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Groupe Cyr & Lyras profite de ses similitudes avec la turquoise pour l’acquérir

par Hubert Roy | 27 janvier 2015 09h00

Groupe Cyr & Lyras et la turquoise ont profité des nombreuses similitudes qui les unissaient pour réaliser une transaction. Ainsi, le 1er janvier 2015, Groupe Cyr & Lyras a officiellement acquis la turquoise.Les deux cabinets partageaient plusieurs caractéristiques, par exemple : ratio de volume particuliers/entreprises similaire ainsi que qualité et envergure des clients et des structures régionales se ressemblant. Les deux entreprises utilisaient non seulement le même système de gestion de courtage (BMS), soit sigXP de Technologie Keal, mais aussi le même système téléphonique. Elles concentraient aussi toutes deux leur volume en assurance des particuliers chez Intact Assurance.

Transaction à deux volets

La transaction comportait deux volets. Le Groupe Cyr & Lyras a acquis la société québécoise connue sous le nom de la turquoise ainsi que la division pancanadienne connue sous le nom de la turquoise PRO. La turquoise détenait une division ontarienne connue sous le nom de la turquoise Intl. Canada BrokerLink, un réseau de distribution par courtage au Canada anglais, propriété d’Intact Corporation financière, en a fait l’acquisition. Cette division possédait un volume de primes d’environ 17 millions de dollars (M$).

Comment cette transaction s’est-elle réalisée? Tout d’abord, les dirigeants des deux entreprises, Pierre Simoneau et Ginette Mailhot, se connaissaient bien.

« Cette transaction n’est pas différente des autres transactions qui se réalisent, dit M. Simoneau, qui est le président de la nouvelle entité. Mme Mailhot et moi avons discuté de notre vision. Nous avons des bureaux qui œuvrent dans des régions très connexes. Nous étions déjà dans les Laurentides et à Gatineau. Il y avait donc une certaine concordance géographique. Nos styles de gestion se ressemblent aussi beaucoup. Notre transaction s’est basée sur la confiance. La turquoise est un cabinet de qualité qui a une excellente réputation. Ce n’est pas un mom & pop shop. »

Avoir le même système informatique sera aussi un avantage pour l’intégration. « Elle aura ses défis, mais devrait être relativement simple. Les employés n’auront pas à apprendre à travailler sur de nouveaux systèmes »

Ginette Mailhot croit elle aussi que cette transaction était presque écrite dans le ciel. « Il suffisait de la concrétiser. Nos discussions ont duré plusieurs mois. Quelque chose d’aussi important nécessite des discussions et de la planification. »

Mme Mailhot quitte l’actionnariat de l’entreprise, tout comme son conjoint, Pierre Lambert. Ce dernier a aussi vendu ses parts dans l’autre entreprise qu’il détenait l’an dernier, GroupAssur.

Mme Mailhot demeurera active au sein de l’entreprise en tant que première vice-présidente stratégique intérimaire le temps que l’intégration soit complétée. Elle y occupera d’autres fonctions par la suite.

« J’ai terminé mon MBA pour exécutifs l’an dernier. J’ai aussi la vision que la vie est courte et qu’il faut la vivre selon nos passions. Quand j’ai terminé mon MBA sur l’évolution de la distribution en assurance dans le monde, ma recherche m’a amené de nouvelles avenues. L’idée a germé, a poussé pour que je poursuive mes recherches et que j’implante dans l’entreprise ce que j’ai appris. La transaction me permet de passer le flambeau, ce qui va me permettre de développer davantage mon sujet de maitrise. »

« Intact ne m’a pas tassée! »

Quel a été le rôle d’Intact Assurance dans la transaction? Les deux entrepreneurs affirment que l’assureur a été un facilitateur pour la transaction, mais que jamais son rôle n’a dépassé celui de conseiller.

« Intact ne m’a pas tassée, a d’ailleurs affirmé Ginette Mailhot au Journal de l’assurance. Pourtant, je l’ai entendu dire à quelques reprises depuis l’annonce de la transaction! Intact a toujours agi comme un facilitateur, en offrant un fort soutien. D’ailleurs, la partie de la transaction pour nos affaires en Ontario s’est négociée directement avec les dirigeants de Canada BrokerLink. Chez Intact, les bottines suivent les babines. Ses dirigeants croient en l’entrepreneuriat. Ils se positionnent pour permettre aux entrepreneurs de poser les actions qu’ils veulent poser. »

Nom à décider

M. Simoneau rappelle aussi que sa discussion sur la transaction a commencé avec Mme Mailhot. « Ils étaient actionnaires des deux cabinets et continuent de l’être dans la nouvelle entreprise. On a jasé de tout le projet entre nous et on les a tenus au courant par la suite. Intact n’a pas été actif dans le dossier », dit-il.

L’entreprise adoptera-t-elle un nouveau nom? Rien n’est décidé, affirme M. Simoneau. Mme Mailhot souligne aussi que le tout est sous analyse pour le moment. « C’est quelque chose de dispendieux et d’important. Ça vaut la peine d’y réfléchir comme il faut. »

La turquoise était aussi membre de la bannière Intergroupe. Groupe Cyr & Lyras ne faisait partie d’aucun regroupement. Le tout est aussi en analyse quant au fait de faire partie d’une bannière ou non.

Gains de synergie et de taille

Les deux dirigeants s’entendent aussi pour dire que la transaction leur permettra de réaliser des gains importants. La taille de la nouvelle entreprise permettra bien sûr de réaliser des synergies, mais donnera aussi un pouvoir d’achat supplémentaire aux clients.

« La taille plait davantage chez les assureurs. On peut aussi leur dire que nous sommes plus solides dans les régions que nous desservons. Ça nous permettra en plus d’offrir à nos clients le meilleur choix possible, car ils bénéficieront d’une meilleure tarification de l’assureur. Quand on est plus grand avec un assureur, on a une écoute plus attentive. Si notre offre est plus concurrentielle, on aura plus de clients », dit M. Simoneau.

Outre Intact Assurance, Groupe Cyr & Lyras traite avec trois autres assureurs en assurance des particuliers : Aviva Canada, L’Unique Assurances générales et Promutuel Assurance. Le cabinet travaille avec une multitude d’assureurs en assurance des entreprises.

Mme Mailhot indique que les deux entreprises profiteront aussi de leur expertise respective. La turquoise est reconnue pour son savoir-faire en assurance des particuliers. M. Simoneau possède aussi une vaste expérience en assurance des entreprises.

« Les deux organisations vont gagner rapidement en synergie de performance, tant en assurance des particuliers que des entreprises. Nos employés, mais aussi nos clients, vont rapidement en voir les avantages. Il sera intéressant de voir la complémentarité des deux entreprises », dit Mme Mailhot.

Toujours acheteur, mais pas n’importe où

La nouvelle entreprise demeure ouverte à la possibilité de réaliser de nouvelles acquisitions si les occasions se présentent. M. Simoneau confie d’ailleurs qu’il cible des entreprises ayant un ratio égal en assurance des particuliers qu’en assurance des entreprises. Tant le Groupe Cyr & Lyras que la turquoise ont 60 % de leur volume en assurance des particuliers, et 40 % en entreprises. M. Simoneau aimerait ramener le tout à 50 %-50 %.

« Nous n’achèterons pas n’importe où au Québec. Nous n’irons pas dans des territoires loin des nôtres. Nos cibles de prédilection seraient Laval et toute la Rive-Nord de Montréal. On regardera selon les occasions qui se présentent », dit-il.

Il souligne d’ailleurs que c’est pour cette raison que le volume ontarien de la turquoise n’a pas fait partie de la transaction. « Nous ne voulions pas trop nous éloigner. Il y a aussi la question de la langue qui a joué. Ce ne sont pas tous nos employés qui sont bilingues. Ça devenait plus compliqué du côté des opérations. Nous aurions pu le faire mais, pour des raisons d’affaires et de proximité, nous avons considéré que ça nous aurait décentrés de notre stratégie, qui est de développer. Il y a encore des occasions de croissance dans les régions que nous desservons », dit-il.

La transaction Groupe Cyr & Lyras-la turquoise en chiffres

• Plus de 100 000 clients servis.
• Nouvelle entreprise : 270 employés, dont 203 courtiers.
• Un volume de primes de 175 M$.
• 3 régions desservies : Outaouais, Laurentides et Lanaudière.
• Prix de la transaction : confidentiel. Son financement s’est fait maison, avec des assureurs et des banques.

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