Les automobilistes se demandent pourquoi leurs primes grimpent à chaque renouvellement même s’ils n’ont pas fait de réclamation. Ils auraient réponse à leurs questions en lisant le Rapport annuel 2021 du Groupement des assureurs automobiles (GAA). Ils y apprendraient qu’entre 2011 et 2018, le coût moyen des sinistres a grimpé de 4 à 5 % par an et que loin de faiblir, cette tendance s’est accélérée ces dernières années. L’augmentation a été de 9 % en 2019 et de 8 % en 2020, soit 17 % en deux ans.
Durant ces dix années, la facture moyenne des réparations a grimpé de 2 906 $ à 4 921 $ alors que durant la même décennie, la prime moyenne est passée de 546 $ à 732 $. De 2011 à 2013, les primes moyennes avaient diminué de 1 à 2 % par an et étaient restées les mêmes en 2014. Les hausses ont été très modestes en 2015 (+1 %) et 2016 (+2 %). Elles se sont amplifiées en 2017 (+ 4 %) et 2018 (+7 %), mais les augmentations les plus significatives ne sont apparues qu’en 2019 (+12 %) et 2020 (+9 %). Les chiffres 2021 ne figurent pas dans ce plus récent rapport.
Plus un assuré a eu des accidents dont il était responsable dans les années antérieures, indiquent les données du GAA, plus sa fréquence de sinistres est élevée pour l’année en cours. Un assuré qui avait 0 accident responsable de 2017 à 2019 a eu une fréquence de sinistres de 8,73 % en 2020, mais elle s’est élevée à 13,55 % chez l’automobiliste qui a eu 3 accidents responsables entre 2017 et 2019.
Le principe d’indemnisation directe toujours incompris
Une quarantaine d’années après son introduction, le principe d’indemnisation directe lors d’accidents automobiles demeure toujours incompris de bon nombre d’automobilistes, déplore le Groupement.
« Bien que le principe d’indemnisation directe ait plus de 40 ans, bon nombre de consommateurs continuent d’invoquer le “no fault” et éprouvent de la difficulté à comprendre pourquoi ils doivent présenter leur réclamation à leur propre assureur même s’ils ne sont pas responsables d’un accident », souligne l’organisme dans son rapport annuel.
L’an dernier, l’association a distribué 268 112 constats amiables en papier aux automobilistes et son application a fait l’objet de 11 977 téléchargements.
2,2 millions de consultations du fichier central
Le fichier central des sinistres automobiles demeure un instrument de référence très prisé des gens qui œuvrent dans l’assurance de dommages automobile. En 2021, il a fait l’objet de près de 2,2 millions de consultations par les assureurs et courtiers, un sommet, indique le GAA. Depuis cinq ans, ces consultations par les professionnels ont augmenté de 5 %. Chez les assurés, elles ont crû de 45 % en cinq ans, mais diminué de 5 % l’an dernier par rapport à 2020.
En plus de consulter leur dossier de sinistres, les assurés peuvent demander au Groupement de vérifier certains renseignements auprès de leur assureur. Si ce dernier confirme une erreur au dossier, le GAA pourra la corriger. En 2021, seulement 2 981 demandes ont été analysées, soit une baisse de 19,6 % par rapport à 2020, qui avait été une année record.
Tous les outils offerts par le GAA ne semblent plus répondre aux mêmes besoins. Après avoir accusé une forte hausse jusqu’en 2019, les demandes d’accès à l’assurance automobile sont en baisse notable depuis deux ans. L’an dernier, les demandes des particuliers étaient en recul de 11 % par rapport à 2020 et celles des entreprises, de 29 %. C’est toutefois dans ce dernier marché où la demande pour ce produit a été la plus élevée avec un total de 162 dossiers en 2021.
Plan de répartition des risques
Le GAA dispose d’un Plan de répartition des risques (PRR) pour favoriser l’accès à une assurance aux automobilistes qui représentent un plus grand risque pour les assureurs. Leurs véhicules sont assurés par l’ensemble des compagnies d’assurance. Or, ce besoin est en baisse chez les particuliers. Une diminution de 24 % a été enregistrée en 2021 et de 31 % au total sur ces deux dernières années.
Au cours des dernières années, les transports au PRR ont toutefois augmenté pour les risques des entreprises, note le GAA, et la hausse a été de 16 % en 2021. Ce chiffre peut paraître élevé, mais il est toutefois en forte régression par rapport à 2020 (+35 %), 2019 (+89 %) et 2018 (+163 %).
À la fin de 2021, tous les membres du GAA ont été sollicités en prévision de la mise en place d’un projet-pilote visant à recueillir des données d’accès en assurance automobile des entreprises où, très souvent, les besoins des assurés excèdent les protections minimales exigées par la Loi. L’objectif est de mettre en place dans ce secteur un mécanisme semblable à celui des automobiles.
Révision des formules d’assurance auto
L’an dernier, le GAA a poursuivi son projet de révision de certains formulaires d’assurance automobile en collaboration avec l’Autorité des marchés financiers. Cette refonte vise à corriger les problématiques citées dans les contrats actuels et à apporter des améliorations aux principaux formulaires en tenant compte des modifications législatives récentes et les nouvelles réalités, telles que les cyberattaques et la présence dans le futur sur les routes de véhicules automatisés.
Cette démarche prendra toutefois plusieurs années. Entre 2022 et 2025, un comité constitué d’assureurs, de représentants de l’Autorité et de la permanence de la GAA révisera les F.P.Q. no 1, 4 et 7 en s’inspirant des travaux menés sur le F.P.Q. no 2 dont le contenu a été facilité grâce à une nouvelle structure, à un langage simplifié et l’ajout d’éléments visuels.