L’Association de Genève est une association internationale qui regroupe des PDG de sociétés d’assurance et de réassurance et est actuellement dirigée par son président, Charles Brindamour, le PDG d’Intact Corporation financière. Elle a interrogé plus de 8 000 assurés dans le monde entier pour savoir quelle expérience les compagnies d’assurance leur ont procurée pendant la pandémie de COVID-19, pour ensuite produire un rapport faisant état de leur perception actuelle du risque et de leurs nouvelles attentes envers les assureurs.

Le rapport, intitulé The Global Risk Landscape after COVID-19: What role for insurance? (traduction libre : Le paysage des risques dans le monde après la COVID-19 : Quel rôle aura l’assurance ?) aborde un certain nombre de tendances et propose des recommandations en vue d’élargir le rôle dorénavant joué par les sociétés d’assurance. Les auteurs signalent que les attentes des parties touchées ont sensiblement augmenté. De plus, ils affirment que l’accélération du passage au numérique, l’action interventionniste du gouvernement, le virage vers la durabilité et l’adoption du télétravail sont tous, dans cet ordre, susceptibles d’avoir des répercussions vraiment significatives sur l’avenir des assureurs.

Les autorités gouvernementales, disent-ils, ont joué un rôle sans précédent tout au long de la crise, en offrant des mesures de relance d’urgence, dont certaines pourraient devenir permanentes. Selon eux, ces programmes peuvent avoir un impact négatif sur la demande d’assurance, en alimentant la perception que les gouvernements interviendront et fourniront de l’aide si une pandémie s’avère vraiment désastreuse ; ils ajoutent que les gouvernements pourraient également être portés à tolérer un taux d’inflation plus élevé, ce qui aurait un impact négatif sur les demandes d’indemnisation que les assureurs devront payer, sur les polices en vigueur, sur l’adéquation des réserves pour sinistres et sur la demande d’assurance vie à long terme.

Le télétravail

Le sondage mené auprès de 800 petites entreprises et 7 200 particuliers assurés, associé à 25 entretiens avec des cadres et experts du secteur, a également révélé que plus de 50 % d’entre eux pensent que le télétravail à distance se maintiendra après la pandémie. Près des deux tiers des particuliers assurés s’inquiètent des risques d’hospitalisation prolongée et de la chute de revenus ou de patrimoine qui en résultent. Parmi les propriétaires de petites entreprises, le licenciement du personnel, la détérioration de la situation financière et la nécessité de fermer boutique sont les principales préoccupations post-pandémie.

Du côté des particuliers, plus de 40 % des clients accordent maintenant plus d’importance à l’assurance maladie et à l’assurance vie qu’avant la pandémie, et ce, même si seulement un cinquième d’entre eux ont l’intention de rehausser leur couverture. Quant aux propriétaires de petites entreprises, plus de 50 % d’entre eux accordent davantage d’importance à l’assurance contre les pertes d’exploitation, à l’assurance vie et l’assurance maladie collectives ainsi qu’à la responsabilité civile. Un peu plus d’un quart d’entre eux ont exprimé leur intention de rehausser leur assurance, précise le rapport. D’autres priorités (p. ex. : « L’assurance n’est pas notre premier souci ! ») sont mentionnées comme principales raisons de ne pas contracter d’assurance supplémentaire, malgré le fait qu’on l’apprécie davantage.

Les attentes des clients commerciaux

Le rapport ajoute que les particuliers et les clients commerciaux s’attendent également à ce que leurs assureurs fournissent des polices plus complètes qui couvriront de futurs problèmes encore non définis. Le rapport et les répondants au sondage demandent également que les polices soient rédigées en termes plus simples, et que l’on prévoie davantage de services de prévention. En particulier, les propriétaires de petites entreprises souhaitent que les polices contre les pertes d’exploitation soient plus complètes, indique le rapport.

La COVID-19 a démontré que les pertes économiques liées à une pandémie planétaire ne sont pas assurables. Pour certains risques, il y a un écart entre ce que les assureurs peuvent assurer et ce que les clients et la société attendent d’eux, conclut le document. Pour éviter les faux espoirs, les contrats d’assurance doivent être beaucoup plus simples et compréhensibles, afin que les clients sachent quels risques sont couverts. Pour cela, il faudra que les assureurs expriment clairement leur promesse et qu’ils honorent leur part du marché, concluent les auteurs.