Le client peut aussi réduire la protection obtenue, dit-il. « Une protection, quelle qu’elle soit, vaut mieux que pas de protection du tout. »

L’absence d’accès aux prestations du vivant est encore plus grave que l’absence d’assurance vie, explique M. Wellman : « Privé de revenus, le client ne pourra plus prendre soin de sa famille, et il devra en plus payer pour que l’on s’occupe de lui. »

Micheline Varas souligne que les assurances invalidité et maladies graves peuvent constituer une forme d’épargne. « De nombreux régimes offrent une garantie de remboursement des primes dont on peut se prévaloir si aucune demande d’indemnisation n’a été présentée durant un certain nombre d’années. Les primes non imposables sont alors remboursées, et cet argent pour aller grossir les fonds mis de côté pour les études des enfants ou la retraite du titulaire. Le client s’offre ainsi un filet de sécurité à deux volets. »

Susan St. Amand mentionne que le conseiller doit revoir la composition du portefeuille de son client lorsque celui-ci est atteint d’une invalidité ou d’une maladie grave. « Le profil de risque du client peut changer. S’il est frileux face au risque, il voudra des placements moins risqués qui, par conséquent, rapportent moins. »

Assurance de soins de longue durée

L’assurance de soins de longue durée est le troisième élément d’un programme de prestations du vivant. Il permet de financer des soins continus dans diverses situations, à domicile ou dans un établissement de soins, aux personnes incapables d’effectuer des activités courantes de la vie quotidienne, comme marcher, s’habiller, se laver, se nourrir, aller aux toilettes et passer de son lit à une chaise.

Au Canada, l’assurance soins de longue durée n’a pas décollé aussi bien qu’aux États-Unis, où les primes sont déductibles d’impôt. Mme Varas attribue cet état de choses à la naïveté avec laquelle bon nombre de Canadiens comptent sur le gouvernement. « Beaucoup de Canadiens croient encore que les programmes du gouvernement les aideront s’ils doivent payer des soins de longue durée », dit-elle.

« De nombreux autres ne sont pas conscients des différents niveaux de soins qui peuvent s’avérer nécessaires, ajoute Mme St. Amand. C’est donc peut-être un peu la raison pour laquelle on ne comprend pas toujours à quoi on s’expose en ne se protégeant pas. »

« L’assurance soins de longue durée vous procure la tranquillité d’esprit, dit Micheline Varas. Elle vous permet de savoir que vous resterez maître de la façon dont on prendra soin de vous lorsque vous serez en fin de vie. Votre dignité et votre autonomie seront préservées. Et vous pourrez probablement réduire de beaucoup vos dépenses en soins. »

Comme notre population vieillit et développe des problèmes de santé liés à l’âge, les dépenses en soins procurés dans les dernières années de vie vont sûrement augmenter. « Nous avions l’habitude de dire que les personnes bien nanties n’avaient pas à se soucier de prendre une assurance en soins de longue durée, fait remarquer Mark Halpern. Or, un établissement de soins de longue durée qui coute actuellement entre 4 000 $ et 10 000 $ par mois va sûrement doubler ses prix dans quelques années. Même les gens fortunés commencent à le remarquer et à se demander ce qui peut être fait. »

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