Les assureurs devront miser sur l’automatisation intelligente et l’infonuagique s’ils veulent espérer implanter IFRS 2017 à temps pour 2022.

Recourir aux technologies intelligentes d’automatisation et à l’infonuagique aidera les assureurs à combler le manque de ressources internes pour implanter la norme internationale d’information financière sur les contrats d’assurance (IFRS 17) à temps pour la date butoir du 1er janvier 2022, selon la firme comptable PwC.

Dans un article publié dans la revue financière de MSA Research au premier semestre de 2019, Owen Thomas, partenaire de PWC à Toronto, signale que des lacunes se font sentir malgré que la transition vers IFRS 17 soit bien partie dans l’industrie canadienne de l’assurance. Même les grands joueurs qui ont pris de l’avance sur les autres en souffrent, ajoute celui qui dirige des projets de transitions vers IFRS, en collaboration avec des assureurs canadiens et des groupes de travail internationaux.

Les technos en renfort de la pénurie de main-d’œuvre

Manque de moyens et de ressources en comptabilité, en actuariat et en technologie figurent au chapitre des lacunes que soulève M. Thomas. Il signale que les ressources internes manquent, mais aussi la disponibilité de solutions technologiques de la part des fintechs. Ces lacunes freinent le progrès des principaux assureurs du marché canadien, selon lui. Le recours aux technologies intelligentes d’automatisation et l’infonuagique permettraient toutefois aux assureurs de pallier le manque de ressources internes, en permettant par exemple aux assureurs d’éviter la duplication des activités d’implantation d’IFRS 17.

Comment s’insèrera le projet de transition dans la stratégie informatique de l’entreprise? Où seront emmagasinées les données accumulées sous IFRS? Comment y accèdera-t-on? Utiliserez-vous l’infonuagique ou vos systèmes en place pour concevoir et intégrer les nouveaux systèmes? « L’alignement de ces éléments est la clé pour minimiser la duplication des efforts maintenant et à l’avenir, particulièrement au moment où les assureurs entrent dans la phase de concevoir leurs projets et d’évaluer les solutions technologiques de fournisseurs potentiels », croit Owen Thomas.

Tous les assureurs devront aussi prévoir un certain degré d’automatisation, ne serait-ce que pour compresser le temps ou réduire le nombre d’employés à affecter aux activités de transition. M. Thomas entrevoit que des assureurs iront au-delà d’une automatisation de routine : ils utiliseront l’automatisation intelligente, « pour augmenter la prise de décision humaine et libérer toute la valeur des données ».

Les retardataires pressés par le BSIF

La pression monte d’ailleurs d’un cran pour les retardataires, alors que le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) demande des comptes à l’industrie tous les six mois sur ses progrès dans l’implantation d’IFRS 17. « Cela a créé un certain momentum chez les autres assureurs, qui pourraient en être à leurs premiers pas dans cette aventure », écrit le partenaire de PwC.

Partie à cette veille préventive, la série des Études d’impact quantitative (EIQ) devenue exigence règlementaire pour les assureurs depuis la crise de 2008 culmine. Dans sa dernière demande de rapport d’EIQ pour le premier semestre de 2019, le BSIF demande en effet aux assureurs d’estimer les impacts qu’aura sur eux la transition vers IFRS 17.