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L’exploitation financière des ainés est la forme d’abus la plus répandue

par Alain Thériault | 31 mars 2017 07h00

Raymonde Crête | Photo : Marc Robitaille

Des statistiques démontrent l’ampleur des cas d’exploitation financière des ainées. Selon des chercheurs, il s’agit de la forme d’abus des personnes âgées la plus répandue, partout au Canada.

L’abus financier des ainés peut leur causer des pertes financières considérables, disent les chercheurs de l’Université Laval dans La Protection juridique des personnes ainées contre l’exploitation financière. Le phénomène attire de plus en plus l’attention. Il peut entrainer pour une personne vulnérable la perte des économies d’une vie, ainsi que des préjudices à la santé physique et psychologique, disent les chercheurs.

L’abus financier des ainés est courant au Québec et partout au Canada, révèlent les statistiques. Les chercheures Raymonde Crête et Marie-Hélène Dufour avancent qu’il s’agit d’une des formes de maltraitance les plus répandues.

Elles révèlent entre autres statistiques que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec souligne que la majorité des 87 dossiers ouverts en matière d’exploitation de personnes âgées au cours de 2012-2013 concerne principalement des abus financiers.

Selon les statistiques colligées par la ligne téléphonique québécoise Aide Abus Aînés, la majorité des 20 404 appels reçus entre le 1er octobre 2010 et le 30 aout 2015 concernent des cas d’exploitation financière ou matérielle (29 %) et de violence psychologique (29,5 %). Au cours de son exercice de 2013-2014, le Curateur public du Québec a traité 307 dossiers avec soupçons d’abus financiers.

Le nombre potentiel de personnes vulnérables à ce type d’abus croît sans cesse. « Au Canada, les individus de 65 ans et plus représentaient, en 1984, 10 % de la population canadienne, comparativement à 15,7 % en 2014, soit près d’une personne sur six. Au cours des 30 dernières années, la population âgée de 85 ans et plus a connu la plus forte croissance (239,8 %) parmi les groupes d’âge de 40 ans et plus », peut-on lire.

« Au Québec, l’importance relative des personnes âgées de 65 ans et plus était, en 1981, de 8,8 %, comparativement à 17,1 % en 2014 (1,4 million sur une population de 8,1 millions). Toujours au Québec, on prévoit qu’en 2031, une personne sur quatre, soit 25 % de la population, sera âgée de 65 ans et plus. » Les chercheurs anticipent que le Québec enregistrera l’un des taux d’accroissement les plus élevés du nombre de personnes de 65 ans et plus. Ce nombre aura presque doublé en 25 ans, soit entre 2005 et 2035, ajoutent-ils.

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