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Le cas de Western Financial

par Andrew Rickard | 13 décembre 2011 18h16

La situation d’un assureur a été discutée lors du panel des PDG tenu au Congrès de l’Association des courtiers d’assurance de l’Ontario (IBAO), soit celui de Western Financial. Son rachat par le Mouvement Desjardins suscite plusieurs questionnements.

George Cooke, de Dominion du Canada, dit avoir de la difficulté à comprendre pourquoi le Mouvement Desjardins a acquis Western Financial. Il se demande pourquoi les compagnies d’assurance voudraient conserver leurs volumes chez Western maintenant que l’entreprise est aux mains d’un assureur direct.

« Il y a un niveau de complaisance que je ne comprends pas. Il ne fait aucun sens de rester là où l’un de nos compétiteurs a acheté un réseau de courtage, d’y rester, et de laisser notre capital et notre savoir-faire être utilisé à l’avantage de ce compétiteur. Ça ne fait pas plus de sens de le laisser déterminer qui sont mes clients. Malgré tout, il y en a qui semble voir le tout différemment », a-t-il regretté.

Karen Gavan, du Groupe Economical, a comparé la situation à celle des courtiers en valeurs mobilières, qui appartiennent tous à des banques. « Un vrai courtier en valeurs mobilières ne vend pas de produits de spécialité. Si une firme d’assurance veut garder sa relation de courtage avec d’autres assureurs, il devra continuer à travailler comme un vrai courtier », a-t-elle dit.

Quant à Jean-François Blais, d’Intact Assurance, il a dit se rappeler de l’arrivée de Desjardins en assurance de dommages au Québec. Au début, l’assureur traitait avec des courtiers. Quand Desjardins a lancé sa branche directe, cela a fait enrager les courtiers, a-t-il rappelé.

« Les courtiers ont tous annulé leurs affaires chez Desjardins. C’est toutefois ce que Desjardins avait prévu qui arriverait. En bout de ligne, le résultat a été que les clients des courtiers ont à peu près tous été transférés chez Desjardins », a-t-il relaté. Il a aussi dit croire que c’est ce qui a permis à Desjardins de connaitre une croissance accélérée.

Tant qu’il travaille pour l’intérêt du client, M. Blais a dit croire qu’il faisait du sens pour un assureur de maintenir une relation avec un courtier peu importe qui est le propriétaire de cet assureur. « Jusqu’à maintenant, ça a été une bonne décision d’affaires pour nous », a-t-il dit.

Maurice Tulloch, d’Aviva Canada, a aussi souligné que la décision de maintenir la relation ou pas dépend du degré d’autonomie et d’indépendance que maintient le courtier acquis.

Quant à Alister Campbell, de Zurich, il a préféré prendre un point de vue plus pragmatique. « Les courtiers sont libres de choisir leurs actionnaires. Tant qu’ils apportent des affaires de qualité, il ne faut pas s’en faire avec qui sont leurs partenaires propriétaires », a-t-il dit.

Quant à la transaction Desjardins-Western, il a dit ne pas s’en faire à son propos. Selon lui, Desjardins n’a pas acheté Western Financial pour distribuer de l’assurance de dommages. « Ils veulent vendre des produits bancaires dans l’Ouest canadien. C’est pourquoi je ne suis pas nerveux comme d’autres le sont », a-t-il dit.

Andrew Rickard

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