MENU

Voiture sans conducteur : les 10 questions qu’il faut se poser (1/2)

par Mathieu Carbasse | 19 janvier 2016 13h38

Dans le cadre d’un événement organisé récemment par Belron Canada, différents experts se sont prononcés sur l’avenir de l’industrie automobile et sur l’arrivée imminente sur le marché des véhicules autonomes. Ensemble, ils ont clarifié certaines idées reçues et soulevé des points qui seront au cœur des réflexions de l’industrie de l’assurance dans les mois et les années à venir.

 

1) De quoi parle-t-on exactement?

Afin de faire face aux enjeux de sécurité, les fabricants automobiles ont mis sur pied des systèmes assez intelligents pour éviter les accidents. Ces systèmes de sécurité peuvent être embarqués à bord des véhicules ou reposer sur la communication entre véhicules. On parle alors de « connectivité des automobiles ».

Une voiture connectée est donc capable de donner au conducteur, ainsi qu’aux autres véhicules, des informations en temps réel. Elle nécessite toutefois une présence humaine derrière le volant.

Une voiture autonome (sans chauffeur), en revanche, est une voiture capable de rouler automatiquement et en toute autonomie dans le trafic réel et sur une infrastructure non spécifique sans l'intervention d'un être humain.

 

2) La vente au grand public : c’est pour quand?

2020 pour certains, 2030 voire 2035, pour d’autres, les avis sont partagés. Toutefois, une chose est sûre : l’arrivée des véhicules autonomes va bouleverser nos habitudes de transport et mieux vaut s’y préparer le plus tôt possible. Certains métiers sont même appelés à disparaitre (chauffeur de taxis, de camions, etc.).

« Je sens encore un décalage entre les promesses de l’industrie et les attentes des consommateurs », rappelle Marc-Antoine Legault, gestionnaire du programme ARION à l’Institut du véhicule innovant (IVI). Il reste donc « un step à faire, un gap à combler ».

 

3) Les constructeurs automobiles ont-ils suivi le mouvement?

Oui, Google et sa voiture intelligente ne sont donc pas seuls au monde.

Nombreux sont les constructeurs automobiles à s’être lancés dans le développement de voitures autonomes parmi lesquels Volvo, Volkswagen, Ford, GM ou encore Continental. Certains fabricants introduisent déjà des caméras embarquées comme un élément standard de leur flotte.

De leur côté Chrysler ou BMW ont récemment acheté des entreprises de cartographie, technologie essentielle au développement des véhicules automatisés.

 

4) L’arrivée des voitures sans conducteur va-t-elle entrainer une diminution du nombre d’accidents sur les routes?

Les recherches ont montré que 95% des accidents de la route sont liés à une erreur humaine. Comme le souligne le chroniqueur automobile, Gabriel Gélinas, « les accidents d’automobile, ça n’existe pas. Seuls existent les accidents d’automobilistes ».

Aussi, en aidant le conducteur grâce à de nombreux systèmes d’aide à la conduite, les véhicules autonomes devraient permettre de réduire le nombre de victimes sur les routes.

Selon Soumaya Cherkaoui, professeure à l’Université de Sherbrooke, on estime qu’une proportion de seulement 10 à 20 % de voitures autonomes suffira pour avoir un impact notable sur la sécurité.

Chaque année au Canada, les accidents causent la mort de près de 2 000 personnes et font plus de 165 000 blessés. Il s’agit d’ailleurs de la première cause de décès chez les 4-34 ans.

 

5) Les véhicules autonomes sont-ils conçus pour s’adapter à l’hiver québécois?

Les recherches effectuées en Californie ou dans le désert du Nevada ne prennent pas en compte la rudesse de l’hiver québécois. Pourtant, il est évident que les tempêtes hivernales pourraient rendre impossible l’utilisation des véhicules autonomes, la neige pouvant obstruer les différents capteurs du véhicule.

Toutefois, Ford a réalisé dernièrement des essais de véhicules entièrement autonomes dans des conditions météorologiques hivernales. Le constructeur américain a parallèlement lancé un programme de R&D sur cette question, une étape essentielle vers la conduite entièrement autonome.

 

Retrouvez la suite de cet article dans notre bulletin électronique du mercredi 20 janvier.

Publicité