Différents intervenants de l’industrie ont publié des rapports mesurant l’évolution des primes à la fin de 2025. C’est le cas de Marsh et d’Applied Systems. Si leurs méthodologies et leur terminologie diffèrent, tous deux chiffrent une tendance plus large dont de nombreux courtiers sont déjà conscients : les marchés de l’assurance de dommages et de l’assurance aux entreprises au Canada s’assouplissent.
Plus récemment, Applied Systems a publié les résultats de son indice en assurance aux entreprises, Applied Commercial Index, qui indiquent que les tarifs ont augmenté au renouvellement dans tous les secteurs d’activité analysés, mais que l’ampleur de ces hausses a reculé, parfois de façon marquée.
Tous secteurs confondus, les hausses des primes ont varié de 2,23% au renouvellement, comparativement à des hausses de 5,02% au quatrième trimestre de 2024. « Les augmentations des tarifs dans l’ensemble des secteurs d’activité ont diminué par rapport au même trimestre l’an dernier », écrit Applied Systems dans le rapport du quatrième trimestre (T4 2025) portant sur les résultats canadiens de l’indice des taux de primes de l’industrie.
Du côté de Marsh, les données montrent que les tarifs d’assurance au Canada ont diminué de 7% (–7%) au quatrième trimestre de 2025. Le recul était de 3% au trimestre précédent.
Les constats canadiens tirés de l’indice global du marché de l’assurance indiquent que les tarifs en assurance de biens ont reculé de 8%. « Dans l’ensemble, les tarifs de l’assurance accidents et risques divers ont diminué de 5%, pour un dixième trimestre de baisse consécutif », écrit également Marsh.
Le scénario est le même pour les tarifs de l’assurance des risques financiers et de l’assurance responsabilité civile professionnelle, qui ont aussi baissé de 5%. « Les tarifs de l’assurance responsabilité civile des administrateurs et dirigeants se sont stabilisés, car certains assureurs ont réduit leur capacité », ajoutent les analystes de Marsh.
Enfin, les tarifs en cyberassurance ont diminué de 9%.
Capacité accrue
En assurance de biens, Marsh précise dans son rapport que des assureurs existants et de nouveaux joueurs ont augmenté leur capacité, en partie en raison de la baisse des coûts de réassurance et d’une concurrence plus vive. « Les assureurs ont généralement offert des modalités de police plus favorables afin de conclure des affaires malgré les pressions constantes sur les tarifs, écrivent-ils. Les assurés ont souvent utilisé les économies de primes pour améliorer leur couverture et réduire les rétentions. »
Les tarifs d’assurance accidents et risques divers, à l’exclusion de l’assurance automobile, ont diminué de 6%, précise Marsh. « Les clients canadiens exposés à des risques aux États-Unis ont généralement connu une hausse modérée des tarifs, mais ont bénéficié des options offertes par les assureurs canadiens », notent les analystes.
Néanmoins, le courtier souligne que l’augmentation de la gravité des réclamations, les verdicts des tribunaux et l’inflation sociale ont entraîné des primes plus élevées, une augmentation des limites de rétention et un resserrement de la souscription, « particulièrement pour les risques liés l’assurance automobile de non-propriétaires et aux transports par des tiers ». La couverture des feux de forêt fait également l’objet d’un examen annuel de plus en plus fréquent, indiquent-ils.
En cyberassurance, Marsh rapporte que les clients ont souvent pu améliorer leurs protections ou réduire leurs franchises au renouvellement. « Les primes d’assurance excédentaires ont contribué aux économies pour les programmes, avec des réductions de 3% à 10%, même lorsque les tranches de première ligne ont été renouvelées à tarif stable.»