L’Institut canadien des actuaires (ICA) conseille aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de faire passer l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans.
L’organisme, porte-parole des actuaires du Canada, ouvre la discussion dans un document publié en avril dernier intitulé Une retraite reportée pour des prestations plus élevées : adapter les programmes de retraite d’aujourd’hui aux réalités de demain.
Des changements globaux
L’ICA recommande aux législateurs de reporter l’âge auquel les prestations de retraite sont versées, et ce pour l’ensemble des régimes de retraite en place. Cela aurait pour conséquence d’assurer la viabilité des différents régimes tout en permettant aux Canadiens de percevoir des sommes plus élevées à la retraite, dit l’organisme.
Voici ce que l’ICA préconise pour :
- Le programme de la Sécurité vieillesse (SV) : âge de la retraite fixée à 67 au lieu de 65 ans pour permettre aux Canadiens de recevoir des prestations qui seront 14,4 % plus élevées au moment de prendre leur retraite. « D’après le niveau de janvier 2019, la prestation mensuelle maximale passerait de 601 $ à 688 $, soit 87 $ de plus. » L’âge maximal de départ à la retraite serait fixé à 75 au lieu de 70 ans.
- Le Régime de pensions du Canada (RPC) ou Régime de rentes du Québec (RRQ) : retraite à 67 au lieu de 65 ans, afin que les Canadiens reçoivent des prestations de retraite 16,8 % plus élevées. « D’après les niveaux de 2019, la prestation mensuelle cible passerait de 1 155 $ à 1 349 $, soit une augmentation de 194 $. » La retraite anticipée serait fixée à 62 au lieu de 60 ans et l’âge maximal de départ à la retraite à 75 au lieu de 70 ans.
- Les régimes de retraite des employeurs et les Régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) : âge maximal du premier versement d’un revenu provenant d’un REER fixé à 75 au lieu de 71 ans et possibilité pour les employeurs de fixer l’âge cible de la retraite à 67 au lieu de 65 ans. « Les options de retraite reportée offrent aux Canadiens une plus grande souplesse pour gérer leurs épargnes de retraite », argumente l’ICA.
Une augmentation progressive
L’ICA ne souhaite pas que l’âge de départ à la retraite soit modifié de façon abrupte. Il recommande plutôt une instauration en douceur. « Ces changements pourraient être mis en œuvre de façon progressive au fil du temps, par exemple en augmentant l’âge cible de la retraite de trois mois chaque année entre 2021 et 2029. ».
L’organisme a par ailleurs indiqué qu’il souhaitait « avoir l’occasion de travailler en partenariat avec les gouvernements pour peaufiner cette proposition ».
Longévité, cout de la vie…
Pour l’Institut des actuaires canadiens, reporter l’âge de la retraite est nécessaire afin de répondre aux « réalités de demain ». Cela permettrait de réduire le risque de longévité qui pèse sur les régimes de retraite publics et privés du fait de l’allongement de l’espérance de vie des Canadiens.
De plus, ce report permettrait aux employeurs de contrer la pénurie de travailleurs ou encore aux Canadiens de mieux faire face à la hausse du cout de la vie une fois à la retraite, avance l’ICA.