Après trois mois d’embellie, la rentrée de septembre semble avoir eu un impact sur la santé mentale des travailleurs canadiens, constate la firme Solutions Mieux-Être LifeWorks dans la plus récente édition de son Indice de santé mentale

De juin à août 2021, l’Indice de santé mentale (ISM) a progressé et a même atteint son plus haut niveau, tout en étant négatif (-9,7), depuis avril 2020. 

L’ISM s’est établi à -10,3 en septembre comparativement au score de référence antérieur à la pandémie. Tous les scores secondaires de l’ISM, hormis ceux relatifs à l’isolement et au risque financier, ont chuté par rapport au mois dernier. 

Trop de stress 

Parmi les répondants qui ont quitté leur emploi durant la pandémie, 18 % affirment l’avoir fait en raison d’un stress accru au travail.

Dans le même groupe des répondants qui ont quitté leur emploi, 16 % d’entre eux ont dû le faire en raison de leur statut de proche aidant. Ce groupe obtient le pire score de santé mentale (-28,4) de tout l’Indice de septembre. 

Plus du tiers (35 %) des répondants songent à quitter leur emploi ou hésitent à le faire. Leur score de santé mentale est de 10 points inférieur à ceux qui ne l’envisagent pas. 

Dans le même sondage mensuel mené en août 2021, LifeWorks avait constaté que la pandémie avait affecté le sentiment d’appartenance à leur employeur des salariés canadiens. 

Des participants plus vulnérables 

Les participants qui n’ont pas de fonds d’urgence obtiennent de nouveau un score de santé mentale moins élevé (-23,8) que l’ensemble du groupe. En conséquence, le score des répondants qui ont un tel fonds (-5,7) est supérieur.

Les participants qui ont des enfants de même que les gestionnaires sont plus susceptibles que les autres membres de leur cohorte de quitter un emploi qu’ils aiment pour un meilleur salaire.

Plus d’un répondant sur cinq quitterait un emploi où il est heureux pour obtenir une augmentation de salaire de 10 % ou moins. Ce groupe obtient l’un des scores de santé mentale les moins élevés. 

Santé psychologique et climat de travail 

LifeWorks évalue aussi la perception des participants à l’égard de leur niveau de santé psychologique global. En septembre, ce score était de -3,3 par rapport au score de référence antérieur à 2020, mais il s’est amélioré comparativement au creux de -4,0 enregistré en janvier 2021. 

Lorsqu’on demande aux participants quels changements ils aimeraient voir au travail, près d’un participant sur trois (32 %) mentionne la flexibilité de son horaire de travail. Autre changement souhaité par 29 % des répondants : la flexibilité pour leur lieu de travail. Un participant sur six (17 %) dit vouloir plus de soutien ou un meilleur soutien en ce qui a trait à son mieux-être personnel. 

Les participants qui se décrivent comme travailleurs autonomes ou propriétaires uniques ont le score de santé mentale le plus élevé (-6,3). Les répondants qui travaillent pour des entreprises comptant entre 51 et 100 employés ont le score de santé mentale le plus faible (-13,8). 

Le poids de l’incertitude 

Selon le président et chef de la direction de Solutions Mieux-Être LifeWorks, Stephen Liptrap, « les changements constants au travail et l’incertitude face à̀ l’avenir continuent d’augmenter la tension mentale chez les employés ».

« Favoriser une culture solidaire dans le cadre de laquelle on aborde la question de la santé mentale et fournir des ressources pour répondre aux besoins dans ce domaine sont des premiers pas formidables. Les employeurs doivent se rendre compte que leurs employés songeront à quitter leur travail s’ils n’obtiennent pas de soutien », ajoute-t-il. 

De son côté, Paula Allen, directrice mondiale et première vice-présidente, recherche et mieux-être global chez LifeWorks, souligne que « pour favoriser un milieu de travail sain, il est impératif que les employeurs ne s’arrêtent pas uniquement aux politiques pour considérer les besoins et les désirs de leurs employés, mais qu’ils leur offrent également des occasions régulières de communiquer leurs pensées et leurs émotions dans un environnement sûr et exempt de préjugés ». 

Méthodologie 

Le rapport de septembre est basé sur des données recueillies dans un sondage en ligne mené auprès de 3 000 Canadiens occupant un emploi ou qui l’ont été dans les six mois précédents, entre les 2 et 10 septembre 2021. Les mêmes participants répondent chaque mois au sondage.

L’Indice est publié depuis avril 2020 et les données de référence ont été recueillies entre 2017 et 2019. Pour démontrer la variation, les scores du mois courant sont comparés avec le score de référence et avec ceux du mois précédent. 

LifeWorks publie aussi une version trimestrielle de son Indice de mieux-être financier, dont la plus récente édition a montré l’impact de la pandémie sur les salariés.