Le Réseau inondations intersectoriel du Québec (RIISQ) a officiellement lancé, le 23 novembre dernier, son ouvrage collectif intitulé « Les inondations au Québec — Risques, aménagement du territoire, impacts socioéconomiques et transformation des vulnérabilités ».
L’ex-directeur général du RIISQ et professeur au département de géographie de l’UQAM, Philippe Gachon, est en congé sabbatique, mais il était présent pour l’occasion en compagnie du vice-recteur Christian Agbobli, et de la doyenne Josée S. Lafond, de la Faculté des sciences humaines.
Catherine Trudelle, la directrice générale par intérim du RIISQ, animait le lancement qui se déroulait sur place à l’UQAM. Le Portail de l’assurance a participé à l’activité en visioconférence.
L’ouvrage de 576 pages, publié par les Presses de l’Université du Québec, est disponible depuis le 9 novembre dernier.
Les chercheurs membres du Réseau travaillent dans l’ensemble des 18 universités du Québec. Le RIISQ a été lancé en décembre 2018 dans le but d’apporter des solutions aux besoins des communautés et des individus exposés aux inondations.
Sous la direction de Thomas Buffin-Bélanger (UQAR), Danielle Maltais (UQAC) et Mario Gauthier (UQO), l’ouvrage met à contribution quelque 53 auteurs distincts pour la rédaction des 23 chapitres.
Mme Maltais, professeur en travail social et titulaire de la Chaire de recherche sur les événements traumatiques, la santé mentale et la résilience, dirige d’ailleurs une étude traitant des « Impacts et coûts indirects des stress secondaires sur la santé biopsychosociale des sinistrés des inondations de 2019 ». L’étude est attendue en décembre.
Quatre thèmes
Le livre brosse le portrait des études et travaux menés sur quatre grands thèmes liés au sujet : 1° les facteurs de risques liés aux inondations, 2° la gestion et l’aménagement des territoires à risque d’exposition ainsi que les enjeux de la gouvernance et de la législation, 3° les conséquences psychosociales des inondations, les coûts économiques qui y sont associés et le partage de ces derniers, et 4° la transformation et la réduction des vulnérabilités des individus et des organisations.
Philippe Gachon a remercié toute l’équipe du Réseau sans qui l’ouvrage n’aurait jamais vu le jour. Le caractère interdisciplinaire du livre collectif est remarquable, insiste-t-il.
La publication du livre n’a pas été facilitée par les conditions imposées par les mesures sanitaires découlant de la pandémie de COVID-19, souligne M. Gachon en félicitant les trois directeurs de l’ouvrage. C’est d’ailleurs pour cela que le lancement s’est déroulé en public afin de permettre aux co-auteurs de se rencontrer.
Les préfaces
Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, et sa collègue Denise Pérusse, directrice aux défis de société et aux maillages intersectoriels, signent la première préface de l’ouvrage collectif qui « ratisse large et demeure fidèle à ses intentions : la production d’une véritable mine d’informations, une vision plurielle des composantes de la gestion des inondations et de ses conséquences, un souci d’embrasser la complexité des enjeux de cette gestion ».
Cette « brique de connaissances qui impressionne par son ampleur et sa force de frappe, qui nous donne des prises sur ces enjeux, mais aussi un fanal pour éclairer nos actions et offrir aux décideurs des données probantes, des solutions durables et adéquates tant en termes d’aménagement du territoire, d’approches de gestion efficaces et durables que d’économie, de gouvernance et de santé afin d’assurer le bien-être des individus et des collectivités », ajoutent Mme Pérusse et M. Quirion.
La deuxième préface est signée par le professeur Gachon et par Marie Raphoz, coordinatrice générale du RIISQ. Ils rappellent que si les crues exceptionnelles de 2017 et 2019 ont bien marqué l’imaginaire des Québécois, d’autres sinistres majeurs ont eu lieu en Gaspésie et dans la région de Québec en décembre 2020, et en Colombie-Britannique à l’automne 2021.
L’accélération du cycle hydrologique planétaire, jumelée à la hausse des températures, intensifie les extrêmes hydrométéorologiques et en augmente la fréquence, ajoutent-ils.
Les conséquences sociales et humaines des inondations récentes survenues au Québec sont illustrées dans l’ouvrage. « Trop peu d’attention est accordée à la récupération ou au rétablissement des actifs matériels ou immatériels », poursuit-on.
L’analyse des coûts et des bénéfices des désastres exclut souvent la valeur de nombreux avantages que les communautés leur accordent, dont la santé, la qualité de l’eau et un avenir plus sûr pour les prochaines générations.
D’autres études interdisciplinaires seront requises, « notamment sur la capacité collective à faire face aux aléas d’inondations, afin de mesurer dans le temps les progrès tangibles dans la réduction des conséquences découlant des inondations ».
On rappelle que le Fonds de recherche du Québec finance les activités du RIISQ, incluant la publication de cet ouvrage collectif.
L’introduction
Les trois directeurs de l’ouvrage signent l’introduction. La très grande majorité des 53 auteurs ayant contribué à la rédaction d’un ou de plusieurs chapitres sont membres du RIISQ à titre d’étudiants, de chercheurs, de gestionnaires, de praticiens, de partenaires socioéconomiques ou d’intervenants gouvernementaux.
Cet ouvrage permettra « une compréhension élargie de la gestion des risques liés aux inondations pour la promotion d’une société québécoise plus résiliente ». Les directeurs reconnaissent la difficulté du défi que représente la publication d’un ouvrage collectif impliquant de l’intersectorialité et de la multidisciplinarité, lesquels « sont certainement le reflet d’enjeux propres aux projets de cette nature ».