Si un assureur ne réagit pas rapidement lors d’un sinistre environnemental, cela a des conséquences importantes sur les milieux touchés.
C’est ce qu’ont expliqué Marie-Josée Bhérer et Éric Pinard, respectivement PDG et directeur, assurance qualité, et expert technique chez Laforge Environnement en entrevue au Portail de l’assurance. L’entreprise a notamment pour objectif d’aider les compagnies d’assurance à régler les dommages environnementaux causés par leurs assurés.
« Si les assureurs se rendent sur place, vont constater l’ampleur des dégâts et vont voir qu’est-ce qui en est, on a déjà perdu beaucoup de temps. Les grandes compagnies d’assurance savent ce qu’elles ont à faire », dit Mme Bhérer, qui croit que si rien n’est fait sur-le-champ, cela ne peut que s’empirer.
Pour la présidente de Laforge Environnement, les compagnies ayant une plus grande liste de fournisseurs contactent les consultants plus rapidement. Un processus à l’interne est donc primordial en ce qui concerne les interventions environnementales, dit-elle.
« Cela doit leur sonner une cloche, affirme-t-elle. Aussitôt que les assureurs entendent le mot environnement, ils devraient communiquer avec un consultant spécialisé dans ce type de sinistre. »
Parfois, cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant qu’un assureur soit mis au courant, relate Éric Pinard. Un autre délai peut ainsi s’ajouter avant qu’un consultant en matière d’environnement soit contacté. « Quand on arrive une semaine après les faits, c’est plus difficile. »
Il donne en exemple le cas des déversements dans un cours d’eau. «Plus on est rapide, plus c’est concentré. On aime mieux travailler sur le concentré que sur le dilué. Quand on travaille sur le dilué, les couts explosent. Donc, plus on intervient rapidement, mieux on peut encadrer les gens au niveau de l’intervention », ajoute M. Pinard.
Peu d’experts en la matière
Au sein des compagnies d’assurance, il n’y a pas beaucoup d’experts en environnement, affirme les experts de Laforge Environnement. « Il n’y a pas beaucoup d’experts en sinistre qui possèdent toutes les compétences et qui sont capables de respecter le guide d’intervention au niveau des terrains contaminés. Ce n’est pas leur travail de faire ça », dit Marie-Josée Bhérer.
Cette dernière affirme que les compagnies spécialisées en environnement sont contactées par l’expert en sinistre afin qu’elles puissent évaluer l’ampleur des dégâts sur les milieux touchés. « On est le premier call de l’expert en sinistre, et ce, aussitôt qu’il y a des dommages en environnement. On est leur expert, on les accompagne dans cette démarche-là. »
Le rôle de l’expert en sinistre est parallèle à celui d’un consultant en matière d’environnement comme Laforge Environnement, souligne Mme Bhérer. Il doit se poser des questions comme : « qu’est-ce qui s’est passé ? » et « quels sont les volumes déversés ? » tout en s’assurant d’avoir les bonnes informations parce qu’il aura à travailler sur l’aspect de la responsabilité en lien avec son assuré, explique-t-elle.
Pour Éric Pinard, il est normal qu’un expert en sinistre ait une liste plus importante de fournisseurs de services après incendie ou inondation, par exemple, que de consultants en environnement.
Il croit toutefois que les experts sont de mieux en mieux formés et que les exigences en matière d’environnement deviennent de plus en plus restrictives et encadrées. Il donne pour exemple la nouvelle règlementation en ce qui a trait au déplacement des sols contaminés excavés.