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Analyse de données : les assureurs trop ambitieux ?

par Charles Mathieu | 06 février 2020 16h00

Les assureurs de dommages canadiens et américains sont trop ambitieux lorsqu’il est question de l’implantation d’un système avancé d’analyse de données ou sont freinés par les réalités quotidiennes du marché. C’est ce que révèle un sondage publié par la firme de recherche Willis Tower Watson.

« Les assureurs de dommages ne manquent pas d’ambition lorsqu’ils souhaitent utiliser des données et des analyses avancées pour améliorer leur entreprise », affirme Lisa Sukow, directrice, assurance de dommages Amérique du Nord, consultation en assurance et technologie, chez Willis Towers Watson.

Or, les résultats du sondage produit par la firme montrent que la plupart des assureurs n’atteignent pas leurs objectifs à ce chapitre. Par exemple, 77 % des entreprises sondées prévoyaient utiliser les données des clients à l’interne, mais seulement 54 % le font actuellement.

« De leur propre aveu, la plupart sont en deçà de leurs aspirations en ce moment », dit Lisa Sukow.

Les principales contraintes

D’après les résultats du sondage, 45 % des répondants affirment que les « goulots d’étranglement dans lesquels les personnes et les systèmes ont généralement besoin d’interagir » constituent le principal obstacle en ce qui a trait à l’utilisation de l’analyse de données.

Les infrastructures (37 %) et le manque d’employés (37 %) pour analyser les données sont les autres principales contraintes.

« De nombreux assureurs collectent des données sur leurs clients pour leur processus de demande ou de réclamation. Ces données peuvent avoir une valeur plus importante lorsque des analyses appropriées sont exécutées. Malheureusement, les assureurs ne maximisent pas l’utilisation des données internes de leurs clients et négligent ce qui est facilement disponible. Ils devraient aller plus loin et combiner de manière sélective les données internes avec des ensembles de données externes pour améliorer les résultats », affirme Nathalie Begin, qui est également directrice, assurance de dommages Amérique du Nord, consultation en assurance et technologie, chez Willis Towers Watson.

L’assurance aux entreprises en bonne posture

Le sondage montre que les compagnies offrant de l’assurance aux entreprises ont augmenté leur utilisation de l’analyse de données.

« Les résultats de l’enquête ont montré que tous les secteurs d’activité étaient en retard sur le calendrier avec leur utilisation d’analyses avancées pour la gestion des réclamations. Le tout à une exception notable : 53 % des assureurs pour entreprises utilisent des informations internes non structurées sur les réclamations comme source de données non traditionnelles, contre 41 % il y a deux ans », affirme Willis Towers Watson.

Augmentation peu élevée de la télématique

L’utilisation de la télématique a de son côté peu augmenté au courant des deux dernières années, soutient la firme de recherche.

En assurance automobile, la proportion des répondants faisant usage de la télématique est passée de 28 % à 30 % et en assurance habitation, cette proportion était de 2 % il y a deux ans, et est maintenant de 9 %. 

Willis Towers Watson ajoute qu’un « pourcentage relativement élevé de compagnies d’assurance ont affirmé qu’ils n’avaient pas l’intention d’utiliser la télématique dans ces secteurs d’activité ou dans d’autres secteurs au cours des cinq prochaines années ».

Attentes trop élevées en intelligence artificielle

Les résultats du sondage montrent que l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’automatisation en général des assureurs ne répond pas aux attentes de ces derniers.

Présentement, 69 % des répondants affirment que leur intégration d’assurtechs au sein de leur entreprise en est au « stade précoce ». De plus, 22 % ont avoué ne rien faire à ce sujet.

Lisa Sukow croit que des améliorations à tous les chapitres seraient bénéfiques pour les compagnies d’assurance. « Dans l’ensemble, les assureurs devraient considérer l’ensemble du processus d’amélioration de la capacité d’analyse comme un voyage et non comme une destination », dit-elle.

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