Pour la première fois de son histoire, la Bourse de Toronto, TMX, a lancé ses opérations quotidiennes à Québec et elle l’a fait au siège social d’iA Groupe financier le 6 février pour souligner ses 20 ans d’entrée en Bourse.

Dans une atmosphère festive, le président et chef de la direction d’iA, Denis Ricard, a procédé en direct avec 200 employés et membres de la direction au grand décompte qui précède l’ouverture des marchés dans la Ville Reine : « Cinq, quatre, trois, deux, un, zéro… » L’événement était télédiffusé en direct.

« C’est un moment exceptionnel pour moi et mes employés, a-t-il commenté au Portail de l’assurance à l’issue de la cérémonie. Ils étaient très heureux ce matin d’y participer. C’est aussi un témoignage que la région de Québec est très dynamique et très forte au plan financier. C’est une belle reconnaissance du TMX. »

C’est la Bourse de Toronto elle-même qui avait proposé à iA de lancer ses opérations quotidiennes à Québec en vue de célébrer son inscription au marché boursier en l’an 2000. Denis Ricard avait participé au processus qui avait mené à ce virage historique et s’en souvient très bien. Il était alors directeur de l’actuariat à l’Industrielle Alliance et avait déterminé la formule pour savoir combien chacun des mutualistes allait obtenir.

De 500 millions à 8 milliards

En 2000, l’entreprise était dirigée par Raymond Garneau et Yvon Charest​. Ce sont eux qui avaient pris la décision de se démutualiser dans le but d’avoir accès au financement des marchés publics et assurer sa croissance pour le futur. iA avait été le premier assureur de Québec à rejoindre le marché boursier et il demeure toujours le seul 20 ans plus tard.

Cette vaste opération s’est révélée un franc succès au plan financier. Il y a 20 ans, iA avait une valeur boursière de 500 millions de dollars. Aujourd’hui, elle est évaluée à presque 8 milliards et poursuit toujours sa croissance, principalement grâce à des acquisitions. Les gens qui avaient acquis ou obtenu des actions d’iA parce qu’ils étaient mutualistes quand l’assureur s’est inscrit à la Bourse de Toronto et qui les auraient toujours conservées ont fait un gain substantiel. À l’inscription, elles coûtaient 7,80 $ ; en 2020, elles en valent 73 $.

La pression du marché boursier

Denis Ricard ne s’en cache pas, être inscrit à la Bourse amène une pression supplémentaire. « En même temps que l’on veut croître à long terme, il faut se soucier des résultats à plus court terme, dit-il. Il faut avoir un équilibre entre les deux. Ce n’est pas évident de la trouver. Il faut avoir une perspective à long terme. »

Le président d’iA dit ne pas avoir d’objectifs pour le cours de l’action dans le futur, mais il a indiqué aux marchés financiers qu’il avait comme ambition de faire croître la valeur du bénéfice. Si c’est le cas, si ses bénéfices croissent de 10 % par année et que les marchés lui donnent le même ratio, normalement dit-il, le prix de l’action augmenterait de 10 % par an, mais est incapable de le garantir.

Favorable à la fusion SSQ/La Capitale

Interrogé sur le projet de fusion entre La Capitale et SSQ Assurance, Denis Ricard s’est montré favorable à cette décision. « C’est une consolidation qui est bénéfique pour l’entreprise, estime-t-il, ainsi que pour les consommateurs, car son offre devient beaucoup plus sérieuse. On est davantage capable d’investir dans la technologie, ce qui rend plus facile pour ses clients d’accéder à leurs données personnelles. »