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Les médicaments couteux frappent les régimes collectifs de plein fouet

par Alain Thériault | 15 avril 2016 11h30

Présentée à Montréal le 14 avril, une étude de Telus Santé démontre que les traitements couteux et les médicaments « de spécialité » exerceront une pression croissante sur les régimes d’assurance collective privés. Parmi les médicaments que Telus qualifie ainsi figurent ceux dont le cout excède 10 000 $ par an.

« En 2012, le traitement de l’hépatite C affichait un taux d’efficacité d’environ 65 %. Dans les dernières années, grâce à de nouveaux médicaments, près de 95 % des patients se rétablissent maintenant complètement. Mais le cout moyen d’un traitement est passé de 15 000 $ à 80 000 $ », a révélé Luc Vilandré, vice-président et directeur général des solutions d’assurance santé de Telus Santé.

Les achats de médicaments repartent à la hausse

Les achats de médicaments par les pharmacies avaient reculé de 2011 à 2013, après la fin des brevets de médicaments d’origine et des génériques légiférés à plus bas prix. Ils sont repartis à la hausse, a déclaré pour sa part Jacques L’Espérance, actuaire indépendant.

Chargé de présenter les résultats de l’étude, il a révélé que ces achats ont crû de 6,4 % au Canada en 2015, par rapport à 2014. Le cout par réclamation d’un adhérent de moins de 65 ans à un régime collectif a augmenté de 3,6 % au Canada durant cette période, et de 4,6 % au Québec, a-t-il précisé.

Doublement du nombre de médicaments de spécialité

Les médicaments d’exception soutiendront cette tendance. « Le nombre de médicaments de spécialité a plus que doublé depuis huit ans. Ils ont compté pour seulement 0,6 % des réclamations totales des Canadiens en 2015, mais pour 23 % des couts », ajoute-t-il.

En guise d’exemple, l’actuaire a évoqué la venue en 2015 de Vimzim. Ce médicament de spécialité traite un déficit d’enzyme rare appelé syndrome de Morquio A, au cout annuel de 675 000 $. M. L’Espérance ajoute que de nouveaux médicaments biologiques à première vue moins couteux présentent un grand potentiel d’utilisation, tel le Repatha. Ce traitement du cholestérol coute annuellement 10 000 $, soit 20 fois plus que les statines traditionnelles comme le Lipidor.

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