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Le Canada : un marché indépendant

par Vicky Poitras | 30 novembre 2007 20h21

Le marché canadien de la réassurance est traité de plus en plus indépendamment par rapport au marché américain depuis la vague d’ouragans qui a frappé le sud de la frontière en 2005. Malgré ce changement, les réassureurs conservent néanmoins une approche globale dans leur approche.Denis Poirier, de L’Union Canadienne, dit remarquer ce phénomène depuis peu. « Le marché canadien est de plus en plus traité indépendamment depuis les ouragans Katrina et Wilma. La qualité des réassureurs au Canada est très bonne et ce sont de très bons partenaires pour les assureurs. Il y a une bonne écoute de part et autre. Le marché canadien est donc de plus en plus reconnu», avance-t-il.

Jean-Jacques Henchoz, de Suisse de Ré du Canada, ajoute que c’est la perception de la spécificité du marché canadien et de l’exposition aux risques du Canada qui ont changé. « Après 2005, le Canada n’a pas eu la hausse de prix que les États-Unis ont subi à cette époque. Nous avons dû le refléter d’une certaine manière, ce qui confirme la nature stable de notre industrie. Il n’y a donc pas eu le même impact au Canada qu’au sud de la frontière », explique-t-il.

Il soulève néanmoins que les réassureurs ont encore une optique globale dans leur approche. « Il y a encore beaucoup d’interdépendance. Le marché canadien ne peut pas être isolé du reste du marché. Il y a toujours une influence, mais les principaux réassureurs ont reconnu sa spécificité. C’est pourquoi le Canada est traité légèrement différemment », complète-t-il.

François Dagneau, d’AON, apporte néanmoins un bémol à cette vision. Il affirme que les réassureurs n’ont pas changé leur manière de faire et que le marché canadien a toujours été traité différemment du marché américain.

« Le changement qu’on voit depuis 2005, c’est que les agences de notation donnent de plus en plus de crédits aux réassureurs qui diversifient leurs risques géographiquement. Il est moins pénalisant au niveau du capital pour les réassureurs de souscrire des risques au Canada, en Australie et en Afrique du Sud que de multiplier ses risques en Floride. Ça donne une raison très quantifiable pour justifier la diversification. Les réassureurs ont ainsi un intérêt grandissant à diversifier leurs risques », dit-il.

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