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Les petits cabinets disparaitront avec le projet de loi 150, disent de jeunes courtiers

par Justine Montminy | 20 février 2018 13h30

Carlos J. Leitão | Photo : Denis Méthot

Plus le temps avance et plus le Regroupement de la relève pour l’avenir du courtage est préoccupé par ce qu’il entend à propos du projet de loi 150.

Selon ce groupe de jeunes courtiers, le projet de loi 150 menace les petits cabinets de disparition. Ce qui amènera des pertes d’emplois dans les régions du Québec, dit-il aussi craindre. Le Journal de l’assurance s’est entretenu avec son porte-parole Vincent Lemoine, qui a résumé les préoccupations des jeunes courtiers membres du groupe.

Le Regroupement, qui a vu le jour en novembre, maintient qu’obliger les courtiers à proposer quatre soumissions d’assureurs différents à un client est une mauvaise idée. Il conserve sa proposition que le courtier ait accès à deux assureurs généralistes.

« Il ne nous reste qu’à devenir des agents »

« Les assureurs généralistes n’ont pas la capacité ni la volonté de desservir l’ensemble des cabinets de courtage. Les petits cabinets représentent 90 % du total des cabinets. Comment pourrons-nous tous signer des ententes avec quatre assureurs ? Il ne nous reste qu’à devenir des agents. Le gouvernement ne nous donne pas le choix », dit M. Lemoine, qui est aussi vice-président exécutif du cabinet de courtage Assurances Claude Lemoine.

Le Regroupement ajoute que deux autres graves conséquences se profilent si le projet de loi 150 est adopté sous forme actuelle. D’abord, il sera de plus en plus difficile de démarrer une entreprise de courtage en assurance de dommages. Puis, la concentration chez certains assureurs s’accélèrera.

« L’intérêt du client doit primer. C’est faux de penser que d’obliger un nombre d’offres améliorerait la qualité de ces offres. Le gouvernement nous donne de fausses solutions et des alternatives qui sont non viables pour les petits cabinets », dit M. Lemoine.

Solutions non viables

Les solutions proposées par le gouvernement ne conviennent pas au Regroupement. Une plus grande utilisation des bannières alourdira l’expérience client offerte par le courtier, dit M. Lemoine.

« Cela compliquerait davantage la transaction, en plus de faire hausser son cout. Les assureurs ne pourront pas tous répondre à la demande des courtiers qui passent par les bannières. Ça ne rendra pas non plus les assureurs soudainement enclins à faire affaire avec tous les courtiers », dit M. Lemoine. L’accès à de nouveaux contrats d’agence est à classer dans la même catégorie, dit le Regroupement.

Vente d’assurance par Internet

Il n’y a pas que le projet de loi 150 qui inquiète le Regroupement. Le projet de loi 141, avec ses mesures pour la vente d’assurance par Internet, préoccupe aussi ces jeunes courtiers, surtout si la vente se fait sans l’intervention d’un représentant certifié.

« Les produits d’assurance nécessitent l’intervention d’un représentant certifié afin que le consommateur puisse bien comprendre sa police d’assurance. Nous croyons que le consommateur est exposé à des risques importants sinon », dit M. Lemoine.

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