L’Autorité des marchés financiers s’engage à « lancer un chantier spécifique sur l’analyse et l’adoucissement des risques financiers majeurs associés aux tremblements de terre au Québec », a-t-elle annoncé dans son plan stratégique 2017-2020.
Elle souhaite par le fait même se montrer proactive dans l’identification des vulnérabilités et jouer un rôle de catalyseur pour améliorer la résilience du Québec face à un tremblement de terre d’importance.
Au Canada, le Québec est la deuxième zone sismique la plus active, après la Colombie-Britannique. Pourtant, la population ne semble pas croire à un tel risque, indique le régulateur.
Au Québec, le taux de souscription à l’avenant tremblement de terre, qui couvre les dommages causés par cet évènement, incluant ceux occasionnés par un incendie consécutif, représente 3,22 % des habitations assurées, selon le Rapport sur les institutions financières de l’Autorité.
Une préoccupation pour le Bureau d’assurance du Canada (BAC), qui craint un important fardeau financier imposé aux gouvernements si un séisme majeur survient, indique le directeur des communications et des affaires publiques, Pierre Babinsky. Ce dernier a tenu à préciser que « l’industrie est déjà capitalisée pour faire face à une telle catastrophe, mais qu’advenant une secousse plus forte que prévu ou une réplique dans un court laps de temps, l’impact sur l’économie provinciale pourrait être considérable ».
Le BAC, ardant défenseur de l’avenant tremblement de terre depuis quelques années, priorise la sensibilisation de la population au risque et s’assure du maintien de la solvabilité des assureurs de dommages. Par conséquent, l’organisme souligne l’initiative de l’Autorité d’inclure ces priorités au cœur de son plan stratégique et ainsi de se joindre à l’effort collectif.
Première étape du plan
Pour dresser un état des lieux des mesures qui sont entreprises à présent au sujet des tremblements de terre, l’Autorité a fait parvenir un questionnaire aux assureurs de dommages britannocolombiens et québécois, en mars 2018, pour lui permettre de comparer les pratiques et de comprendre les différences d’une province à l’autre. Les questions portaient sur différents sujets tels que les produits offerts, le taux de détention, la souscription, l’indemnisation, la tarification ainsi que certains éléments de nature prospective. Le questionnaire traitait autant des biens personnels que des biens commerciaux.
Conclusions préliminaires
Si le taux de détention de l’avenant tremblement de terre augmentait, la formation des différents intervenants dans l’offre du produit, l’analyse des réclamations ainsi que le raffinement de la tarification et des zones sismiques représenteraient un défi, ont exprimé les assureurs sondés.
Ces derniers, qui représentent près de 97 % des parts de marché en assurance habitation et 86 % des parts de marché en assurance des biens commerciaux, ont aussi fait savoir que le produit pourrait être revu afin qu’il soit plus intéressant à offrir, de même que plus attrayant et compréhensible pour les consommateurs.
L’Autorité a indiqué avoir constaté quelques lacunes en matière d’offre. Cette dernière apparait moins structurée et moins systématique en assurance des biens personnels qu’en assurance des biens commerciaux.
Le régulateur dit avoir également effectué une vigie des mécanismes en place ailleurs dans le monde face à ce risque pour favoriser la résilience des populations, des marchés financiers et des gouvernements.
Le 31 mai dernier, plus de 350 personnes ont eu l’occasion de discuter de la situation de l’assurance tremblement de terre au Québec et des différentes options qui pourraient être envisageables pour améliorer la résilience de la province en cas de séisme majeur, dans le cadre d’une rencontre de l’Association des actuaires IARD du Québec.