Des analystes de Morningstar DBRS se sont réunis récemment dans le cadre d’un webinaire pour discuter de l’impact que pourrait avoir l’essor des ventes de véhicules hybrides et à émission zéro sur les primes d’assurance automobile au Canada. 

Les taux augmentent, disent-ils, et les conducteurs de véhicules électriques (VE) doivent s’attendre à payer davantage pour leur assurance lorsqu’ils commenceront à remplacer leurs véhicules à moteur à combustion interne (MCI). Ils affirment également que les assureurs devront ajuster leurs modèles de tarification à mesure que les données sur les sinistres liés aux VE seront générées. 

« Le marché canadien de l’assurance automobile se distingue des autres pays par le fait que les polices d’assurance sont fortement réglementées par les gouvernements provinciaux. Cela pourrait contribuer à atténuer l’impact des augmentations de tarifs, mais il est probable que les tarifs continueront à augmenter au fil du temps », selon les auteurs. 

Coûteux à réparer 

Les véhicules sont plus chers à assurer parce qu’ils sont coûteux à réparer et que les techniciens nécessaires pour les réparer sont « trop peu nombreux », explique Victor Adesanya, vice-président des notations d’assurance pour l’Amérique du Nord chez Morningstar DBRS. « Les compagnies d’assurance doivent payer pour les pièces supplémentaires coûteuses et aussi pour l’expertise nécessaire à leur réparation. » Le coût des batteries pousse également les assureurs à déclarer une perte totale pour des véhicules avec peu d’autres dommages, car le coût d’une nouvelle batterie peut dépasser le coût total d’un nouveau VE. 

Les auteurs affirment que la transition vers les VE a été plus lente au Canada que dans certaines juridictions européennes en raison des différents niveaux d’incitation. Au Canada, ils ajoutent que des raisons plus pragmatiques incluent les problèmes d’autonomie et les variations de température qui affectent les performances de la voiture. « Je pense qu’il y a encore de la place pour que le produit lui-même se développe davantage », indique Robert Streda, vice-président senior, industries diversifiées chez Morningstar DBRS. 

Au Canada, l’assurance automobile étant réglementée par les provinces, les consommateurs ne subiront pas de hausse brutale à deux chiffres, car les autorités de réglementation sont habilitées à rejeter ces décisions.

« Ce sera un facteur d’atténuation pour les augmentations de tarifs », déclare M. Adesanya. 

« Je pense que le nombre de VE n’est pas encore assez important pour changer le marché », ajoute-t-il. « Pour ceux qui ont eu un accident de voiture ou un mauvais dossier de conduite, ils verront peut-être leurs primes augmenter, mais jusqu’à présent, le secteur n’enregistre pas de hausses de tarifs significatives à cause des VE. Parce qu’il n’y en a pas assez pour l’instant », explique-t-il. 

« D’ici cinq à dix ans, on commencera à voir des changements sur le marché, car les gens commenceront à remplacer leurs vieux véhicules par de nouveaux. »