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La Chambre rehausse sa notoriété grâce à sa nouvelle image

par Alain Thériault | 13 septembre 2012 11h47

Même si elle n’a pas plu à certains dans l’industrie, la nouvelle campagne publicitaire de la Chambre de la sécurité financière lui a permis de rehausser sa notoriété auprès du grand public.Un sondage mené au terme de la première vague de sa campagne publicitaire pour faire connaitre « La Chambre forte » a démontré que 22 % des Québécois sondés connaissent la Chambre de la sécurité financière, une amélioration notable par rapport au taux antérieur.

En entrevue au Journal de l’assurance, en février, Luc Labelle, PDG de la Chambre, disait vouloir faire connaitre ses membres du public. Le Journal l’a rencontré à nouveau le 30 aout, dans les locaux de l’organisme d’autorèglementation. Il se dit heureux de l’évolution de la notoriété de la Chambre, mais affirme qu’il reste encore beaucoup de besogne à abattre pour faire connaitre son organisme.

M. Labelle se dit d’autant plus satisfait des retombées de la campagne, vu le petit budget. Ce sont 190 000 $ qui ont été investis dans les journaux, à la télé et sur des panneaux d’affichage.

« On doit montrer qu’on est là, même si on ne parle pas d’un passage à Tout le monde en parle. On avait besoin de quelque chose qui frappe. Tout le monde aimait notre ancienne image, «Une seule option, la compétence», mais personne ne s’en rappelait. «La Chambre forte» frappe plus. Il ne faut pas oublier que nous sommes un secteur qui a été frappé durement par deux évènements en peu de temps : le scandale Norbourg et la crise financière de 2008. Les gens doivent donc voir que nous ne sommes pas complaisants », dit le PDG de la Chambre.

Il ajoute que la campagne était ciblée dans certaines régions. À titre d’exemple, il n’y a eu des affichages de panneaux qu’à Montréal. Le sondage mesurant la notoriété de la Chambre s’est fait à la grandeur du Québec, aléatoirement.

« Pour le public que nous visions, notre notoriété est probablement plus grande que 22 %. La campagne a donc eu un impact. Il faut maintenir cette présence médiatique. La Chambre est très connue dans l’industrie. Pour le public, c’est autre chose. On a la responsabilité de s’y faire connaitre. Ce défi n’a pas été relevé, mais on progresse », dit-il.

Mieux faire connaitre l’organisme du public est l’un des objectifs du plan triennal. « Plusieurs nous confondent avec l’Autorité des marchés financiers. Néanmoins, on voit certains progrès, notamment depuis que nous diffusons les décisions du comité de discipline. Plusieurs hebdomadaires en région les reprennent. À Montréal, on a aussi eu une bonne visibilité dans le dossier de Carole Morinville », dit M. Labelle.

Entente avec Advocis

Au printemps, la Chambre a annoncé avoir signé une entente de reconnaissance mutuelle avec Advocis, une association à adhésion volontaire qui regroupe des conseillers financiers à travers le Canada. Les deux organismes reconnaissaient ainsi, dans leur juridiction, la qualité de leur programme respectif menant au titre d’assureur vie agréée (AVA) au Québec et Chartered Life Underwriter (CLU) dans le reste du Canada.

Le Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ) s’est toutefois questionné sur les motifs de cette entente, dans les pages de FlashFinance.ca, une publication sœur du Journal de l’assurance. Le RICIFQ disait alors craindre de voir Advocis s’établir au Québec.

M. Labelle dit ne pas avoir compris cette sortie du RICIFQ. « Nous n’avons jamais parlé de laisser entrer Advocis au Québec. Tout ce qu’on dit, c’est qu’on reconnait un gros pourcentage de la formation qu’ils donnent. C’est aussi limité que ça. Nous avons tout simplement pris acte de la politique de la mobilité de la main-d’œuvre. Ça ne touchait que ça. Ce n’est pas parce qu’on a un partenariat avec eux que ça veut dire qu’ils vont pouvoir vendre au Québec », dit-il.

Le PDG de la Chambre a aussi réagi au nouveau label d’éthique que vient de lancer le RICIFQ, un cours monté en collaboration avec l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). « Nous avions 665 cours accrédités en formation sur l’éthique professionnelle. Nous en aurons maintenant 666. Je m’attends à ce que soit un bon cours, d’autant plus qu’il sera mené par un formateur reconnu, Michel Mailloux. Je me réjouis qu’il y ait plus de cours disponibles en éthique », dit-il.

M. Labelle se dit toutefois préoccupé par la façon dont est publicisée l’offre du cours. « On ne peut pas prétendre être plus éthique parce qu’on a suivi un cours. Le Code de déontologie de la Chambre est clair. Le représentant a l’obligation d’être éthique du jour 1 de sa pratique, jusqu’à la fin. On peut être très compétent en éthique sans avoir un comportement éthique », dit-il.

Il juge dangereux pour un représentant de se présenter avec un tel label d’éthique. « En plus, il y a un assureur qui donnera un rabais à ceux qui l’auront obtenu. Si je m’appelais Carole Morinville, j’irais le chercher demain matin. Le cours me semble bon, mais la façon de le présenter me semble risquée. C’est à eux de voir », dit M. Labelle.

Depuis quelques années, le nombre de membres à la Chambre stagne à environ 32 000 membres. De ce nombre, plus de 12 000 ont un permis en assurance de personnes. Ils sont toutefois plus de 5 000 à être âgés de 51 ans et plus. Doit-on s’attendre à vivre à une crise de relève?

« Cette proportion était semblable lorsque je suis arrivé à la Chambre, en 2005. On se disait déjà alors qu’il allait y avoir une grosse crise. Elle n’est pas là encore. Pour le moment, on ne peut que prendre acte des chiffres. C’est aux assureurs de s’assurer de maintenir leur réseau en place. Ils doivent se préoccuper de la relève », dit M. Labelle.

Il ajoute qu’il ne faut pas penser qu’Internet permettra de combler le départ des babyboumeurs à la retraite. « Il faut être très prudents. Faire remplir une analyse de besoins financiers requiert des connaissances précises. On ne peut penser que le consommateur pourra faire ça lui-même devant son écran. La distribution passera encore par des personnes qualifiées », dit-il.

M. Labelle salue les initiatives des assureurs qui ont mis des moyens en place, notamment la Financière Sun Life, qui facilite l’achat de blocs de clients entre représentants du réseau captif. Il invite les assureurs à réfléchir à quoi ressemblera l’industrie de demain. « Ils doivent se questionner à savoir si le mode de rémunération mis en place il y a 25 ans est encore convenable pour les prochaines générations. Ils doivent aussi penser aux défis qui pourront stimuler les jeunes. Il serait aussi appréciable que les assureurs se posent ces questions de manière concertée », dit-il.

Dans le but de faire connaitre la profession, la Chambre sera présente dans divers salons d’éducation et d’emploi, au cours des prochains mois. « On veut faire connaitre les métiers des services financiers, alors on fera la tournée des campus universitaires et des cégeps. On n’exclut pas d’aller dans les écoles secondaires, dans le futur », dit M. Labelle.

Nouveau système informatique en 2013

La Chambre reverra aussi complètement ses façons de faire à l’interne, alors que toutes les applications informatiques seront changées. « Les contrats sont donnés. Le changement est en cours et on espère que le tout soit finalisé à la fin de 2013 », dit M. Labelle.

L’organisme d’autorèglementation vient d’ailleurs de conclure un important projet avec Info-Déonto, un site destiné aux membres de la Chambre pour parfaire leur pratique professionnelle. Le site a déjà reçu environ un demi-millier de visites.

« Le tout vient compléter le Code de déontologie, mais va plus loin, car on y traite vraiment de la pratique professionnelle. On va faire des efforts pour le rendre encore plus accessible. Le feedback des membres est extrêmement positif. Tout a été écrit dans un langage simple. On invite aussi les représentants à nous soumettre leurs questions. Si l’une d’entre elles revient souvent, on va mettre quelqu’un de notre équipe là-dessus », dit M. Labelle

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