Le premier semestre de 2022 a été marqué par plusieurs sinistres naturels de grande envergure qui ont eu lieu sur à peu près tous les continents, constate Aon dans son rapport « Global Catastrophe Recap » publié à la fin de juillet.
Les 197 catastrophes naturelles ont causé plus de 4 400 décès durant les six premiers mois de l’année. En Afrique du Sud, des inondations majeures en avril ont provoqué la mort d’au moins 455 personnes.
Quelque 21 de ces sinistres ont provoqué des dommages dépassant le milliard de dollars américains (G$ US). Dans huit cas, les dommages ont dépassé le cap des 3 G$. Tous les montants rapportés sont en dollars américains.
Les dommages causés par ces sinistres sont estimés à 92 G$ US. Ces pertes sont légèrement inférieures à la moyenne annuelle notée depuis le début du siècle, qui est de 121 G$.
Les dommages assurés sont estimés à 39 G$, ce qui est supérieur à la moyenne annuelle (33 G$) au premier semestre depuis l’an 2000.
Aon rappelle que cette estimation des dommages et des pertes demeure préliminaire, car les réclamations reliées à la mousson, aux tempêtes et à la sécheresse n’étaient pas encore totalement rapportées. C’est le cas en Chine, où les dommages causés par les inondations saisonnières étaient déjà estimés à 8,7 G$ pour le seul mois de juin.
Dans son rapport, Aon souligne qu’en fonction des pressions inflationnistes et de la sévérité grandissante des sinistres, les assureurs devront être très rigoureux lors du renouvellement des polices et des traités de réassurance.
Orages
Les violents orages de convection (SCS) ont frappé des régions habitées en Europe et en Amérique du Nord durant les six premiers mois de l’année. Les pertes économiques découlant des SCS ont été de près de 30 G$.
Ces tempêtes ont causé six des neuf sinistres où les dommages couverts par les assureurs ont dépassé le milliard de dollars. Dans cette liste, on rapporte le derecho qui a frappé l’Ontario et le Québec le 21 mai dernier, lequel a causé 11 morts et provoqué des pertes assurées de 1 G$.
Sur ces neuf sinistres majeurs, trois SCS ont frappé aux États-Unis, une fois en avril et deux fois en juin. Deux autres orages de ce type ont frappé en Europe en juin. Ce continent a aussi été frappé par l’ouragan Eunice en février.
En Europe, on constate que les dommages reliés aux SCS ont dépassé la barre des 5 G$ au premier semestre pour une deuxième année consécutive. Ce pic n’a jamais été atteint auparavant, selon Aon.
Chaleur et inondations
Le courant La Nina continue de perturber le climat pour une troisième année de suite dans l’océan Pacifique. On constate dans plusieurs régions du monde des températures élevées et de fortes précipitations qui dépassent les records historiques.
La Nina a ainsi provoqué des précipitations records mensuelles en Australie. Les records mensuels de pluie ont été enregistrés dans 215 stations météorologiques du pays. Dans 77 cas, le premier semestre a été le mois le plus humide de l’histoire.
Par ailleurs, la canicule a frappé l’Argentine en janvier dernier, où il a fait 45 °C dans plusieurs communautés. À Buenos Aires, les 41 °C atteints durant cette canicule ont été la deuxième température la plus élevée depuis 1906.
Les épisodes de canicule ont été particulièrement sévères en France et en Espagne au premier semestre. Sur la France continentale (sans la Corse), le mercure a dépassé les 40 °C dès le 16 juin, soit la date la plus précoce de l’histoire.
En Inde et au Pakistan, la canicule a été exceptionnelle dès les mois de mars et avril, avec la température atteignant les 50 °C. Le mois de mars a été le plus chaud enregistré en Inde depuis 121 ans.
Pire au T3
En temps normal, le troisième trimestre est souvent le plus important en termes de catastrophes et de dommages et l’année 2022 ne fera pas exception, précise Aon qui publie des bulletins hebdomadaires sur les sinistres catastrophiques.
En consultant les bulletins publiés en juillet, on constate que plusieurs catastrophes importantes ont frappé les communautés ou sont toujours en cours.
Des inondations importantes ont notamment frappé l’État du Kentucky à la fin juillet. On rapporte aussi des dégâts élevés reliés à un séisme aux Philippines et à une tempête du type SCS dans plusieurs provinces chinoises, toujours dans le bulletin daté du 29 juillet. Des communautés ont été touchées par des orages violents.
La canicule et la sécheresse ont provoqué de nombreux incendies dans plusieurs pays européens en juillet, tout comme en Amérique du Nord et en Europe. Des feux importants menacent toujours en Californie et au Texas.
Dans le cas du feu Oak, qui a commencé ses ravages le 22 juillet, il avait déjà brûlé 7 752 hectares en Californie. Le gouverneur de l’État a déclaré l’état d’urgence pour le comté de Mariposa.
Au Texas, le même état d’urgence a été décrété dans le comté de Somerville, où le feu Chalk Mountain a déjà brûlé 2 730 hectares.
L’Alaska connaît aussi sa pire année en matière d’incendies forestiers. Pour tous les États-Unis en date du 29 juillet, les superficies brûlées dépassent les 2,27 millions d’hectares (5,6 millions d’acres), ce qui dépasse largement la moyenne décennale.
Des incendies menacent toujours en Slovénie (3 500 ha) et en République tchèque (1 000 ha), de même qu’en France et en Allemagne, toujours alimentés par des canicules d’une durée exceptionnelle. Sur la côte ouest de la France, le mercure a atteint 42 °C le 18 juillet.
Au Royaume-Uni, la barre des 40 °C a été atteinte le 19 juillet. Le même jour, des records de température ont été notés dans 34 communautés.
Dans son bulletin du 22 juillet, Aon rapporte que les superficies brûlées en 2022, tant dans les pays membres de l’Union européenne que dans le reste du continent, dépassaient déjà la moyenne annuelle pour la période 2006-2021 à la mi-juillet.
Des feux importants ont frappé importants au Portugal (30 000 ha), en Espagne (30 000 ha) et en France (20 600 ha) et ont forcé l’évacuation des résidents de plusieurs communautés.