Vice-président régional au développement des affaires de Croix Bleue Medavie, Pierre Marion passera le flambeau en deuxième moitié de 2022, laissant à la relève la suite des activités qu’il a menées pendant plus de 33 ans au sein de l’assureur spécialisé en assurance collective.
M.Marion a amorcé sa carrière à Croix BleueMedavie en 1989, à titre de directeur de marché. Il a accédé au poste de vice-président régional, développement des affaires de l’assureur en 2018. Pour assurer la transition avec la relève, il restera en fonction à temps partiel durant les six prochains mois. « Deux jours semaine », a précisé M. Marion.
Figure connue du réseau de distribution, M. Marion est réputé pour ses prises de position publiques sur différents enjeux d’assurance collective et de société. Il a notamment agi comme conférencier au Congrès de l’assurance de personnes à plus d’une reprise, et lors du Congrès Collectif 2021, deux événements du Journal de l’assurance.
Au Congrès Collectif de mars 2021, il a parlé de santé connectée. Selon lui, la consultation numérique permet de faire connaître des traitements émergents, tels que la thérapie cognitivo-comportementale en santé mentale (Journal de l’assurance d’avril 2021, page 38).
La pandémie a pesé
Pierre Marion dit éprouver du plaisir à travailler avec son équipe à la conception (design) et à la distribution des régimes collectifs, pendant des années. Or, il a senti le moment venu de planifier la relève. « Je ne cacherai pas que la pandémie a probablement accéléré ma décision. Passer entre 7 et 8 heures par jour devant mon écran n’entrait pas dans la description de tâches que je voyais à long terme. »
À 66 ans, M. Marion réfléchit maintenant à ce que seront ses prochaines années. En blaguant, il raconte les propos d’amis : « Si tu préfères luncher avec tes collègues plutôt que de venir faire du ski avec nous un mardi matin, on comprend… » Ce trait l’a fait réfléchir encore plus.
M. Marion s’est aussi soucié de la relève.« Nous avons des gens super compétents qui seront capables de prendre des responsabilités, de continuer et même d’améliorer », dit celui qui a embauché presque tous les membres de son équipe actuelle.
Des régimes plus flexibles
Pierre Marion laisse un secteur qu’il dit avoir vu progresser pour le mieux. « Il y a eu énormément d’avancées dans le domaine de l’assurance collective », souligne-t-il. Parmi elles, il cite la conception des régimes, qui sont devenus plus flexibles.
Cette évolution a aussi rendu disponibles aux employeurs un grand nombre de solutions pour soutenir la gestion de la santé de leurs employés. « Ne serait-ce que prendre conscience à quel point il est important d’équiper les employés pour les aider à gérer toute la question de la santé mentale », dit le vice-président du développement des affaires de Croix Bleue Medavie.
Il signale aussi la technologie développée pour faciliter les transactions, non seulement en réclamations mais aussi envers les services de santé numériques. La gestion des invalidités et l’accompagnement des gens touchés ont aussi avancé de façon importante, selon lui. « L’industrie a mis de l’importance sur des éléments qui préoccupent les employeurs au niveau de la santé de leurs employés, notamment en santé mentale. »
De la fierté
Il quittera avec un sentiment de fierté après tout ce qui a été accompli par son organisation. Les résultats sont là, et les nouveaux partenariats aussi. Il rappelle avoir largement profité de sa tribune publique : « C’était important pour moi d’apporter une contribution à l’amélioration de l’industrie, de participer aux forums publics et à des discussions qui participent à améliorer le secteur de l’assurance collective. »
Ce qui restera crucial après son départ : les assureurs en collectif doivent contribuer à la santé des employés de leurs clients. « L’assureur n’est pas responsable de la santé des employés, mais il est responsable de mettre des outils à leur disposition pour qu’ils puissent gérer leur santé et en devenir maîtres. C’est le but ultime ! Il y a aussi énormément d’éducation et de communications à faire auprès d’eux pour y parvenir », dit Pierre Marion.
Les outils santé rapportent
Le coût des régimes demeurera toujours une préoccupation, d’après lui. « On a mis énormément l’accent sur la gestion des coûts en assurance collective. Mais ce dont il faut s’assurer, c’est que chaque dollar que l’on met dans un régime rapporte en fin de compte. » Il songe à l’efficacité que dégage un outil qui permet à l’employé de gérer sa santé : « Un employé plus heureux, plus performant, plus engagé aura plusieurs retombées positives sur l’organisation. »
Qu’apportent ces solutions concrètement ? « On voit de plus en plus d’adhésion et d’acceptabilité de l’importance d’outiller les employés. En santé mentale, de plus en plus d’employeurs offrent des services supplémentaires, des montants admissibles plus importants pour permettre aux employés de gérer leur stress. »
Conseil à valeur ajoutée
Le rôle de l’assureur et du conseiller en assurance collective sera d’apporter davantage de valeur et non seulement de répondre aux demandes de contrôler les coûts, croit Pierre Marion. Selon lui, il est encore plus important de proposer aux employeurs des solutions susceptibles de les intéresser, compte tenu de la valeur ajoutée qu’elles leur apporteront. Henry Ford avait dit au début du XXe siècle : « Si j’avais demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ils m’auraient répondu des chevaux plus rapides », relate M. Marion. « Ford n’a pas fait des chevaux plus rapides, il a développé l’automobile ! »
En particulier, le conseiller en assurance collective devra se demander quelle valeur ajoutée il apporte à l’employeur. Il devra lui poser la question « quel est l’objectif de votre régime d’assurance collective ». S’agit-il pour le client d’implanter un régime pour faire comme les autres ou pour accompagner les employés vers une meilleure santé ? Pierre Marion songe aux milliers d’applications de soutien en santé mentale qui encombrent le marché. Laquelle conviendra le mieux à la situation de l’employeur et de ses employés? « Seul son conseiller peut l’aider à choisir celles qui lui conviennent ».
Repenser le travail
Forcée par la pandémie, une opportunité extraordinaire se profile dans le futur, observe Pierre Marion : celle de revoir toute l’organisation du travail en entreprise. « Toutes les entreprises ont actuellement des problèmes de recrutement, d’engagement et de rétention des employés. Il y a un roulement jamais vu dans le passé. »
L’organisation du travail sera repensée par les employeurs avec la collaboration des employés, afin de s’assurer d’un recrutement durable. « Personne ne reviendra à temps plein au bureau. Une nouvelle organisation se mettra en place et un équilibre va s’installer. Au début, tous applaudissaient au télétravail, heureux d’éviter les bouchons de circulation et de réduire leurs dépenses. Puis, des gens ont commencé à ressentir la pression de travailler à distance et la fatigue de l’écran », relate M. Marion.
« Pour être efficace, il faut être efficace longtemps, et pour être efficace longtemps, il faut décrocher de temps en temps », a l’habitude de dire M. Marion à ses collègues. On a demandé beaucoup de résilience aux employés, poursuit-il. « On leur a demandé de s’adapter. Les organisations devront aussi faire preuve de résilience et s’adapter selon les nouvelles conditions qui leur permettront d’être efficaces », croit Pierre Marion.