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Assurance moto : les consommateurs québécois ont moins de choix

par Hubert Roy | 20 février 2014 10h31

Les transactions qui ont secoué le marché de l’assurance de dommages ont réduit le choix des consommateurs. Un marché en souffre tout particulièrement : celui de l’assurance moto.C’est ce qu’indique l’Autorité des marchés financiers dans son plus récent Rapport sur la tarification en assurance automobile, qui couvre les données de 2012. Le régulateur y indique avoir mesuré le taux de concentration de chacun des risques liés à l’assurance automobile, à partir de l’indice de Herfindahl-Hirshman (IHH).

Selon cet indice, un marché qui présente un IHH inférieur à 1 500 n’est pas concentré. Un marché présentant un IHH compris entre 1 500 et 2 500 a une concentration modérée. Au-delà de 2 500, on parle d’un marché fortement concentré. Or, le marché de l’assurance moto présente un IHH de 2 754. Un an plus tôt, en 2011, il était de 1 542.

Les autres segments de l’assurance des véhicules récréatifs montrent pour leur part des signes de concentration modérée. En assurance motoneige, l’IHH est de 1 643 (1 433 en 2011). Pour les véhicules tout-terrain (VTT), il est de 1 923 (1 246 en 2011). À titre de comparaison, les voitures de tourisme présentent un IHH de 1 570 (1 128 en 2011), tandis qu’il est de 1 539 (1 019 en 2011) pour l’ensemble du marché québécois en assurance automobile.

Cette concentration accrue n’a toutefois pas entrainé une hausse des primes. C’est même le contraire qui s’est produit. Les primes pour les motocyclettes ont diminué de 2,1 % pour s’établir à 231 $ en moyenne. En outre, 2012 marquait la huitième année consécutive où la prime moyenne est en baisse dans ce segment. Ce sont neuf assureurs, représentant 53 % du marché, qui ont diminué leur taux.

La situation est la même pour les VTT, avec une baisse de 2,3 % et une moyenne de 167 $. L’Autorité note aussi que huit assureurs ont réduit leurs primes dans ce segment, représentant 44 % du marché. La situation est toutefois inverse pour les motoneiges, avec une hausse de 7,6 % et une prime moyenne de 156 $.

Les directs progressent

Les assureurs directs grugent de plus en plus la part du courtage dans le marché de l’assurance des véhicules récréatifs. Pour la première fois en 2012, ils ont présenté une part égale au courtage en assurance motoneige, soit 50 %. Elle était de 46 % en 2011 et de 40 % en 2006.

Dans le marché des motocyclettes, la part des directs est maintenant de 39 %. Elle a fracassé la barre des 30 % en 2008. Il y a dix ans, elle était de 25 %.

Le marché des VTT est manifestement dominé par les directs, qui ont une part de marché de 57 %. Ils occupent le premier rang depuis 2006.

Les assureurs de dommages du Québec portent d’ailleurs une attention particulière au marché des véhicules récréatifs.

Les manuels les plus consultés sont ceux ayant trait à l’assurance des motocyclettes, avec 60 consultations en 2012. Viennent ensuite les motoneiges (49 consultations), les VTT (49 consultations) et les caravanes, autocaravanes et maisons motorisées (43 consultations).

Au cours de 2012, les assureurs ont apporté plusieurs modifications à leurs manuels des risques souscrits pour les véhicules récréatifs. Presque autant d’assureurs que l’année dernière ont effectué des changements pour les motocyclettes, les motoneiges et les véhicules tout-terrain.

Ainsi, 14 assureurs représentant plus de 87 % du marché des motocyclettes, 11 assureurs représentant 72 % du marché des motoneiges et 12 assureurs représentant 66 % du marché des véhicules tout-terrain ont effectué des changements en 2012. Le changement le plus fréquent concerne les systèmes de protection antivol.

Pour ces trois catégories, l’Autorité dit observer que la majorité des assureurs offre maintenant le rabais « pluralité de véhicules », et ce, peu importe le type de véhicule. « Ce rabais a fait l’objet d’une légère hausse au cours de la dernière année. De plus, plusieurs assureurs offrent maintenant un rabais additionnel lorsque le conducteur principal du véhicule est une femme. Cette tendance est plus marquée pour les motocyclettes et les véhicules tout-terrain, mais elle est également présente pour les motoneiges », peut-on lire dans le rapport de l’Autorité.

Pour une grande majorité d’assureurs, il n’est plus nécessaire d’assurer le véhicule principal auprès de l’assureur afin de bénéficier d’une protection pour une motocyclette, une motoneige ou un véhicule tout-terrain, indique le régulateur. De plus, de nouvelles limites pour la responsabilité civile du chapitre A sont maintenant disponibles, de même qu’une plus grande période de couverture pour l’avenant « valeur à neuf ».

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