Les sinistres secondaires survenus en 2019 ont causé des dommages plus couteux que les catastrophes qui les ont occasionnés, et ce pour une deuxième année consécutive, indique Swiss Re dans son Sigma publié en avril 2020.

Les inondations généralisées au Japon à la suite du passage de Hagibis, au Mozambique après le cyclone Idai et en Asie du Sud-Est après les pluies de mousson ont été plus dommageables que ces catastrophes elles-mêmes, dit Swiss Re.

« La majorité des pertes croissantes qui résultent de catastrophes naturelles sont dues à l’accumulation grandissante d’exposition qui accompagne la croissance économique et l’urbanisation. Au cours des prochaines décennies, les changements climatiques seront l’un des nombreux facteurs qui contribuent aux pertes, en particulier, à mesure que les températures mondiales augmentent. La fréquence et les pertes résultant d’événements météorologiques violents augmenteront », dit Swiss Re.

Mieux modéliser les risques

Les statistiques de la dernière décennie révèlent que les pertes liées à des catastrophes naturelles sont dues à la fois à des événements isolés et à une accumulation d’événements.

« Le fait de ne pas agir peut conduire à des points de bascule irréversibles dans les systèmes climatiques. Il est important de noter que les risques liés aux conditions météorologiques restent assurables, étant donné la nature à court terme de la plupart des activités de réassurance de biens, ce qui permet des ajustements continus de la vision des risques. »

Pour maintenir l’assurabilité, l’industrie doit suivre dynamiquement les effets du réchauffement climatique, adapter les modèles à un paysage de risques en constante évolution et intégrer en permanence de nouvelles connaissances dans l’évaluation des risques, indique Swiss Re.

La clé de la modélisation prospective de la prochaine génération est de comprendre comment les facteurs socio-économiques enracinés dans le passé et qui ne sont actuellement pas entièrement pris en compte dans les modèles ont un impact sur l’augmentation des risques et des pertes aujourd’hui.

La température augmente davantage au Canada

La température moyenne annuelle au Canada a augmenté de 1,7 °C depuis 1948, soit environ le double de la moyenne mondiale, mais avec de fortes variations régionales et saisonnières. L’augmentation a été la plus forte dans la région arctique, et le réchauffement est considérablement plus élevé en hiver qu’en été, en particulier en Colombie-Britannique, en Alberta, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et à l'ouest du Nunavut.

Les événements chauds deviennent plus intenses et plus fréquents, et les événements froids seront moins intenses et moins fréquents. Le réchauffement a modifié les profils de risque d’incendie de forêt et d’inondation du pays. « Si les modèles de risque sont mis à jour avec les dernières connaissances des conditions actuelles, les risques d’incendie et d’inondation resteront assurables par le marché », indique Swiss Re.

Des pertes élevées, mais inférieures à la moyenne

Sur les 820 catastrophes naturelles enregistrées, 33 événements ont entraîné des pertes globales de plus de 1 milliard de dollars américains (G$ US). Le Japon, la Chine, l’Inde, les États-Unis et les Caraïbes ont été particulièrement touchés. Les pertes assurées pour neuf de ces événements ont atteint ou dépassé la barre du 1 G$ US. Tous ces événements étaient des cyclones tropicaux, des tempêtes avec inondations ou des tornades, écrit Munich Re dans son rapport annuel sur les catastrophes naturelles.

Les pertes mondiales totales dues aux catastrophes naturelles en 2019 se sont élevées à 150 G$ US, soit environ le même niveau qu’en 2013 où la valeur était alors à 140 G$ US, estime Munich Re. Les pertes ont cependant été inférieures à la moyenne des dernières années de 187 G$ US, mais demeurent au-dessus de la barre des 100 G$ US.

De son côté, Swiss Re estime que les pertes assurées se sont élevées à environ 60 G$ US en 2019, contre 93 G$ US en 2018. C’est sous la moyenne de 75 G$ US des 10 dernières années, indique Swiss Re dans son dernier Sigma. Le réassureur ajoute qu’après deux années de pertes élevées, les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles et aux catastrophes provoquées par l’homme en 2019 ont diminué de 146 G$ US. 

Les catastrophes ont couté la vie à quelque 9 000 personnes au cours de l’année 2019.