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Assurance dans les réserves autochtones : différent dans le courtage ?

par Frédérique De Simone | 17 décembre 2020 09h30

Photo: Thérèse Ottawa

Une enquête de La Presse publiée le 11 décembre a démontré qu’il pouvait être difficile pour les membres des Premières Nations d’obtenir une couverture d’assurance auprès d’assureurs directs. Tant l’Autorité des marchés financiers que le premier ministre François Legault entendent investiguer la situation.

Questionnés à ce sujet par le Portail de l’assurance, deux courtiers qui œuvrent près de communautés des Premières Nations ont confirmé qu’il peut être difficile de trouver une couverture et que beaucoup d’assureurs refusaient systématiquement de couvrir les réserves. Des solutions existent, disent-ils, et les assureurs gagneraient à ouvrir leurs œillères à cet égard, avancent-ils.

Faire visiter les réserves

Denis Bonhomme dirige Assurancia D Bonhomme & Ass, à Maniwaki, dans le nord de l’Outaouais, tout près de la communauté montagnaise de Kitigan Zibi, il a souvent entendu l’excuse des assureurs voulant qu’en cas de sinistre, ils soient incapables d’aller faire une inspection.

Pour corriger le problème, il a invité des assureurs, mais aussi des courtiers, à visiter une réserve autochtone. Ce qui, souvent, les a incités à changer leur fusil d’épaule, dit-il en entrevue au Portail de l’assurance.

« Bien sûr, la souscription a parfois des limites. Certains risques ne seront pas couverts sur la réserve au même titre que certains sinistres ne le seront pas en dehors. Par exemple, certaines parties de Gatineau ne seront pas couvertes pour les refoulements d’égouts parce qu’on sait que la canalisation pose un problème », ajoute-t-il.

Tous les assureurs ont des restrictions, notamment quant à l’accessibilité terrestre, ajoute Jean Bilodeau, président de BC Assur, présents dans plusieurs régions du Québec. Mais trop d’assureurs utilisent cette excuse pour ne pas desservir les réserves, dit-il. Surtout lorsqu’ils couvrent les villages voisins.

Toutefois, M. Bilodeau a précisé que plusieurs autres assureurs réguliers et non standard étaient preneurs en la matière.

Un mécanisme existant

Il y a des situations et des contextes qui font que l’accès à une assurance peut être plus difficile. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Bureau d’assurance du Canada (BAC) et le Groupement des assureurs automobiles (GAA) ont développé des mécanismes d’accès à l’assurance. Les deux organismes sont d’ailleurs intervenus pour aider des résidents des Premières Nations, a indiqué Pierre Babinsky, directeur des communications et des affaires publiques au BAC

« Selon les cas d’accès traités au centre d’information du GAA, nous sommes intervenus auprès de sept consommateurs vivant dans des communautés autochtones depuis 5 ans : deux cas en assurance habitation et cinq cas en assurance automobile. Tous ces cas se rapportent à des gens qui vivent en régions éloignées », précise-t-il.

Ce sont généralement les consommateurs qui font appel au BAC, mais il est possible qu’ils aient été référés par des intervenants de l’industrie ou d’ailleurs.

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