Les conducteurs canadiens doivent s’attendre à payer plus cher leur assurance lorsqu’ils remplaceront leur véhicule à moteur à combustion interne (MCI) par un véhicule électrique (VE) à l’avenir, selon une nouvelle publication de Morningstar DBRS, intitulée Electrification 2035: Auto Insurance Rates to Increase as the Transition to Electric Vehicles Becomes Law in Canada

Selon cette note, le Canada est en retard par rapport à d’autres juridictions en matière d’adoption, ce qui donne éventuellement à l’industrie canadienne le temps d’apprendre des marchés du Royaume-Uni et de l’Europe, où les incitations gouvernementales pour les acheteurs et les investissements dans les infrastructures de recharge ont entraîné des ventes exponentielles depuis 2019. « Les assureurs du Royaume-Uni, d’Europe et d’une partie des États-Unis sont donc les premiers à ressentir les effets émergents de la transition vers les VE sur les coûts des sinistres », écrivent les chercheurs de Morningstar DBRS. « Les assureurs devront également ajuster leurs modèles de tarification au fur et à mesure que les données sur les sinistres liés aux VE seront générées. Cela pourrait conduire à des augmentations de tarifs, d’une part en raison du prix plus élevé des VE et d’autre part parce qu’ils nécessitent des réparations plus coûteuses. » 

Pièces de réparation et de remplacement coûteuses 

Les réparations et les pièces de rechange des VE sont si coûteuses que certains assureurs détruisent les véhicules endommagés au lieu d’essayer de les réparer, même dans le cas de collisions mineures où le VE a un faible kilométrage, car le coût des batteries à lui seul peut être égal à celui d’une voiture neuve. 

« Les VE ont moins de pièces réparables que les véhicules à moteur à combustion interne, ce qui laisse supposer que les coûts d’entretien devraient être moins élevés. Toutefois, d’autres facteurs, tels que le coût de remplacement des batteries, la disponibilité des pièces de rechange et la rareté des techniciens qualifiés, auront une incidence sur le prix des réparations et, en fin de compte, sur les primes d’assurance à court terme », précisent-ils. 

Ordinateurs sur roues 

Ils ajoutent que les assureurs ne disposent pas encore de suffisamment de données sur les sinistres antérieurs pour évaluer efficacement le prix des VE. « Ces véhicules sont en fait des ordinateurs sur roues, équipés de pièces coûteuses et complexes et de technologies avancées qui peuvent rendre les VE coûteux à réparer après une collision. » Les auteurs poursuivent en indiquant qu’un assureur au Royaume-Uni a déjà suspendu la couverture d’assurance pour les VE pendant qu’il réévalue le coût des réparations. 

Bien que l’assurance automobile soit très réglementée au Canada, le rapport conclut que Morningstar DBRS s’attend à ce que les taux d’assurance automobile aient tendance à augmenter au fil du temps, à mesure que les assureurs génèrent des données sur les sinistres et reflètent cette expérience dans leur tarification. 

Norme de disponibilité des véhicules électriques 

Le Canada a annoncé la norme de disponibilité des véhicules électriques en décembre 2022, imposant un objectif de vente de 100 % de véhicules à zéro émission pour les véhicules légers d’ici 2035. 

« En vertu de la nouvelle norme de disponibilité des véhicules électriques, les constructeurs et les importateurs d’automobiles doivent atteindre des cibles annuelles de ventes réglementées de véhicules à zéro émission (VZE) », indique Environnement et Changement climatique Canada. « Les objectifs commencent pour l’année de fabrication 2026, avec l’exigence qu’au moins 20 % des nouveaux véhicules légers mis en vente cette année-là soient des VZE. Les exigences augmenteront chaque année pour atteindre 60 % en 2030 et 100 % en 2035. »