En juillet, Equisoft a annoncé l’acquisition d’Altus, une entreprise qui offre une plateforme de transactions destinée aux administrateurs de régimes de retraite et aux gestionnaires de placements. Altus est situé à Bath, en Angleterre.

Altus est réputé être un acteur clé du service-conseil et de la technologie destinés au segment du transfert des portefeuilles de retraite. Il s’agit d’un marché de niche au Royaume-Uni. Equisoft estime que la gamme de produits et l’importante pénétration du marché d’Altus accroissent sa présence dans ce marché. « La transaction ajoute plus de 150 clients à notre actif, ainsi que six solutions logicielles couvrant la gestion des actifs de retraite, l’assurance et la gestion de patrimoine », précise la fintech dans son communiqué.

Dans cette transaction dont le montant n’a pas été dévoilé, Equisoft gagne un septième bureau à l’échelle mondiale. L’entreprise dit maintenant afficher une croissance de plus de 15 %, et produire des revenus annuels qui dépassent les 100 millions de dollars (M$). Le financement de l’acquisition a été réalisé avec le concours d’Exportation et développement Canada (EDC), Fondaction et BMO Banque de Montréal.

Percée en Europe

En mettant la main sur un chef de file des solutions de gestion des placements et des caisses de retraite au Royaume-Uni, Equisoft gagne en profondeur et en crédibilité, dit en entrevue au Portail de l’assurance son président et fondateur, Luis Romero. Selon lui, le Royaume-Uni est le plus grand marché de la retraite, des assurances et du placement en Europe.

Altus vise entre autres le marché des caisses de retraite collectives, soit les régimes de retraite à prestations déterminées. À ce jour, Equisoft touchait au marché des régimes collectifs à travers ses compagnies d’assurance clientes, surtout actives dans le secteur des régimes de retraite à cotisations déterminées.

« Nous avons plusieurs assureurs qui offrent des régimes de retraite. Il y a un certain chevauchement, mais Altus a une présence beaucoup plus profonde en régimes de retraite à prestations déterminées », explique le président d’Equisoft.

Equisoft a approché Altus

Luis Romero a révélé que c’est François Levasseur, vice-président alliances mondiales et acquisitions de Equisoft, qui a amorcé le processus en contactant un collègue du cofondateur et directeur général d’Altus, Kevin Okell.

Kevin Okell

À l’annonce de la transaction, M. Okell a rappelé qu’Altus avait beaucoup investi en recherche et développement. Il avait également investi dans de jeunes entreprises de technologie financière. Ce fut le cas de Finscape, une plateforme d’analytique d’affaires destinée à l’industrie financière britannique. « Altus était à la recherche d’un partenaire qui en saisirait l’énorme potentiel et le rôle essentiel qu’elle peut jouer dans la chaîne de valeur des investissements. Equisoft l’a compris et s’est engagé à investir davantage dans le produit, en plus d’en étendre sa portée géographique. »

En compagnie de M. Romero lors de l’entrevue accordée au Portail de l’assurance, sur la plateforme de visioconférence Teams, Kevin Okell a révélé avoir été approché « par 20 ou 30 organisations depuis les cinq dernières années ». « Mais il y a toujours quelque chose qui clochait », se remémore-t-il. « Ensuite, j’ai rencontré Luis deux fois… et il a insisté », a dit M. Okell.

M. Okell explique ce qui l’a amené à accepter l’offre de Luis Romero. « Equisoft avait beaucoup de choses que nous n’avions pas. Et nous avions aussi plusieurs choses en commun. Nous ciblons les mêmes marchés et partageons de l’expertise complémentaire. En tant qu’entreprise qui dessert le secteur des régimes de retraite, Altus comprend leurs enjeux. Nous avons connu un succès incroyable ces 15 dernières années. Mais nous pouvons faire beaucoup plus, et je pense que nous avons besoin de faire partie d’une plus grande organisation pour y parvenir. »

Crédibilité et économies d’échelle

L’acquisition coule de source, renchérit Luis Romero. « L’Europe est un marché très mature. Nous avons besoin de crédibilité pour croître dans ce marché. Le faire de façon organique serait trop long », dit-il.

La transaction produit plus de valeur, selon lui. « Nous devenons plus spécialisés et sommes de taille à réaliser des économies d’échelle. » Le nombre d’employés d’Equisoft passe à 750. Le nombre de ses clients à 250, « dont la plupart sont de grandes institutions financières », souligne M. Romero.

La réglementation fait vendre

Altus apporte également une expertise unique dont Equisoft a besoin, ajoute Luis Romero. « Il y a quelques années au Canada, nous n’entendions parler que de MRCC (modèle de relations client-conseiller), et nous citions constamment le Royaume-Uni, où la réglementation est arrivée plus tôt et a été beaucoup plus sévère », rappelle-t-il.

L’expertise d’Altus n’est pas seulement unique parce que la firme évolue au Royaume-Uni, explique M. Romero. Il croit qu’elle réside aussi dans l’élaboration de solutions pour aider les acteurs du système des régimes de retraite et des produits d’investissement à faire face à la réglementation entrée en vigueur au tournant de 2012.

Kevin Okell se rappelle l’épisode de vente abusive (mis-selling) de produits d’investissement financiers qui a mené à la révision réglementaire de la distribution individuelle le 1er janvier 2013. « Maintenant, il n’y a plus de commissions sur les produits financiers au Royaume-Uni. Le régulateur a eu la même approche qu’avec les avocats : le conseiller financier fait une facture au client pour ses services et est payé par le client », explique M. Okell.

« Du point de vue d’Altus, ce scandale et le changement vers un modèle d’affaires dans lequel le conseiller est rémunéré par son client plutôt que par le manufacturier ont conduit à une explosion des plateformes d’investissement dans l’industrie, au Royaume-Uni », révèle-t-il.

Un nouveau chef des finances

Equisoft est en ébullition depuis quelques mois. Peu avant d’acquérir Altus le 5 juillet 2021, l’entreprise a annoncé l’embauche de Brian Cosgrove au poste de chef des finances. Il aidera Equisoft à élaborer et déployer une stratégie d’expansion mondiale et de croissance durable.

Spécialiste de l’accélération de la croissance pour les entreprises technologiques à capital public et privé, Brian Cosgrove possède une expérience au sein d’entreprises de logiciels et de services professionnels.

« Brian est un chef des finances à l’esprit stratégique qui saura enrichir notre culture de rendement déjà solide. Il s’est forgé une impressionnante réputation pour l’exécution et l’obtention de résultats, sans compter ses réalisations en matière de génération de croissance ; c’est donc la personne toute désignée pour ce poste », explique Luis Romero.

M. Cosgrove a été chef des finances de plusieurs entreprises en essor dans le secteur des technologies au cours des dix dernières années. Il a conclu diverses opérations de fusion et d’acquisition pour un total de plus d’un milliard de dollars. Il occupait précédemment le poste de chef des finances d’Intelerad Medical Systems. Il a aussi occupé un tel poste chez Tecsys et Logibec.