Les cinq premiers mois de 2022 ont été « épuisants » sur le plan financier, mais le co-stratège en chef des placements de Gestion des placements Manuvie estime que les risques de voir une récession se pointer cette année sont faibles.
Macan Nia a déclaré à la conférence de LIMRA/LOMA Canada que les marchés développés entrent souvent en récession lorsque de nombreuses hausses de taux d’intérêt se succèdent en un an. Au début de 2022, les marchés s’attendaient à ce que la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) relève les taux à deux ou trois reprises en cours d’année. En très peu de temps, cette estimation est passée à huit ou neuf fois.
« Les marchés s’inquiètent de la possibilité qu’elle [la Fed] le fasse réellement, cela provoquerait une récession. Ce serait trop et trop tôt », a-t-il déclaré, notant que les marchés ont subi une baisse de près de 20 % dans les cinq premiers mois de l’année.
Or, M. Nia estime que les marchés ont probablement atteint un sommet l’été dernier ; depuis, ils perdent de la vigueur. « Mais, a-t-il ajouté, un essoufflement ne signifie pas une récession pour autant. Je pense que c’est un élément important pour les investisseurs. »
Il reconnaît que l’inflation est forte, particulièrement aux États-Unis ; cependant, le marché de l’emploi, les mises en chantier de logements, le secteur manufacturier et d’autres indicateurs avancés s’y portent bien et ne laissent pas présager une récession à court terme, a-t-il dit. Il signale en outre que les consommateurs et les entreprises disposent de bonnes liquidités, au Canada comme aux États-Unis.
M. Nia recommande aux conseillers de rappeler à leurs clients que les marchés sont à la hausse 80 % du temps et qu’il faut profiter de ces bonnes périodes lorsqu’elles se présentent. « Il y a alors de belles possibilités… même si rien n’est simple. C’est tout de même à ce moment-là que les opportunités se présentent. »
Les marchés positifs durent d’autant plus longtemps que l’horizon de placement des clients s’élargit, fait-il remarquer.
« Quand on se penche sur chaque période d’un an au cours des 50 dernières années, on constate que les marchés se sont retrouvés en hausse près de 76 % du temps. Sur des périodes de trois ans, ce pourcentage passe à 85 %. »