La pandémie de COVID-19 a accéléré l’achat sur le Web.

L’assurance n’a pas été exempte de ce phénomène, fait valoir Swiss Re, dans une récente note économique obtenue par le Portail de l’assurance.

Les assureurs ont ainsi tout intérêt à accélérer leurs investissements en intelligence artificielle pour en tirer profit, y explique aussi Rajeev Sharan, économiste senior chez le réassureur.

Cette hausse de l’achat en ligne d’assurance s’est particulièrement fait sentir en Asie, fait remarquer M. Sharan. Une enquête menée par Swiss Re pour mieux comprendre le phénomène montre que la montée en puissance des achats en ligne génère de gros volumes de nouvelles données numériques sur les comportements et les modes de vie des consommateurs.

« Les assureurs pourraient potentiellement traiter données pour mieux répondre aux besoins des clients et garantir l'excellence de la souscription », dit M. Sharan.

Il appuie ses dires d’un exemple. Selon M. Sharan, les ensembles de données plus diversifiés désormais disponibles en ligne peuvent enrichir la formation des modèles pour améliorer les capacités de traitement des exceptions. « C'est là que les conditions d'exclusion d'un contrat d'assurance peuvent être adaptées pour s'aligner sur les circonstances de vie changeantes des assurés. »

Application en assurance vie

Dans le cas de l'assurance vie, cela peut faciliter la souscription continue plutôt que l'approche traditionnelle au moment de la vente, dit M. Sharan. « Ce dernier est basé sur des données de morbidité et de comportement passées et ne saisit pas les changements actuels dans les circonstances de la vie des clients. Les énormes volumes de données sur les consommateurs disponibles en ligne sont une fenêtre sur ces changements. »

Les assureurs vie peuvent ensuite accéder à ces données et les traiter à l'aide d'algorithmes pour offrir des services de souscription continus, grâce auxquels les conditions des polices sont ajustées de manière dynamique en fonction des modèles de comportement des clients. Des actions personnalisées suggérées peuvent favoriser un comportement sain.

C’est d’ailleurs ce que John Hancock, une filiale américaine de Manuvie, fait depuis 2018, fait remarquer M. Sharan. L’assureur a ajouté le suivi de la condition physique à toutes les polices. Ces politiques dites interactives collectent des données de santé à partir d'appareils portables et les assurés peuvent bénéficier de remises et de récompenses pour atteindre les objectifs d'exercice.

Application en assurance de dommages

La diffusion des technologies numériques est aussi une opportunité pour renforcer la résilience mondiale face aux risques de catastrophe naturelle, croit Swiss Re.

« Une acceptation plus large des formats de données normalisés pour les réclamations et les expositions, ainsi que pour l'échange d'informations open source peut aider à améliorer les capacités d'analyse prédictive et de modélisation des risques », explique M. Sharan.

Il donne pour exemple le cas de la société américaine Terra Seismic qui a développé des algorithmes en open source qui utilisent des données de diffusion en direct à partir d'images satellites et de capteurs atmosphériques. Selon cette firme, ces algorithmes ont le potentiel de prédire les tremblements de terre partout dans le monde.

Des systèmes d’intelligence artificielle peuvent aussi être déployés pour réduire les émissions de carbone. Par exemple, dit M. Sharan, en utilisant des dispositifs de détection et des algorithmes pour collecter et analyser des données, les algorithmes peut prévoir l'offre et la demande d'énergie, améliorer l'utilisation et la planification de l'approvisionnement en énergies renouvelables en fonction des besoins et exécuter des programmes de maintenance prédictive.

« Cela favoriserait la transition vers une économie sobre en carbone. Selon les estimations de la Commission mondiale sur l'adaptation, chaque dollar investi dans le renforcement de la résilience climatique pourrait se traduire par 2 $ à 10 $ en avantages économiques nets », dit M. Sharan.